De Lille à Paris, une manif de soutien au lycée Averroès organisée près de l'Assemblée nationale

Par Hanan Ben Rhouma, le 02/04/2024

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Le lycée Averroès de Lille continue de se mobiliser contre la résiliation de son contrat d'association avec l'Etat. L'association et la direction de l'établissement privé musulman s'est rendu, mardi 2 avril à Paris, dans l'optique d'alerter les députés sur l'injustice à laquelle la communauté éducative est aujourd'hui confrontée.

Des membres du collectif de soutien au lycée Averroès de Lille ont fait le déplacement, mardi 2 avril à Paris, pour organiser un rassemblement dénonçant de nouveau l’injustice de la situation dans laquelle se trouve actuellement l’établissement privé musulman depuis la résiliation, en décembre 2023, du contrat d’association le liant à l'État par la préfecture des Hauts-de-France.

C’est près de l’Assemblée nationale que le rendez-vous où s'est déployée la banderole « Nous sommes un lycée républicain » a été fixé. « On a marre d’être diffamés. Justice pour le lycée ! », scandaient la vingtaine de manifestants. « Deux poids, deux mesures, ça y est, c’est bon, on sature ! », pouvait-on aussi entendre. Des députés ont aussi manifesté leur soutien par leur présence comme les députés du Nord Roger Vicot (PS) et Adrien Quatennens (LFI). « N’en déplaise à Xavier Bertrand, à l’extrême-droite et à l’ancien Préfet du Nord, on peut être de confession musulmane et parfaitement républicain ! Nous soutenons le lycée Averroès de Lille contre l’injustice et le traitement particulier qui lui est réservé », a fait valoir ce dernier sur X.

« C’est un scandale sur le fond et sur la forme. (…) C’est une véritable cabale, je le dis comme je le pense, et nous continuerons le combat à vos côtés jusqu’à, je l’espère, la victoire parce que la suppression définitive du contrat d’association serait d’abord une catastrophe pour les familles, pour les enseignants, pour tout le travail qui a été mené depuis 20 ans, a dénoncé, pour sa part, Roger Vicot, aux côtés du chef d'établissement Eric Dufour. Et puis, je pense très sincèrement que la manière dont l’Etat se comporte avec cet établissement confessionnel musulman est très différent de ce qui se passe avec les autres établissements privés confessionnels non musulmans. C’est donc une question de rapport à la France, à ses enfants français de confession musulmane, qui est posé aussi, au-delà du cas Averroès. »

La campagne de dons se poursuit

« On instrumentalise aujourd’hui les musulmans (…). Rappelez des abayas à la rentrée : il n’y avait pas assez de profs et de moyens, mais tout ce dont le gouvernement parlait, c’était l’abaya, l’abaya, l’abaya… C’est une manière de prendre les musulmans comme boucs émissaires, d’opposer Français musulmans et non-musulmans alors qu’on est bien tous Français », a affirmé un représentant du syndicat d'enseignement Sundep, déplorant « une mesure d’exclusion » contre un établissement comptant une majorité d’élèves boursiers.

« Messieurs les députés, nous nous sommes déplacés de Lille à Paris pour vous interpeller. Nous espérons que notre appel recevra écho et que vous prendrez la mesure de toute cette injustice qui s’est abattue sur le lycée (…). Ce qui se passe à Lille est inadmissible », a lancé une enseignante aux côtés de plusieurs collègues.

Une première cagnotte mise en ligne en février et clôturée le 20 mars a permis de collecter 32 114 € au profit d’Averroès, qui a organisé, dimanche 31 mars, un iftar caritatif rassemblant la communauté éducative et ses soutiens « autour d'une noble cause : assurer l'avenir (du) lycée malgré les défis auxquels il est confronté et empêcher sa fermeture ». Etaient notamment présents le député Roger Vicot (voir vidéo plus bas), l’ancien sénateur et président du Conseil départemental du Nord (LR) Jean-René Lecerf et le directeur de Sciences Po Lille, Pierre Mathiot, tous trois figurant parmi les soutiens de la première heure du lycée. Une autre cagnotte, toujours en ligne cette fois, affiche près de 300 000 € de dons.