Les dirigeants d'Al-Kindi ont contesté, lundi 10 mars, devant la justice administrative la résiliation de leurs contrats d'association avec l'Etat, décidée en janvier dernier par la préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes. Le groupe scolaire musulman a de nouveau dénoncé fermement une décision fondée sur « des raisons politiques ».
Le groupe scolaire privé musulman Al-Kindi, situé à Décines-Charpieu, a contesté, lundi 10 mars, la résiliation de ses contrats d’association avec l’Etat devant le tribunal administratif de Lyon. Ses responsables, qui exigent de « bénéficier d'une très exacte application de la loi », réclament le rétablissement de ses contrats au regard notamment des mesures correctrices mises en place en décembre 2024 pour répondre aux attentes des autorités.
Des mesures insuffisantes pour la préfecture, qui juge qu'Al-Kindi serait un établissement « noyauté par les Frères musulmans ». « Cet établissement dysfonctionne et dysfonctionnera. Ce n’est pas parce qu’on va retirer quelques ouvrages du CDI que ça ira. Cela ne peut pas changer parce que c’est dans les tréfonds de l’organisation », a fait part au tribunal l’avocate du ministère de l’Intérieur pour justifier la résiliation.
« Beaucoup d’enseignants ne sont pas musulmans. Comment peut-on faire d’Al-Kindi une sorte de Poudlard de l’islamisme ? », s’est exclamé Me Hakim Chergui, à la sortie de l’audience, aux côtés de Me Sefen Guez Guez. « C’est aussi l’incohérence de la position de l’Etat dans cette affaire » qui consiste à « nous renvoyer à une forme de clandestinité où on n’aura plus de professeur du rectorat, plus de contrôle, plus d’obligation de respecter le programme (de l’Education nationale) », ce à quoi Al-Kindi s’appose, a indiqué l’avocat, qui est également le cofondateur du groupe scolaire. « C’est du séparatisme d’Etat, produit par l’Etat pour des raisons politiques et qui obéissent à un agenda politique » provenant de « la fusion entre la droite extrême et l’extrême droite dans ce pays aujourd’hui », a-t-il tranché.
« L’accusation est tellement fausse qu’en fait, elle nous insulte en tant que musulman. C’est une violence qui est ressentie comme telle par tous les gens qui font la communauté éducative d’Al-Kindi et même par les milliers de concitoyens de confession musulmane de la région qui ont permis à ce qu’Al-Kindi vive jusqu’à aujourd’hui », a signifié l’avocat du groupe scolaire. « Aujourd’hui, la représentante de l’Etat a justifié l’acharnement dont on est l’objet par le fait qu’on réussit », a-t-il poursuivi, accusant les autorités de vouloir « tordre la loi pour nous empêcher de continuer à exister ».
Le groupe scolaire musulman accueille quelque 620 élèves à ce jour, du CP à la Terminale. La rupture des contrats d'association, qui lui permettent de bénéficier de subventions publiques à hauteur d'environ 1,7 million d'euros, met en péril son fonctionnement. Ses dirigeants espèrent avoir convaincu les juges de sa bonne foi et de la légitimité de sa demande. Une décision est attendue en fin de semaine.
[Mise à jour jeudi 13 mars :]b Le tribunal donne raison à l'État contre le groupe scolaire musulman, voici pourquoi avec la réaction d'Al-Kindi.
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