Présidentielle : le CFCM dénonce « l’extrémisme identitaire qui nourrit la haine contre les musulmans de France »

Présidentielle : le CFCM dénonce « l’extrémisme identitaire qui nourrit la haine contre les musulmans de France »

Rédigé le 13/01/2022
Lionel Lemonier

Mohammed Moussaoui appelle les candidats à l’élection présidentielle à éviter « des amalgames préjudiciables à notre unité et à notre cohésion nationale ».

Dans une tribune publiée dans Le Monde jeudi 13 janvier, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), également président de l'Union des mosquées de France (UMF), a réagi aux trop nombreux débats électoraux de ce début de campagne « centrés sur notre religion (l'islam), comme si celle-ci était la source de toutes nos difficultés et de tous nos maux ». Il fait le constat que, « sous couvert de la lutte contre l’extrémisme se réclamant de l’islam, le discours de certains est devenu presque un appel à se débarrasser des musulmans de France ».

Il dénonce « un racisme latent qui se veut imperceptible, caché sous les dehors acceptables de la liberté d’expression, (qui) se manifeste de plus en plus ouvertement » Cette dérive est non seulement injuste, mais également dangereuse, explique-t-il, puisqu'elle va à l’encontre d’une gestion républicaine des crises multiples que traverse la société française.

Lorsque tous les musulmans, « même ceux qui ne revendiquent pas leur différence culturelle ou cultuelle », sont renvoyés sans cesse à une identité, certains sont tentés de renverser la logique de stigmatisation : « "Ce qu’on me reproche, j’en fais une fierté." Cela pourrait donner lieu à une expression en apparence religieuse mais foncièrement identitaire en essence. »

« L’histoire nous apprend qu’à chaque fois que se sont trouvées réunies la perception – juste ou injuste – des inégalités d’ordre économique, social, ethnique ou religieux et la perception – juste ou injuste – d’un défaut de représentativité dans le débat politique et démocratique, cela a ouvert grand la porte au populisme et à l’extrémisme », poursuit-il.

Si les candidates et candidats à la présidence de la République doivent se préoccuper de l'extrémisme se réclamant de l’islam, ils doivent « se préoccuper également de l’extrémisme identitaire qui nourrit une forme de haine contre les musulmans de France. Ils doivent aussi se pencher sur tous les autres sujets de préoccupation de nos concitoyens : le pouvoir d’achat, l’éducation, l’emploi, la santé… ». Ils doivent enfin proposer des « solutions conformes au bien commun ». Et de conclure sur l’espoir que l’année 2022 apporte « sérénité et inspiration » à l’ensemble des candidats à la magistrature suprême.

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