Commentaires

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francois.carmignola@gmx.com
le 22/06/2019 à 08:17
Considérer la partie de l'islam sectaire et fanatique comme issue d'une "forme d'injustice sociale" est particulièrement plaisant. Les soutiens du concept considèrent-t-il que le problème se traiterait par des allocations à verser aux personnes en question? La réalité est hélas que l'islam qui ne se réclame pas de ces idéologies là est tout simplement aveugle, à moins qu'il ne soit terrorisé, comme il l'est partout dans le monde, par ce qu'il fantasme comme plus "pur" que lui. D'où son incapacité manifeste à refuser l'inacceptable et à le réduire. D'où les doctes affirmations, et qui apparaissent en fait comme cyniques (ou apeurées) de ne pas vouloir un "islam à la carte".
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Neler Morand
le 21/06/2019 à 12:11
De quoi est il question ici Cette réplique énonce un fait indubitable en face duquel on opposera études et enquêtes pour faire dire à la réalité ce qu'elle ne dit pas. Mais force est de constater que l'Islam a encore bon dos et qu'il est une fois de plus considéré comme une menace pour la République car c'est peut-être uniquement de cette manière qu'on veut le voir et pas autrement. Pourtant, d'autres menaces mettent en péril le pacte républicain et ils ne sont pas des moindres, la paupérisation galopante, l’accaparement des richesses par une caste etc ... et j'en passe. Pourquoi déployer un tel courage et une telle verve quand il s'agit de frapper sur la portion congrue de notre société, pourquoi ne retrouve t-on pas un tel engagement pour la lutte contre toutes les formes d'injustices sociales ? Chacun comprendra qu'il est sans doute question de masquer les problèmes profonds que rencontre notre société.
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francois.carmignola@gmx.com
le 19/06/2019 à 20:10
"alors que la radicalisation n’est le fait que d’une minorité." La fameuse enquête de l'institut Montaigne montra que 30% des musulmans (personnes françaises qui se désignent telles) sont en marge de la république et directement concernée par des pratiques quasi sectaires de l'Islam. 50% de l'islam français voudrait rendre visible et effectif dans l'espace public sa pratique. ILYA un problème avec l'islam en France et les propagandes et les pratiques de l'islam politique deviennent visibles ET gênantes. Une partie de l'islam n'est ainsi pas du tout "allié dans la lutte contre les fanatismes" mais bien un soutien implicite et un abri pour les fanatismes. Qu'un imam connu (l'imam Tatai en l'occurrence) puisse se livrer à des prêches tendancieux ouvertement antisémites ou à tout le moins délirants doit absolument être interprété par une argumentation par ailleurs justifiée (bien sur) pour ce qui concerne les pratiques "normales" d'une religion.
SaphirNews.com

Réplique à Tareq Oubrou : arrêtons d’exiger un « islam à la carte »

Par Asif Arif, le 17/06/2019

Dans un entretien au Point, Tareq Oubrou est intervenu sur la place qu’occupe l’islam dans l’espace public. L’imam de la mosquée de Bordeaux souhaite ainsi que les musulmans se fassent « presque » oublier en abandonnant certaines pratiques qu’il qualifie d’archaïsmes religieux, au profit d’une intégration au sein de la République. Ainsi, il préconise d’arrêter de se focaliser sur les produits halal et sur la pratique du voile qui n’est pas, selon lui, obligatoire dans le Coran.

Il va de soi, que nous ne discuterons pas – eût-elle été contestable – la position religieuse de l’imam dans le présent papier. Nous irons davantage discuter, voire même réfuter, la position qu’il prétend avoir sur la question de la représentation des musulmans en France, au sein de la République.

Car, d’abord, on ne peut intégrer que des « corps étrangers » à la France ou à la République. Ainsi, peut-on parler volontiers d’intégration pour les ressortissants étrangers bénéficiaires d’une disposition du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ou encore de ceux qui se sont vu consentir le bénéfice de l’asile. Les musulmans en France sont Français, alors pourquoi parler d’intégration ? A moins de considérer que l’islam, en tant que religion, est un corps étranger à la République. Et c'est ici que le bât blesse.

Contester des restrictions nouvelles pour les musulmans en France

En réalité, depuis plusieurs années désormais, on distille dans l’opinion publique que les quelques millions de musulmans en France vivraient en contrariété avec le pacte républicain alors que la radicalisation n’est le fait que d’une minorité. On prend ainsi le paradigme d’une minorité afin de l’assigner à une majorité et en faire subir les conséquences (sociologique, juridique, médiatique) à cette même majorité. Alors que la radicalisation était vue comme une radicalisation de comportement, on vient désormais attaquer la pratique en tant que telle.

Lorsque l’imam de la mosquée de Bordeaux soutient que les musulmans devraient ajuster leurs prières, ajuster leur compatibilité alimentaire, ajuster leur foi, cela revient à contredire les fondements même de la liberté de conscience et de la liberté de religion. La question n’est pas ici de revendiquer des droits nouveaux pour les musulmans, mais de contester des restrictions nouvelles, qui seraient appliquées ad hominem que pour les musulmans en France. Car ce n’est pas en sommant les musulmans de changer leurs pratiques religieuses que l’on va résoudre les défis qui se dressent devant nous. C’est en comprenant que les musulmans pratiquants sont aussi, en réalité, des alliés dans la lutte contre le fanatisme. Rien ne transparaîtra de cette sortie de Tareq Oubrou à part la volonté de faire renoncer aux musulmans l’identité même de leur foi. Or, un tel renoncement ne ferait que conforter un sentiment de délaissement des musulmans en France.

Imaginons un instant qu’un rabbin demande aux juifs d’arrêter de manger de casher et d’adapter leur pratique religieuse pour s’intégrer en France. Cela rappellerait les heures sombres de l’histoire de France au cours de laquelle des juifs se sont vu assigner une étoile jaune et ont été exterminés parce que juifs. N’oublions pas que notre République ne peut tenir debout que si elle reconnaît les droits de tous, sans distinction.

L’islam n’a pas eu besoin de s’intégrer pendant d’innombrables années en France car les dispositions de cette religion respectent le pacte républicain. La République ne peut pas inverser le raisonnement qui a précipité l’adoption de la loi de 1905. Alors qu’avant 1905, le pouvoir spirituel intervenait dans la partition politique et sabordait les droits des non croyants ou d’autres croyants, l’Etat ne peut pas intervenir, aujourd’hui, dans la pratique religieuse des musulmans afin de décider de quel type de musulmans il souhaite ou de quel type de prière il souhaite. L’islam n’est pas une carte présentant les plats d’un restaurant que l’on choisit à la carte. Il est grand temps d’en prendre conscience.