Montpellier : l'émotion palpable pour l'adieu à Aymen, fauché le soir du match France-Maroc

Montpellier : l'émotion palpable pour l'adieu à Aymen, fauché le soir du match France-Maroc

Par Saphirnews le 20/12/2022

Montpellier est marqué par la mort du jeune Aymen, tué dans la soirée du 14 décembre en marge de la victoire des Bleus face au Maroc en Coupe du monde. Depuis, de nombreux hommages lui ont été rendus. Alors que les obsèques ont eu lieu ce mardi 20 décembre, les appels au calme semblent avoir été entendus à travers la ville bien que l'auteur n'ait pas été encore été retrouvé.

Montpellier est encore sous le choc de la mort brutale d'Aymen, en marge de la victoire de l’équipe de France de football en demi-finale de la Coupe du monde au Qatar face au Maroc dans la soirée du mardi 14 décembre. Des vidéos du drame, qui ont circulé sur les réseaux sociaux, montrent une voiture blanche vers laquelle se précipite un groupe de jeunes dans le quartier de La Mosson. Voulant prendre la fuite, le conducteur a alors effectué un demi-tour violent en fendant la foule.

Deux jeunes ont été fauchés. L’un d'eux, Aymen, 13 ans, est resté à terre. Il est décédé quelques heures plus tard à l’hôpital des suites d’une hémorragie interne massive, selon le procureur de la République, Fabrice Belargent. Très vite, des échauffourées ont eu lieu à La Mosson ainsi qu'à la Paillade et au Petit Bard, des quartiers populaires de Montpellier. L'appartement du passager de la voiture a été saccagé dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 décembre. Cette même personne a été passée à tabac et a dû être hospitalisée.

Un chauffard « activement recherché »

Si l’enquête en cours a rapidement permis d’identifier le conducteur, il est à ce jour toujours en fuite et demeure « activement recherché par les forces de l'ordre ». Certains habitants, vite persuadés que le conducteur est issu de la communauté gitane, ont appelé à une expédition punitive contre les Gitans, très importants à Montpellier.

Dans un communiqué, le préfet de l'Hérault Hugues Moutouh a fait savoir, vendredi 16 décembre, que « de nombreuses contre-vérités et fausses informations circulent sur les réseaux sociaux, contribuant à exciter les esprits ». Ces « provocations à la haine, d’où qu’elles viennent, comme les appels à la vengeance privée, sont non seulement irresponsables, mais aussi inacceptables. Aucun acte de violence qu’elle qu’en soit la motivation, ne peut être toléré », avait-il signifié. Vendredi soir, deux unités de forces mobiles comptant 160 CRS et gendarmes et plusieurs brigades anti-criminalité (BAC) s’étaient ainsi déployées à La Paillade, « afin d’assurer la sécurité des personnes et de prévenir les éventuels troubles à l’ordre public ».

Avec les Gitans, une volonté ferme d'apaiser les tensions

De son côté, la famille de la victime a très rapidement lancé un appel au calme, expliquant qu’elle avait toute « confiance dans les institutions de la République, police et justice, pour que l’auteur des faits soit interpellés et jugé ». « Nous demandons enfin aux médias de respecter notre deuil et notre intimité », avait-elle lancé. Des représentants de la communauté gitane en a fait tout autant, dans l'espoir d'éviter un drame. Dans une volonté commune d'apaiser les tensions, musulmans et gitans se sont réunis, samedi 17 décembre, dans la mosquée Averroès de La Paillade, en mémoire d'Aymen.

« Les gens de ma communauté sont touchés. Nous présentons nos sincères condoléances à la famille du jeune Aymen. La compassion et le respect doivent s’imposer à tous. C’est le mot d’ordre qu’on diffuse. Si un Arabe ou un Gitan font une bêtise, ce n’est pas de la faute de toute la communauté. Le dialogue doit rester la règle. Nous ne sommes pas des sauvages », a affirmé Fernand Maraval, porte-parole de la communauté gitane sédentaire de Montpellier, cité par Midi Libre. « Nous sommes tous frères en humanité, a renchérit l’imam de la mosquée Ibn Rochd, en présence de deux pasteurs évangéliste. La violence ne mène qu’à la violence. Un de nos gamins est mort et on va tuer un fils de gitan ? Non ! Nous avons tous les mêmes valeurs. Nous sommes tous des Français, nos enfants sont nés ici. C’est cela qui fait la force de la République : la diversité. »

Des milliers de personnes réunies pour l'adieu à Aymen

Le calme semble ainsi être revenu à Montpellier. Depuis le drame, de nombreux hommages ont été rendus à l'adolescent. Vendredi 16 décembre, une cérémonie en sa mémoire s'est tenue au collège Les Escholiers de La Mosson, en présence de la rectrice d'académie Sophie Bejean et du maire de Montpellier Michaël Delafosse. L'émotion était naturellement au rendez-vous, tant pour les professeurs que pour les élèves, qui bénéficient des services de la cellule d'écoute déployée dans l'établissement scolaire depuis le lendemain de la tragédie.

Les obsèques d’Aymen ont eu lieu ce mardi 20 décembre. Après la prière mortuaire organisée dans la mosquée Ibn Rochd de La Paillade et à laquelle ont assisté des milliers de personnes (plus de 3 000 selon des sources locales), une marche blanche a été organisée jusqu'au cimetière de Grammont où repose désormais le corps de l'adolescent. Un ange parti trop tôt et pour lequel ses proches réclament aujourd'hui justice.

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