Souad : « Mon beau-frère a pris mon fils en grippe et le dévalorise publiquement, cela me déchire le cœur »

Souad : « Mon beau-frère a pris mon fils en grippe et le dévalorise publiquement, cela me déchire le cœur »

Par Sabah Babelmin, le 18/11/2020

J'ai trois garçons âgés de 9 à 15 ans. Ils sont tous les trois différents de par leur personnalité. Alors que les deux premiers sont plus extravertis, le dernier est plus discret mais a tout de même son caractère.

Ils ont un oncle qui, jusqu'à il y a un an, était très avenant et bienveillant avec les trois. Cet oncle nous rend souvent visite et venait parfois même nous rejoindre en vacances. Mes enfants l'aiment énormément et c'est réciproque.

Sauf que depuis quelques mois, il a pris mon garçon de 11 ans en grippe. Son oncle le prend à partie devant ses frères et lui a collé l'étiquette de menteur, manipulateur, faux jeton...

Je vous avoue que je suis déchirée. Mon fils n'a pas sa langue dans sa poche et ne se laisse pas faire quand il sent qu'il y a une injustice. Mon fils n'est pas un ange mais ce n'est pas un monstre non plus. C'est un enfant très affectueux mais qui a du caractère. Mon mari et moi l'éduquons pour qu'il garde le respect d'autrui, car les mots peuvent effectivement blesser.

Lorsque mon fils sourit, son oncle lui hurle d'arrêter son sourire de faux jeton pour ne pas dire autre chose. Il dit que je me fais avoir, que je suis dupe. Il intervient dans tous mes échanges avec mon fils. J'en ai parlé à mon mari et à sa mère, ils m'ont demandé de ne pas faire attention. J'ai pris la décision de demander à mon fils de ne plus lui adresser la parole et de le saluer uniquement.

Je pense que mon fils n'est ni plus manipulateur qu'un autre, ni un monstre. Il a des amis fidèles qui l'aiment, et la plupart des adultes qui le connaissent aime son franc-parler et sa gentillesse. Suis-je une mère aveuglée par l'amour de son fils ? Aidez-moi.

Sabah Babelmin, psychanalyste

Chère Souad,

Malheureusement, et souvent, les enfants peuvent être victimes d’un parent proche, père, frère, oncle et en devenir le bouc- émissaire. Ils projettent sur l’enfant leurs manques, leur frustration et parfois deviennent de vrais bourreaux, qui utilisent le cadre familial rassurant pour jouer ce rôle pervers en toute impunité.

Vous écrivez que cet oncle était très proche, vous rejoignait même pendant les vacances et que les enfants l’aiment bien, sauf que du jour au lendemain, il a pris votre fils de 11 ans, celui du milieu, en grippe.

Plusieurs questions et hypothèses me viennent : quel rang occupe cet oncle dans sa propre fratrie ? Y’a-t-il des rivalités, des jalousies avec votre mari, son frère ou d’autres frères ?

Il me semble qu’il n’est pas marié, n’a pas d’enfants. De quoi souffre-t-il pour s’en prendre à un enfant de 11 ans ? Était-il persécuté à ce même âge par un adulte pour qu’il se venge des années plus tard sur un son neveu ? Les enfants ont cette capacité de raviver les blessures de leurs parents mais aussi des proches !

Vous avez raison de vous en inquiéter et de vouloir protéger votre fils. Car cette dévalorisation répétée pourrait briser un enfant même s’il a du répondant. Les mots peuvent être très destructeurs pour un enfant et avoir un impact très négatif sur son développement futur, son estime de lui-même.

Parlez-en encore avec votre mari, partagez votre inquiétude avec lui et, peut-être que d’homme à homme, il peut régler cette histoire avec son frère. S’il refuse de vous écouter, dites-lui que vous n’acceptez plus qu’il vienne chez vous pour maltraiter votre fils ou absentez vous avec votre fils quand l’oncle arrive pour lui signifier que c’est grave ce qu’il fait et que vous n’avez pas l’intention de le laisser faire. Patientez et n’abandonnez pas. Bon courage.

La rubrique « Psycho », qu’est-ce que c’est ?

Des psychologues et psychanalystes répondent à vos questions. Musulman(e)s du Maghreb ou de France, professionnel(le)s actif(ve)s exerçant en cabinet, ils réfléchissent à votre problématique et tentent de vous éclairer à travers leur expérience professionnelle et leur pratique spirituelle. Ils peuvent vous aider à y voir plus clair en vous-même ou à mieux décrypter le comportement des personnes de votre entourage.
Ils ne sont pas médecins, même si on les désigne parfois comme des « médecins de l’âme », mais leur rôle est de vous aider à trouver en vous-même la meilleure réponse à vos interrogations sur vos relations aux autres, votre conjoint ou conjointe, vos parents, vos frères et sœurs, vos amis, vos collègues de travail, vos voisins...
Alors, n’hésitez pas, interrogez-les, ils tenteront de vous répondre en s’éclairant des plus belles pensées de l’islam.
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