PCMMO 2021 : une 16e édition inédite en ligne, focus sur le cinéma égyptien et marocain

PCMMO 2021 : une 16e édition inédite en ligne, focus sur le cinéma égyptien et marocain

Par Myriam Attaf, le 19/03/2021

Du 23 mars au 11 avril, le Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient (PCMMO) donne de nouveau rendez-vous aux cinéphiles avec une sélection de films tout particulièrement consacrée au septième art égyptien, avec une fenêtre sur le Maroc contemporain. Covid-19 oblige, c’est en ligne que le festival nous fera voyager !

Le Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen Orient (PCMMO) revient avec une 16e édition consacrée au cinéma égyptien, avec une fenêtre sur le Maroc contemporain. Mais comment, diriez-vous, en cette période de crise sanitaire qui a entraîné la fermeture des salles obscures ? Cette année, Covid-19 oblige, le festival se déroulera en ligne sur la plateforme Festival Scope où le public pourra retrouver gratuitement, sur inscription, la vingtaine de films mise à l’honneur. Une première pour les équipes du PCMMO ; l'invitation au voyage est lancée.

Du 23 mars au 11 avril, le festival ouvre la voie à de jeunes artistes avides de partager leurs regards sur des territoires bien plus diverses et complexes qu’il n’y paraissent, prêts à tordre le cou aux clichés et à donner à voir la richesse de leurs cultures.

Pour ouvrir le bal, le PCMMO choisit de mettre à l'honneur dès le mardi 23 mars La Grande Nuit, premier film de la jeune réalisatrice Sharon Hakim, très remarquée au Festival de Cabourg. Porté par les acteurs Aghiad Ghanem, Tamara Saade et Adam Hegazy, le long métrage est inspiré de la célèbre comédie musicale « El-Leila el-Kebira », et raconte l'idylle entre Esma, une jeune danseuse éprise de liberté et Hantirah, un jeune homme à l’avenir tout tracé. Virevoltant entre les rues de Barbès et un cabaret queer, les jeux jeunes amants vivront un amour contrarié.

Changement de décor avec Cactus Flower : Ici, la réalisatrice Hala Elkoussy entraîne son spectateur dans un Caire au bord de l’effondrement, théâtre d’une rencontre entre deux jeunes femmes à la rue et un homme qui, ensemble, apprendront la résilience et la solidarité.

Nuancer les regards portés sur ces régions du monde et amener le public à repenser sa vision du Moyen-Orient et du Maghreb est un des objectifs de ce festival qui, depuis 16 ans, ouvre la focale sur ces territoires pour les montrer autrement grâce au septième art. C’est donc tout naturellement que le festival choisit de mettre en lumière des films odes aux contre-cultures comme le long métrage franco-marocain de la Dominique Caubet Dima Punk et le film One more jump d'Emmanuel Gerosa.

Le pitch ? Abdallah, athlète professionnel, a réussi à s’échapper de Gaza. Son ami Jehad, lui, y vit toujours. Il y entraîne de jeunes athlètes pour qui le sport reste le seul espace teinté d’espoir au milieu du conflit. Faut-il partir pour accomplir ses rêves ou rester pour se battre pour son pays ? La question forme le fil rouge de ce récit bouleversant sur le dépassement personnel.

Un hommage aux racines du Festival

Le PCMMO n’en oublie pas pour autant son territoire d’ancrage. Cette année, une place très importante est accordée à ses racines dyonisiennes. Comme un retour aux sources. De fait, les organisateurs ont sélectionné deux documentaires destinés à dépeindre la réalité sociale des banlieues avec les documentaires Qui est là ? de Souad Kettani et Rock against policede Nabil Djedouani.

Toujours dans cette optique, le prix des Dyonisiens.nnes, véritable coup de projecteur sur les talents du département mais aussi sur ceux venus d’ailleurs, met cette année les femmes du Maroc contemporain à l’honneur avec trois documentaires : d’abord, El Batalett, femmes de la Médina de la regrettée Dalila Ennadre, décédée en mai 2020. Avec ce film, la réalisatrice d’origine marocaine, qui a grandi dans la Cité des 4000 à La Courneuve, nous transporte au cœur de la Médina de Casablanca pour nous emmener à la rencontre d’un groupe de femmes qui y a toujours vécu.

C’est un autre récit résolument féministe que nous raconte Jawad Rhalib avec le documentaire Fadma, même les fourmis ont des ailes, qui raconte l’arrivée dans un village du Haut-Atlas marocain d’une femme prête à bouleverser l’organisation genrée d’une communauté aux mœurs très traditionnelles.

Continuer à faire voyager malgré la crise sanitaire

Créé en 2006 à Saint-Denis, le festival a pour objectif de dévoiler la richesse des cultures d’Orient et du Maghreb mais aussi de son territoire. Et si, pour cette 16e édition, le voyage a été compliquée par la crise sanitaire, il n'était pas question pour les organisateurs de renoncer à une nouvelle célébration des cultures d’ailleurs. « En ces temps troublés, maintenir le Festival, même en ligne, est une respiration indispensable qui nous rappelle que les arts, et le cinéma en particulier nous font voyager et participe à la construction de notre esprit critique », affirme le maire de Saint-Denis, Matthieu Hanotin.

« Le PCMMO a reçu cette année énormément de films à visionner, dont de nombreux inédits. La qualité et la variété étaient au rendez-vous et nous avons eu envie de les partager avec le plus large public possible. Cette version en ligne sur Festival Scope nous le permet », livre, pour sa part, l'équipe organisatrice auprès de Saphirnews.

« Le festival est fragilisé par la fermeture des salles et l'incertitude économique de tout le secteur. Nous restons malgré tout confiants dans l'avenir, car nous recevons des témoignages de spectateurs qui ont hâte de retourner au cinéma voir des films du Maghreb et du Moyen-Orient. Dans le futur, nous anticipons de nombreuses séances coup de cœur et l'accompagnement des films en sorties nationales. Pour la situation au Maghreb et au Moyen-Orient, cette pandémie impacte le secteur de la production, et les répercussions se font déjà sentir. Toutefois, il y a une telle vitalité de la création que le maître-mot est Espoir. »

Pour tout connaître du programme, cliquez ici.

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