SaphirNews.com

Coupe du monde féminine : ne parlez plus de foot féminin !

Par Samuel Grzybowski, le 12/06/2019

Après avoir fait un peu de sémantique sur l’Aïd al-Fitr célébrant la fin du Ramadan, nous allons continuer ce travail cette semaine mais pour décoder, cette fois, un tout autre univers : le football !

Comme nous l’avons toutes et tous constaté [à l’été 2018 après le sacre des Bleus en Russie,]urlbank:https://www.saphirnews.com/Vingt-ans-apres-leur-sacre-les-Bleus-remportent-la-Coupe-du-monde-2018-_a25412.html le football, c’est parfois bien plus que ça ! La communion d’une Nation, des souvenirs indélébiles d’enfance, le suspens partagé, les cafés pleins à craquer, les places pleines dans les villages, les voitures qui klaxonnent pour autre chose qu’un mariage ! Cette année, le football, c’est aussi une question d’égalité, de féminisme, de parité.

Vendredi 7 juin a débuté la huitième édition de la Coupe du monde féminine de football. Déjà, nous avons ici la première distinction sémantique à ne pas rater ! On parle bien de Coupe du monde féminine car il s’agit d’une compétition réservée aux femmes. En revanche, on ne peut pas parler de Coupe du monde de foot féminin, ni du foot féminin en général.

Pourquoi ? Tout simplement parce que ça n’existe pas ! Le foot est unique. Il n’a qu’un seul règlement, qu’une seule pratique, qu’une seule fédération internationale : la FIFA. On ne peut donc pas parler de foot féminin car, en français, un adjectif qualifie un nom pour lui donner une spécificité. Or, le foot féminin n’a aucune particularité réglementaire. On parlera de Coupe féminine de football, de l’équipe féminine de France. La nuance n’est pas un pinaillage mais elle porte un véritable sens !

J’imagine que beaucoup d’entre vous n’aiment pas le foot et se demandent pourquoi aimer le foot joué par des femmes davantage qu’un foot joué par des hommes. Comme il se pourrait, et on l’espère, que cette Coupe du monde fasse autant parler d’elle que la précédente pour les hommes, voici quelques clés de culture pour comprendre l’enjeu de cette compétition.

D’abord, dans le foot comme dans la plupart des sports, chaque joueuse joue tout au long de l’année dans un club, souvent attaché à une ville ou à un quartier, et ce club est son employeur. Parmi les clubs les plus forts du monde dans les compétitions, on compte Lyon en premier lieu, 13 fois championnes de France et cinq fois d’Europe, mais aussi Barcelone, Paris ou Londres.

À différentes occasions, les sportives du monde entier sont appelés, en dehors de leur contrat de travail, à représenter leur Nation, à porter le maillot national pour jouer en compétition internationale. On appelle ça la sélection. Celle-ci est effectuée par une sélectionneuse nommée par la fédération nationale, en l'occurrence Corine Diacre en France. Une Coupe du monde est en fait la rencontre de toutes les sélections qualifiées qui s’affrontent entre elles pour désigner la meilleure nation du football.

Cette année, la Coupe du monde féminine rassemble 24 nations, 24 sélections donc toutes rassemblées en France. Les Américaines, qui ont remporté leur premier match face à la Thaïlande par un 13-0, sont les grandes favorites, juste devant les Françaises. Alors, pour soutenir nos joueuses comme nous l’avons fait pour nos joueurs, ne ratez pas ses matchs. Ce mercredi 12 juin au soir, c’est France-Norvège, le deuxième match en phase de poule qui peut garantir à la France un passage direct en huitièmes de finale.

Lire aussi :
Mondial féminin de football : la France au défi !
Le football, une allégorie de nos sociétés