Commentaires

N
Nisrine
le 04/02/2019 à 21:02
Heureusement, tant qu'il y aura des femmes comme moi, le monde saura que les religions ne sont qu'un ramassis de superstitions mensongères et ridicules (les éditions Alburâq, quelle blague), quand elles ne sont pas pédophiles et égorgistes (elles le sont toutes, en fait). Arrêtez donc de croire à ces sornettes.
F
François Carmignola
le 27/01/2019 à 09:39
A la réflexion, cette question de la prééminence de Mahomet (pardon de ne pas utiliser d'autres formes francisées que celle là) est d'importance. Il y a en 33.40 "Muhammad n'est le père d'aucun homme parmi les vôtres, mais il est l'Envoyé de Dieu et le sceau des prophètes. Dieu est parfait connaisseur de toute chose." C'est le fameux verset du "sceau des prophètes". Mahomet est le dernier d'entre eux. A moins qu'il n'en soit que le "père"... Ainsi la question des mahdi et messies ultérieurs divers se pose alors... Bref, vous vous rattachez sans doute à une interprétation particulière de l'Islam, et dieu sait si le monde du dieu unique est riche de sa diversité...
F
François Carmignola
le 25/01/2019 à 21:13
@Guerroumi Mohammed Belle constance dans la provocation rigolote, avec la shahada, sujet de notre rencontre, rendue caduque deux fois, pour associationnisme et pour exagération injustifié du rôle de son prophète secondaire. Votre approche ésotériste de l'islam est réjouissante, je tremble à l'idée d'entendre ce que vous allez nous révéler sur l'alcool, les femmes et la liberté politique de dire n'importe quoi à toute heure du jour et de la nuit...
G
Guerroumi Mohammed
le 25/01/2019 à 12:43
Non, cher frère, il n'y a aucune prédominance ou prééminence à favoriser, voire à distinguer Mohammed  (saws) des autres Prophètes et Messagers.  "Dites : “Nous croyons en Dieu et en ce qu’on nous a révélé, et en ce qu’on n’a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les Tribus, et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes, venant de leur Seigneur : nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes Soumis”. S2.V136 Plus encore : "Ainsi, Nous avons envoyé parmi vous un messager de chez vous qui vous récite Nos versets, vous purifie, vous enseigne le Livre et la Sagesse et vous enseigne ce que vous ne saviez pas. Souvenez-vous de Moi donc, Je vous récompenserai. Remerciez-Moi et ne soyez pas ingrats envers Moi." S2.V151-152 Le culte ne doit être voué qu'à Dieu seul, l'Unique Digne de Louanges. Mohammed  (saws) a accompli sa mission et nous lui sommes reconnaissants. Tout comme ont accompli leurs missions les Prophètes et Messagers antérieurs.  Assalam alaykoum.  
F
François Carmignola
le 25/01/2019 à 07:28
"absous le Coran de son rayonnement intemporel et universel" ? Que voulez vous dire? Moi, ce que je voulais dire c'est que 7.172 et les versets voisins se contextualisent dans le cadre de la lutte de Mahomet contre les tribus juives adversaires à l'époque et qu'il entendait dominer et convertir à sa loi. Mon utilisation du mot "antisémite" est effectivement tendancieuse, mais il va sans dire que ce texte est utilisé par d'autres dans d'autres contextes. On peut tout à fait interpréter les choses dans votre sens, simplement votre interprétation, toute tranquille et belle qu'elle soit est tout à fait minoritaire, voire hérétique... Comme me semble tout à fait extrémiste ce que vous dites au sujet de l'équivalence des prophètes: Mohammed il me semble a bien un statut spécial et le nier fait de vous un interprétant qui sera critiqué. En tout cas, plaise à Dieu que votre liberté d'esprit ne soit pas entravée ! L'associationnisme est le pire des crimes en islam. En gros il est ce qui nie la shahada -dans sa totalité-, précisément. Il fait l'objet de menaces physiques explicites, par exemple, le très fameux: 9.5: Lorsque les mois sacrés se seront écoulés, tuez les associateurs partout où vous les trouverez ; capturez-les, assiégez-les et dressez-leur toutes sortes d'embuscades. Mais s'ils se repentent, s'acquittent de la prière et font l'aumône, alors laissez libre leur chemin. Dieu est pardonneur, clément. Ce à quoi vous faites allusion, l'absence de sanctions, n'est mise en oeuvre QUE si on se repent, naturellement, la figure de style, typique de la "miséricorde" coranique étant abondamment utilisée dans le Coran. Quand au "nulle contrainte en religion" 2.256 il est suivi de 2.257 qui décrit bien la situation pour ceux qui ne se soumettraient pas d'eux mêmes à l'absence de contraintes: 2.256 Pas de contrainte en religion ! Désormais la direction droite se distingue de la divagation. Celui qui rejette les faux dieux (les Tâghout = al-Tâghût) et qui croit en Dieu a saisi l'anse la plus solide, qui n'a pas de fêlure. Dieu est Celui qui entend tout, l'Omniscient. 2.257. Dieu est le Protecteur de ceux qui croient : Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière. Et ceux qui mécroient ont pour patrons les Tâghout, qui les font sortir de la lumière vers les ténèbres. Ils sont les hôtes du Feu où ils demeureront à jamais. Bien à vous.
G
Guerroumi Mohammed
le 24/01/2019 à 22:17
Qui vous autorise à contextualiser le verset 7.172 comme bon vous semble et qui, plus est, en lui attribuant une malédiction antisémite "caractérisée" ?! La contextualisation généralisée du Texte coranique, ainsi que l'abjection du concept des versets abrogeants-abrogés, ont absous le Coran de son rayonnement intemporel et universel !!! La religion auprès de Dieu n'est pas la soumission, mais la paix et la guérison de l'âme. Al Islam découle de l'essence spirituelle d'Ibrahim (saws). Dans la shahada, Dieu n'a pas besoin qu'on Lui rappelle son Prophète Mohammed, car de plus, il ne convient pas à un musulman de distinguer un Prophète ou Messager d'un autre. Enfin, l'égarement inconscient peut mener à pencher vers l'associationnisme. L'alerte vaut nécessité de correction et non de menaces ou sanctions. Nulle contrainte en religion. En revanche, le verset 72.18 est très explicite : "Les mosquées sont consacrées à Dieu seul, n’invoquez donc personne avec Allah." Quant au frère Bajrafil, il a tout mon respect. Assalam alaykoum.
F
François Carmignola
le 24/01/2019 à 19:59
7.172 et son contexte forment une malédiction antisémite caractérisée. Les fils d'Adam, pourtant prévenus, continuent de ne pas se soumettre... Typique du contexte coranique historique. Maintenant le sens spirituel... 63.1 On comprend en 63.4 ce qu'on fait des hypocrites: "Qu'on les tue! ". Bref, une suite de menaces... "Prend garde à toi"... 3.18 la soumission... en 3.19, la clé du mystère: Certes, la religion auprès de Dieu est la Soumission [à Sa volonté : al-islâm]. Ceux auxquels l'Ecriture a été donnée n'ont eu des divergences qu'après avoir reçu la science, à cause de la jalousie qui s'est déclarée entre eux. Avec celui qui rejette Ses signes, Dieu, certes, est prompt à faire le compte. Il faut vraiment toute la subtilité de Bajrafil pour comprendre autre chose que ce qui est écrit... Quand à l'accusation d'associationnisme, elle vaut appel au meurtre: attention !
G
Guerroumi Mohammed
le 23/01/2019 à 13:33
Coran 7.172 : Et quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d'adam et les fit témoigner sur eux-mêmes : «Ne suis-Je pas votre Seigneur ? » Ils répondirent : «Mais si, nous en témoignons...» - afin que vous ne disiez point, au Jour de la Résurrection : «Vraiment, nous n'y avons pas fait attention» [Coran 63:1] Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent : «*Nous témoignons que tu es le messager de DIEU.*»* DIEU sait que tu es le messager et DIEU témoigne que les hypocrites sont des menteurs.​ On ne peut pas être témoin que Mohammed est le messager de Dieu, mais on peut le croire. C'est uniquement de l'unicité de Dieu que nous pouvons être témoins, car la création entière est à la louange du Dieu unique. [Coran 3:18] DIEU témoigne qu'il n'y a aucun dieu excepté Lui, et ainsi font les anges et ceux qui savent. En toute vérité et équité, Il est l'absolu dieu : il n'y a aucun dieu sinon Lui, le Tout-Puissant, le Plus Sage.​ Le double témoignage dans une seule shahada est de l'associationnisme !!!
SaphirNews.com

Mohamed Bajrafil : « Aussi longtemps qu’il y aura des hommes, la shahada sera d’actualité »

Par Hanan Ben Rhouma et Huê Trinh Nguyên, le 23/01/2019

8

« J’atteste qu’il n’y a pas de Dieu en dehors de Dieu et que Muhammad est l’Envoyé de Dieu. » C’est par l’acceptation et la prononciation de cette phrase qu’un individu se déclare musulman. Premier pilier de l’islam, la profession de foi, qui affirme avec force l’unicité de Dieu, est au cœur même de la doctrine islamique. Avec son dernier livre sobrement intitulé « L’Attestation de foi – La Shahada », l’imam et théologien Mohamed Bajrafil revient sur la signification profonde de ce témoignage.


Saphirnews : Vous publiez votre troisième ouvrage, le deuxième est également sorti en 2018. Pourquoi autant de productions éditoriales maintenant ?

Mohamed Bajrafil : Souvent, quand j’écris, c’est pour répondre à un besoin qui est d’abord manifesté par l’éditeur qui me fait la proposition. Là, avec les éditions Albouraq, nous nous sommes engagés dans une série de livres sur les cinq piliers de l’islam dans une collection intitulée « Je veux comprendre ». J’ai commencé par la profession de foi, il y en a quatre autres à venir (…) sur les piliers qui seront présentés avec des explications tirées de notre héritage mais qui se marient également avec les réalités de notre temps.

Qu’est-ce que votre livre change par rapport à ceux qui ont déjà été publiés sur la shahada ? Parce que ce thème est souvent le premier sur lequel on se renseigne avant de se convertir à l’islam ou de se mettre à la pratique religieuse.

Mohamed Bajrafil : Je n’ai pas la prétention de venir avec quelque chose de nouveau mais j’ai en tête une définition de la poésie qui a été proposée par Pierre Reverdy, un grand homme de lettres du siècle dernier (un poète français mort en 1960, ndlr), qui la définissait comme l’étincelle qui naît de la rencontre du for intérieur du poète qu’il met à nu avec le for intérieur du lecteur.

C’est une manière de dire que nous ne voyons pas tous la vie de la même manière et que si chacun de nous écrivait, il permettrait aux autres de voir une partie d’eux dont ils ne sont pas forcément conscients.

(…) Au fond, j’essaie tout simplement de partager ce que je pense savoir et je demande à tout un chacun d’en faire autant. Je pense qu’on peut améliorer le monde de cette manière.

Deuxième chose, il y a ce besoin de rester fidèle à l’imam Al-Ghazali qui, il y a 1 000 ans, avait écrit un livre intitulé La Revivification des sciences religieuses. Il partait déjà de l’idée qu’il y a 1 000 ans les gens ne faisaient pas le lien entre la prière et les secrets de celle-ci, entre le pèlerinage et les secrets de celui-ci… Aujourd’hui, le moins que l’on puisse dire – et je pense qu’une bonne partie des gens seraient d’accord là-dessus –, c’est qu’on a perdu l’esprit de ce que nous faisons au profit du corps. J’ai essayé, avec mes maigres moyens, de proposer un discours qui réconcilie à la fois la pratique et l’esprit de l’attestation de foi.

Pouvez-vous rappeler aux lecteurs ce qu’est la shahada ? Elle est constituée de deux parties, comment l’expliquez-vous ?

Mohamed Bajrafil : La première partie de l’ouvrage consiste d’abord à expliquer les mots qui composent la shahada. J’ai essayé d’y introduire une notion nouvelle : les piliers de la shahada qui sont, pour moi, au nombre de quatre. Mais avant d’en arriver là, il faut d’abord prendre conscience du fait que la shahada est constituée de deux parties, vous le disiez à juste titre, mais pas forcément de la même manière.

Parce que, moi, je dis que la shahada est constituée d’une négation suivie d’une approbation. Souvent, lorsqu’on présente la shahada, on la présente comme étant constituée de la foi en Dieu et au Prophète alors qu’en fait les deux, certes, existent mais elles sont sous-tendues et portées par la négation que j’appelle « la négation primaire » que Dieu a mis dans toute sa créature : la possibilité de dire non. Et c’est par ce biais que j’affirme qu’en islam la foi, c’est d’abord une question de liberté : parce que tu commences par dire « La » qui veut dire « non » en arabe, tu dis « Je refuse ».

Ibn Ata Allah Al-Iskandari, un grand théologien mystique musulman du XIIIe siècle, a écrit, entre autres, un livre entier qu’il a consacré au nom « Allah », dans lequel il dit clairement que nous avons d’abord ce que l’on appelle le refus. Le refus de quoi ? Je refuse qu’on me propose pour ensuite accepter ce que, moi, je choisis. Avec « la ilaha », je refuse l’existence de quelques divinités que ce soit, sauf celle que j’ai choisie qui est la divinité véridique. Une négation suivie d’une approbation, preuve si besoin était qu’en islam, ce qui compte, c’est la liberté.

Finalement, cela répond à l’adage populaire « Choisir, c’est renoncer »...

Mohamed Bajrafil : Exactement. C’est d’autant plus beau qu’Ibrahim (Abraham) – que la paix soit sur lui – dont je parle dans le livre part de cette idée. Il se définit comme al-hanifi : le fait de tourner le dos à tout et d’être muslim (musulman). Dans le Coran, dans la sourate Al-Imran, il est dit qu’Abraham n’était ni juif ni chrétien (parce qu’il est mort avant que ces deux religions ne viennent) et qu’il était un négationniste de divinités autres que celle de Dieu.

Muslim est en relation avec le lâcher-prise, c’est comme cela que je le traduis et c’est comme cela qu’il faut le traduire aujourd’hui. Quand on parle de soumission, on a tendance à penser qu’il s’agit d’une soumission d’avilissement, alors qu’il s’agit d’un lâcher-prise. C’est comme quand on est amoureux de quelqu’un, on s’abandonne à lui. Donc on s’abandonne à Dieu parce qu’on est dans une relation de confiance et c’est d’ailleurs de là que vient la notion de « imane ». La foi, c’est d’abord une question de confiance.

(…) C’est un peu dans cet esprit-là que j’ai écrit ce livre. Pour aller dans le sens de votre question, quand Jean-Paul Sartre disait qu’« être libre, c’est savoir dire non » : être musulman, c’est d’abord dire non.

Dire non, c’est aussi ne pas être d’accord avec l’ordre établi… Quelque part, être musulman, c’est être révolutionnaire ?

Mohamed Bajrafil : Oui, le Prophète (Muhammad) était un révolutionnaire. De toute façon, quand tu viens perturber l’ordre établi, tu es forcément un révolutionnaire. Et tu t’attires donc les foudres.

Dans un précédent livre que j’ai écrit (Réveillons-nous !, publié en 2018, ndlr), j’ai parlé justement de deux types de mécréances : la mécréance pharaonique et la mécréance quraychite. La mécréance pharaonique, c’est la mécréance du pouvoir d’un tyran qui veut soumettre tout le monde à ses désidératas. La mécréance quraychite, c’est la mécréance des habitus : nous avons vu nos ancêtres agir ainsi et nous reproduisons leurs gestes. Le Coran dit : « Et si vos ancêtres avaient tort ? » Au fond, c’est dans ce sens-là que, en effet, je suis d’accord avec l’idée de révolution.

Il y a des personnes qui sont nées musulmanes par leurs parents qui, après réflexion, en devenant adultes, prononcent la shahada pour marquer leur pleine et entière entrée dans la religion et sortir d’une religion d’héritage. Cela signifie qu’il y a du sens à prononcer de nouveau cette shahada en tant qu’adultes…

Mohamed Bajrafil : Dans l’introduction, je dis justement que cette shahada est une réconciliation avec le vrai. Or le combat du vrai contre le faux, c’est un combat de tous les temps et de tous les âges. J’ai envie de dire que, aussi longtemps qu’il y aura des hommes, la shahada sera d’actualité.

Mohamed Bajrafil, L’Attestation de foi - La Shahada, Éd. Albouraq, décembre 2018, 200 pages, 10 €.