Saint-Nazaire : condamné à un stage de citoyenneté après son appel à brûler la mosquée de Béziers

Saint-Nazaire : condamné à un stage de citoyenneté après son appel à brûler la mosquée de Béziers

Rédigé le 06/01/2021
Lina Farelli

Après l’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020, des appels à « brûler la mosquée de Béziers » ont été lancés sur Facebook. L’auteur d’une telle menace a été jugé, mardi 5 janvier, devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour « provocation publique à la commission d’un délit de dégradation dangereuse pour les personnes ». il risquait jusqu'à cinq ans de prison et 45 000 € d'amende ; il n'a finalement écopé que d'une amende de 400 €, assorti d'un stage de citoyenneté.

Le cinquantenaire, inconnu des services de police et de gendarmerie, avait écrit : « Vous voulez lui rendre hommage ?? Allez cramer la mosquée de Béziers question de faire passer le message. » Aucune des cinq mosquées de Béziers n’a été explicitement visée mais la menace était claire. Une plainte avait été déposée par l’Association culturelle des Français musulmans de Béziers (ACFM), qui gère la mosquée Arrahma, le plus grand lieu de culte musulman de la ville. Vite identifié, il a été arrêté et placé en garde à vue le 23 octobre.

Le parquet de Béziers avait été dessaisi de l’affaire car l’individu, bien qu’il ait longtemps vécu à Béziers, était un habitant de La Baule, en Loire-Atlantique. « Les conséquences de ses propos l'ont semble-t-il dépassé, il a reconnu les faits et s'est expliqué très vite », avait indiqué à l'AFP la vice-procureure du tribunal judiciaire de Saint-Nazaire, Michèle Pierson.

Dans les procès-verbaux d'auditions consultés par France Bleu, l'homme, un ancien militaire absent de l'audience par peur pour sa sécurité selon son avocat Me Fabien Bourdon, a indiqué avoir agi « sous le coup de la colère (...) car il a ressenti l'attaque contre Samuel Paty au plus profond de lui ». Il a reconnu « la stupidité » de son geste.

Avec ce stage d'une valeur de 250 euros, le tribunal entend « lui faire prendre conscience de la vie en société et de ses règles », a estimé la présidente du tribunal lors du délibéré. La mosquée Ar-Rahma n'a pas encore réagi à ce verdict.

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