Bas-Rhin : la procédure de fermeture d’une salle de prière musulmane à Obernai lancée

Bas-Rhin : la procédure de fermeture d’une salle de prière musulmane à Obernai lancée

Rédigé le 29/09/2022
Lionel Lemonier

Les fermetures de lieux de culte musulmans pour séparatisme continuent. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a enclenché la procédure de fermeture d’une salle de prière à Obernai, dans le Bas-Rhin, a-t-on appris mercredi 28 septembre.

La mosquée est accusée de faciliter la « diffusion d’une idéologie radicale ». Arrivé en 2017, l’imam serait « connu pour se livrer à un prosélytisme radical dans le Bas-Rhin depuis une douzaine d’années », assure-t-on place Beauvau, qui confirme une information révélée par Le Figaro. Il est accusé d'être hostile à l’Occident, de i[« vanter les principes de la polygamie »] et d'inciter à « la discrimination à l'encontre des juifs, des homosexuels et des femmes ». Il lui est aussi reproché d'être favorable à « la violence envers les caricaturistes » et de « se réjouir des attentats avec des propos complotistes », les attribuant à « l'Etat français, islamophobe ».

« Ce lieu de culte constitue un lieu facilitant la diffusion d'une idéologie radicale, notamment par les propos tenus par son imam qui manifeste une hostilité évidente envers la société française, multiplie les propos provocateurs et hostiles aux valeurs républicaines et encourage les fidèles dans cette vision radicale », estime le ministère de l’Intérieur. Sous l'influence de l'imam, plusieurs jeunes fréquentant la mosquée se seraient radicalisés. Certains auraient quitté la France pour aller étudier dans des écoles coraniques, en Égypte ou au Yémen.

Une salle de prière extrêmement peu fréquentée

La procédure engagée par la préfète du Bas-Rhin prévoit une phase contradictoire de dix jours pendant laquelle l’association gestionnaire de la mosquée peut faire valoir ses observations avant une éventuelle fermeture, dont la durée ne peut excéder six mois. L’association est par ailleurs accusée de « cautionner » les propos et les agissements de cet imam, en vertu du fait qu’elle ne les a jamais condamnés ou modérés.

Selon France 3 Alsace, seule une quinzaine de personnes fréquenteraient cette mosquée. « Ils n’ont pas d’imam officiel, une personne s’est érigée ce rôle-là. Et cette personne n’est pas formée du tout, ce qui fait que son discours est en déphasage avec la réalité française », précise même Saïd Aalla, président de la Grande Mosquée de Strasbourg. « C’est vraiment navrant d’avoir recours à des personnes qui n’ont aucune compétence religieuse pour pouvoir diriger une prière ou orienter et encadrer spirituellement les fidèles. »

Sur les 2 623 mosquées et salles de prière que compte la France selon un décompte du ministère de l'Intérieur, 76 ont été mises sous surveillance début 2021. Au total, 23 lieux de culte ont été fermés en deux ans pour cause de « séparatisme ».

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