« Séparatisme islamiste » : des mosquées des Hauts-de-Seine dénoncent une stigmatisation des musulmans

« Séparatisme islamiste » : des mosquées des Hauts-de-Seine dénoncent une stigmatisation des musulmans

Rédigé le 07/10/2020
Myriam Attaf

« Un discours sur les séparatismes qui s’est rapidement transformé en un discours sur l’islam » : voilà ce qu'ont retenu plusieurs associations cultuelles des Hauts-de-Seine de l'allocution présidentielle dans les Mureaux.

Lire aussi : Ce qu'il faut retenir du discours de Macron contre « le séparatisme islamiste »

Quelques jours après le discours d’Emmanuel Macron sur sa stratégie de lutte contre les séparatismes, dix mosquées ont décidé d’unir leurs voix pour exprimer leurs craintes de voir les musulmans stigmatisés.

Dans un communiqué commun publié mardi 6 octobre, les signataires* ont ainsi pointé du doigt des déclarations qui, d’après eux, renforcent un climat anxiogène autour de l'islam. « Depuis plusieurs mois, le gouvernement nous explique que le plus grand danger qui menace la République serait le séparatisme islamiste dont nous attendons toujours une définition claire. S’en est suivi une campagne médiatique de grande ampleur instaurant un climat de psychose envers les musulmans de France », peut-on lire dans les premières lignes du texte.

Un discours accusé de générer « une forte incompréhension » de l'islam en France

S'en suit une critique de l'usage des termes « séparatisme » et « islamiste » Pour le premier, les associations déclarent ne pas avoir « connaissance d’un parti ou groupe musulman qui réclamerait l’autonomie d’une région française ». Quant au second, elles déplorent que « de nombreuses personnalités politiques stigmatisent des pratiques normales de l’Islam comme la pratique de la prière ou le port du voile comme étant "islamistes" ou "politiques" ».

Des stigmatisations qui « génèrent une forte incompréhension de la religion musulmane pour une grande partie de la population. Les Français, abreuvés du matin au soir par des discours de haine dans les médias, sont de plus en plus hostiles envers leurs concitoyens musulmans », affirment les signataires du texte.

Ces derniers dénoncent également une perquisition dans une mosquée parisienne opérée samedi 3 octobre lors de laquelle, selon les responsables du lieu de culte, une quinzaine de policiers ont fait irruption pendant un cours donné à des enfants pour, au final, « des manquements aux règles incendie ». « Ce ne sont pas des méthodes qui favorisent la confiance dans nos institutions censées nous protéger et non nous effrayer. Il est normal d’opérer des contrôle mais l’usage de la force doit être proportionné », tient-on à rappeler.

« La France est en pleine crise sanitaire, économique, sociale et écologique et pour relever ces défis, il nous paraît primordial que l’ensemble de la société soit uni et concentré sur les solutions à apporter au lieu d’inventer des problèmes à partir d’anecdotes hyper minoritaires. Les français méritent mieux », concluent-ils.

*Les signataires sont : l'association Voix des Musulmans du 92, le Collectif des musulmans des Hauts-de-Seine, l'Institut Ibn Badis de Nanterre, l'Association des musulmans de Clamart, l'Institut Al Andalus de Châtenay Malabry, l'Association cultuelle des musulmans de Courbevoie, la Mosquée de Fontenay-aux-Roses, la Mosquée Okba Ibn Nafaa de Nanterre, la Mosquée Essalam de Gennevilliers et la Mosquée Al-Houda d’Antony.

Lire aussi :
Le terme « laïcité » préféré au « séparatisme » dans l’intitulé du projet de loi contre les séparatismes
Séparatismes : l'Observatoire de la laïcité (r)appelle médias et politiques à leurs responsabilités
Contre « le séparatisme islamiste », la République peut-elle se transformer ?
« Insécurité culturelle », laïcité : ce que Macron dit du port du voile en France
Face au « séparatisme islamiste », Macron pointe ouvertement la responsabilité de l’Etat

2