Suisse : malgré le soutien des Eglises, la reconnaissance de nouvelles religions rejetée à Neuchâtel

Suisse : malgré le soutien des Eglises, la reconnaissance de nouvelles religions rejetée à Neuchâtel

Rédigé le 28/09/2021
Benjamin Andria

Neuchâtel dit « non » à la loi sur la reconnaissance d’intérêt public des religions. Les électeurs de ce canton suisse francophone ont exprimé, lors d’un référendum organisé dimanche 25 septembre, leur refus, par 56,25 % des suffrages, de voir élargir la reconnaissance à de nouvelles communautés religieuses implantées à Neuchâtel : juives, musulmanes, bouddhistes mais aussi évangéliques.

Seules les Eglises protestante, catholique romaine et catholique chrétienne demeurent donc reconnues à ce jour par les autorités, qui leur octroient en retour des avantages non négligeables comme l'exonération d’impôts ou encore la possibilité d’utiliser des locaux scolaires en dehors des heures de cours pour dispenser l’éducation religieuse.

Une loi de reconnaissance défendue par les autorités cantonales et les Eglises

La loi prévoyait, si elle avait été adoptée, que la reconnaissance d'une communauté religieuse puisse être adoptée par les trois cinquièmes des membres du Grand Conseil, l'autorité législative cantonale, sans qu'elle soit soumise au référendum populaire, explique RTS.

Le référendum a été organisé à la demande de l’Union démocratique du centre (UDC) et du Parti libéral-radical (PLR), qui s’opposaient à la reconnaissance. Tout l’inverse des autorités cantonales et des représentants des Églises déjà reconnues, pour qui une telle loi était présentée comme « une pièce essentielle à l’intégration harmonieuse des différentes communautés dans notre société laïque, à la formalisation de leurs relations avec l’État et à l’encadrement de la diversité croissante des pratiques religieuses ».

Le Conseil d’État, le gouvernement du canton, se disait « convaincu que cette loi est importante et nécessaire » afin de permettre « d’encadrer la diversité religieuse croissante que connaît notre société ». « Elle est une invitation faites aux communautés à s’intégrer dans la société et à y participer. La procédure d’examen des demandes de reconnaissance oblige les communautés à faire acte de transparence et à reconnaître les règles et usages de notre pays et de notre canton. Il s’agit donc de fixer, sans peur, ni naïveté, les droits et devoirs des communautés qui pour l’essentiel, existent en réalité déjà aujourd’hui dans notre canton », défendait-on avant le référendum. En vain pour le moment.

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