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ICI C’est Beyrouth : immersion photographique au Liban

Par Samba Doucouré, le 05/04/2019

L’Institut des cultures d’islam (ICI) programme du 28 mars au 28 juillet une exposition autour de la fascinante capitale du Liban.

La ville de Beyrouth est tristement entrée dans l’imaginaire public comme un terrain de guerre. En cause, les divers conflits armés médiatisés qui ont marqué le Liban. Le dernier en date : la guerre opposant en 2006 le Liban et Israël. Sabyl Ghoussoub, commissaire de l’exposition, a choisi de prendre cette date comme point de départ de l’installation. « Il m’a paru nécessaire de donner un aperçu de ce qu’est la ville aujourd’hui en s’intéressant aux premiers concernés, ses habitants », explique le photographe. C’est pourquoi « les œuvres présentées témoignent de la place de l’individu, de la religion et de la communauté à Beyrouth dans l’espace public et intime », résume-t-il.

« À travers les regards croisés de seize artistes photographes et vidéastes, C’est Beyrouth propose d’entrevoir une société unique dans sa diversité, fragilisée par les guerres et une structuration confessionnelle à bout de souffle », fait-on savoir. Parmi les thématiques fortes de l’exposition, il y a celle du corps. Hassan Ammar expose comment les miliciens du Hezbollah revendiquent leur identité « jusque dans leur chair » avec sa série photographique Tatouages chiites. Vianney Le Caer a, lui, posé son objectif face aux Bronzeurs, un groupe d’hommes qui se retrouvent quotidiennement sur la corniche pour se muscler, bronzer et prier.

« Des regards inédits sur Beyrouth »

La réalité de la capitale libanaise, c’est aussi la vie des migrants. D'abord celle du million de Syriens qui se sont réfugiés au Liban, à travers le travail de la photographe Dalia Khamissy qui documente depuis des années ces communautés et leur quotidien bercé entre souffrances et espoirs.

Myriam Boulos, dans sa série C’est Dimanche, s’est intéressée, quant à elle, aux femmes domestiques. Originaires d’Asie du Sud ou d’Afrique le plus souvent, ces travailleuses vivent sous la contrainte de leurs employeurs qui ont autorité sur leurs visas et passeports. La photographe a capturé pour nous les rares espaces d’intimité et de liberté de ces femmes, dans les salles de prières ou les salons de coiffure.

Pour approfondir ce sujet, l’ICI propose la diffusion du film Chacun sa bonne (2016) de Maher Abi Samra, programmé dans le cadre du cycle de documentaires Beyrouth Autrement du 25 juin au 7 juillet.

« L’idée était de confronter différentes visions de Beyrouth. Des regards d’artistes libanais mais aussi étrangers et cela sur différentes générations », rapporte le commissaire de l’exposition. « Loin de la galerie de portraits, les artistes nous offrent des regards inédits sur Beyrouth et invitent le spectateur à élargir sa perception de la ville. »

Plus d’informations sur la programmation de l’exposition ici

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