La vitalité du cinéma turc mise à l'honneur du PCMMO 2022

La vitalité du cinéma turc mise à l'honneur du PCMMO 2022

Par Lina Farelli, le 11/03/2022

La Turquie et ses productions cinématographiques sont à l’honneur de la 17e édition du Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient (PCMMO), qui se tient du mardi 15 mars au vendredi 1er avril.

Après une édition originale en ligne en 2021 eu égard à la crise sanitaire, le Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient (PCMMO) fait son grand retour dans les salles obscures où les cinéphiles sont invités à découvrir une quarantaine de fictions et de documentaires parmi lesquelles des avant-premières et de nombreux films inédits projetés à Paris et en Seine-Saint-Denis.

Cette année, le cinéma turc est à l’honneur de la 17e édition. Si, à la proclamation de la République de Turquie en 1923, « la culture et les arts sont encouragés », c’est « à partir du coup d’État militaire de 1960 - qui libère la création artistique d’une importante censure – (que) le cinéma turc fait partie intégrante de la culture populaire, au point que, dans les années 1960 et 1970, sont produits entre 200 et 300 fictions par an », font part les organisateurs. La Turquie devient même en 1970 « le cinquième plus grand producteur mondial de films » alors que même que sa production est « destinée au public local et quasiment sans débouché extérieur ».

Depuis plus d’une décennie, les séries télévisées turques connaissent un fort succès au Moyen-Orient et au Maghreb, à l’image du feuilleton Le siècle magnifique qui s’inspire de la vie du sultan Soliman le Magnifique ou encore de la série Dirilis Ertugrul, qui conte la vie d’Ertugrul Gazi, le père d'Osman Ier, lui-même fondateur de la dynastie ottomane. Des productions « made in Istanbul » suscitent aussi un intérêt grandissant en Europe et aux Amériques. En plein confinement, en 2020, 7. Koğuştaki Mucize, réalisé par Mehmet Ada Öztekin, a créé la surprise en faisant, au-delà des frontières turques, un véritable carton sur Netflix, tout comme Des vies froissées, de Can Ulkay, un an plus tard. Istanbul.

Que découvrir alors au PCMMO 2022 ?

D’abord Butterflies, du réalisateur Tolga Karaçelik, auréolé du prix du Jury au festival du film de Sundance. Elle raconte l’histoire de trois frères et sœurs qui ne se connaissent que trop peu et qui se retrouvent en Turquie à la demande expresse de leur père. Sauf qu’à leur arrivée, il est déjà mort depuis deux jours… Une comédie noire qui inaugure la nouvelle édition du PCMMO au cinéma L’Ecran de Saint-Denis mardi 15 mars.

Butterflies/Kelebekler : A Movie by Tolga Karacelik Trailer from Can Doğduaslan on Vimeo.

On notera la présence de deux autres films turcs primés que sont Ghosts, d'Azra Deniz Okyay, et Quelque chose d'utile de Pelin Esmer. Des séances thématiques sont également organisées. Sur le thème des LGBT, le documentaire Un visa pour la liberté, d’Ayşe Toprak, suit les traces de Husein, un réfugié syrien à Istanbul qui mène une double vie entre sa famille conservatrice et son identité gay. Avec le fondateur du mouvement LGBT+ syrien, aujourd’hui réfugié à Berlin, « une même ambition les anime : cesser d’être invisibles, et pour cela tenter d’être les premiers arabes du Moyen Orient à participer au concours de beauté international Mr Gay World ».

Plusieurs courts métrages figurent au programme et sont en lice pour un prix qui sera remis dimanche 20 mars à L’Ecran de Saint-Denis. Du côté des productions turques, on note Partir en poussière qui met en scène un couple turc travaillant clandestinement en France. Il n’arrive pas à s’en sortir mais l’avenir de leur fils est en jeu.

Les criminels, de Serhat Karaaslan, conte l’histoire d’un jeune couple qui tente de trouver une chambre d'hôtel pour passer la nuit ensemble. Sauf que les hôtels où ils se présentent exigent la présentation d’un certificat de mariage. Alors qu’ils pensent avoir trouvé une astuce, la situation dégénère.

Fenêtre sur la Tunisie contemporaine

Avec le PCMMO, une fenêtre est aussi ouverte sur la Tunisie contemporaine, avec neuf films qui montrent un pays en pleine mutation. Si la sortie du film « Un fils » avec un magistral Sami Bouajila, lauréat du César du meilleur acteur, vous a échappé, c’est le moment de le voir ou même de le revoir ! La projection du film sera suivie, samedi 19 mars à Saint-Denis, d’une master class avec le réalisateur tunisien Mehdi Barsaoui.

Au menu également, une projection du documentaire Fathallah TV - 10 ans et une révolution plus tard de Wided Zoghlami, qui suit sur une décennie le parcours de trois musiciens issus d’un quartier de la banlieue de Tunis. De la dictature à la démocratie, la réalisatrice Wided Zoghlami entend mettre en exergue « le processus de création et l’impact qu’il peut avoir sur la vie de chacun ».

Le mot pour la fin à Emma Raguin, directrice artistique du PCMMO : « Cette 17e édition nous plonge dans de nouveaux territoires cinématographiques, avec une génération de jeunes cinéastes en plein bouillonnement créatif, tant au niveau des sujets que de la forme. Une programmation inspirante, où les femmes, devant ou derrière la caméra, insufflent une vague ardente et passionnée. »

Il ne reste désormais plus qu’à remplir les agendas ! Pour tout connaître du programme, cliquez ici