Présidentielle en Libye : le rejet de la candidature du fils de Kadhafi, Seif al-Islam, actée

Présidentielle en Libye : le rejet de la candidature du fils de Kadhafi, Seif al-Islam, actée

Rédigé le 25/11/2021
Edwy Malonga

Un Kadhafi ne succèdera pas à un autre. Dix ans après la mort de Mouammar Kadhafi, l'Autorité électorale libyenne a rejeté en première instance, mercredi 24 novembre, la candidature de son fils cadet, Seif al-Islam, à la présidentielle du pays prévue le 24 décembre prochain.

Recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour « crimes contre l'humanité » depuis 2011, le fils de l’ancien dictateur, qui avait présenté sa candidature le 14 novembre dernier, figurait parmi les 25 candidats dont les dossiers ont été rejetés, selon un communiqué de la Haute commission électorale (HNEC) relayé par l’AFP.

À la surprise générale, celui qui n’avait plus fait d’apparitions publiques depuis dix ans avait présenté son dossier à Sebha (sud), l'un des trois centres de dépôt des candidatures, avec Tripoli (ouest) et Benghazi (est). Doté de sa carte d’électeur et accompagné par son avocat, il avait ainsi signé tous les documents officiels. Fin juillet dernier, Seif al-Islam avait évoqué lors d'un entretien au New York Times un éventuel retour sur la scène politique. Un espoir aujourd'hui déchu par la HNEC.

Tourner la page après une décennie chaotique

Aboutissement d'un processus laborieux parrainé par l'ONU, la présidentielle du 24 décembre et le scrutin législatif prévu un mois plus tard sont censés tourner la page d'une décennie de chaos et de luttes fratricides depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, tué en 2011 lors d'une révolte populaire.

La HNEC a annoncé, mardi 23 novembre, au lendemain de la clôture du dépôt des candidatures, que 98 candidats, dont deux femmes, avaient soumis leur dossier pour briguer le poste de chef de l'Etat. Parmi les candidats les plus en vue figurent encore le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle de facto l'est et une partie du sud libyen, l'influent ex-ministre de l'Intérieur, Fathi Bachagha, et le chef du gouvernement intérimaire, Abdelhamid Dbeibah. Les dossiers de ces trois derniers ont été validés par le HNEC.

Le même jour, le procureur de la CPI, Karim Khan, a indiqué auprès du Conseil de sécurité de l'ONU espérer pouvoir se rendre en début d'année 2022 en Libye afin d’engager un « dialogue ouvert » avec le gouvernement. « Cette quête commune pour réduire l'impunité pour un génocide ou des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre, doit permettre de nous rapprocher au lieu de nous diviser davantage », a-t-il affirmé.

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