Ouïghours : Tesla taclé pour l’ouverture controversée d’un showroom au Xinjiang

Ouïghours : Tesla taclé pour l’ouverture controversée d’un showroom au Xinjiang

Rédigé le 06/01/2022
Edwy Malonga

La firme d’Elon Musk subit une vague de critiques après avoir ouvert une concession automobile à Urumqi, capitale du Xinjiang, une région où le régime de Pékin pratique l’assimilation forcée mais aussi l’internement des minorités musulmanes à commencer par les Ouïghours.

Alors qu’un million de personnes issues de cette minorité turcophone seraient internées dans des camps de travail forcé dans lesquels la torture est monnaie courante, le PDG de Tesla, Elon Musk, s’était félicitée fin décembre de l’ouverture de ce showroom sur Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, en ces termes : « Pour 2022, lançons ensemble le voyage électrique du Xinjiang ! »

Une pluie de critiques contre Tesla aux Etats-Unis

Le Conseil sur les relations américano-islamiques (CAIR) a vivement critiqué cette initiative, estimant que Tesla soutenait la « campagne de génocide » menée par le régime communiste. « Elon Musk doit fermer le showroom Tesla au Xinjiang », a déclaré l’importante organisation musulmane américaine de défense des droits civiques sur son compte Twitter.

Le sénateur américain Marco Rubio, auteur d’un projet de loi interdisant les importations de la région chinoise à moins que les entreprises ne prouvent que les produits ne soient pas issus du travail forcé, a vitupéré cette décision. Dans un tweet, il a interpellé « Tesla et les sociétés sans nationalité qui aident le Parti communiste chinois à couvrir le génocide et le travail forcé dans la région ». Même son de cloche pour Joe Biden : « La traite des êtres humains, qu'elle prenne la forme de travail forcé, de trafic sexuel ou d'autres délits, est un abus de pouvoir odieux & un crime profondément immoral qui porte atteinte à la sécurité, à la santé & à la dignité de millions de personnes dans le monde. »

Le gouvernement chinois continue de démentir les accusations de mauvais traitements des Ouïghours mais elles n'achèvent pas de convaincre la Maison Blanche. Après le boycott diplomatique des JO de Pékin, cette dernière a annoncé fin décembre mettre fin aux importations de produits venus du Xinjiang, sauf s’il est prouvé qu’ils ne sont pas issus du travail forcé. La société automobile n’a, quant à elle, toujours pas réagi aux critiques dont elle fait l’objet.

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