Par Adel Taamalli

En finir avec la querelle sémantique autour de l’islamophobie

Après les attentats islamophobes de Christchurch qui ont endeuillé la Nouvelle-Zélande le 15 mars dernier, l’une des réactions les plus remarquables fut celle de Caroline Fourest. La polémiste féministe tweetait en effet une nouvelle salve contre le concept d’islamophobie, notion qu’elle combat avec d’autres intellectuels depuis de nombreuses années.

A Adel Taamalli
Par Asif Arif

Après les attentats de Christchurch, assurons davantage la protection des lieux de culte, symboles de paix

La mosquée est un lieu de prière où se regroupent, cinq fois par jour, des musulmans venus d’un même secteur géographique. Ces dernières années, nous avons beaucoup entendu parler de ces lieux de culte sous un aspect purement répressif (dissolution des mosquées radicalisées, repérage des mosquées où sont tenus des propos haineux contre un pays ou contre l’Occident...) mais, très peu souvent, nous avons envisagé de réfléchir sur la mosquée comme lieu de culte symbole d’un havre de paix.

  Asif Arif
Par Mohammed Moussaoui

Le terrorisme n’a ni nationalité ni religion

De nombreux actes de terrorisme ont été commis par des individus se réclamant de l’islam. Trop souvent, on a entendu des affirmations de type « Des témoins auraient entendu l’assaillant ou les assaillants crier "Allah Akbar" » pour, nous dit-on, préciser la nature de l’acte terroriste. Avant même que l’enquête soit ouverte, la qualification de « terroriste islamiste » est vite adoptée et relayée et des analystes de tous bords fusent dans les plateaux des médias pour débattre sur « l’islamisme ». Ce dernier concept, qui était synonyme de l’islam avant les années 1970, est aujourd’hui le fourre-tout de tous les maux imaginables. Ce glissement sémantique, qui établit à l’évidence une discrimination à l’égard de l’islam comparé à ses homologues « judaïsme » et « christianisme », est insupportable pour tous les musulmans qui voient leur religion amalgamée avec la violence et le terrorisme. Quand bien même des musulmans élèvent leurs…

M Mohammed Moussaoui
Par Fethi Mahmoudi

La difficulté de dire Dieu dans une société qui pense ne pas en avoir besoin

« Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c’est nous qui l’avons tué ! » Ainsi parlait Zarathoustra, dans les œuvres de Friedrich Nietzsche, en faisant le constat, à la fin du XIXe siècle, de la déchristianisation des sociétés européennes suite à la révolution industrielle et la transformation profonde des modes de vie (organisation du travail et des classes sociales, urbanisation massive, productivité et consommation). « Comment nous consoler, nous, les meurtriers des meurtriers ? Ce que le monde a possédé jusqu’à présent de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous notre couteau », poursuivait-il. « Dieu est mort ! » est une des célèbres citations du philosophe allemand qui constatait le détachement du fait religieux en Europe et prônait une doctrine n’admettant aucune contrainte de la société sur l’individu. Refusant ainsi tout absolu religieux, métaphysique, moral ou politique. L’homme est un animal habité par des pulsions internes…

F Fethi Mahmoudi
Par Samuel Grzybowski

Voici dix bonnes raisons de faire la grève pour le climat

J'ai deux minutes pour vous convaincre de faire la grève pour le climat ce vendredi 15 mars et, tant qu'à bien faire, de participer à la Marche du siècle samedi 16 mars. Alors, pour aller droit au but, et pour vous montrer que vous n’avez pas le choix, je vais vous donner dix bonnes raisons de ne plus vous poser la question, et de déposer dès aujourd’hui votre préavis de grève pour vendredi. 1. Les actions citoyennes et individuelles en faveur de l'écologie sont toujours de plus en plus nombreuses, les entreprises privées doivent prendre leur part en participant à ce nouvel élan ! 2. La sidération collective est telle qu’on oublie l’ordre des priorités, alors faisons confiance aux experts scientifiques qui connaissent les priorités : faisons grève ! 3. L’appel mondial à la grève émane de jeunes lycéens et étudiants tétanisés par l’absence de futur possible pour tous sur cette planète dans l’état actuel des choses. Écoutons les jeunes…

  Samuel Grzybowski
Par Samuel Grzybowski

En ce carême 2019, que notre société lutte contre les ténèbres pour que triomphe la lumière !

Aujourd’hui, mercredi 6 mars, commence le carême 2019 et j’ai la chance inouïe de me trouver une fois encore dans une ville que j’aime tant : Jérusalem ! Revoir Jérusalem ! Cette cité de coexistence tant historique que douloureuse des fidèles des trois religions monothéistes, cette ville où résonne la voix des prophètes, cet enchevêtrement admirable de peuples, de cultures, cette richesse spirituelle et cette intensité, cette lumière si particulière... Jérusalem est un pèlerinage, un chemin nourrissant, un centre, le nombril du monde, un sommet où faire l’expérience de la paix qu’on ne voit pas. Dans une rue, j’entends l’intérieur d’une synagogue dont l’office est en français. On y récite quelques versets du psaume 136 : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie ! Je veux que ma langue s’attache à mon palais. » Dans leurs prières, les juifs répètent : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie ! »

  Samuel Grzybowski
Par Eric Geoffroy

La force du féminin en islam, selon Ibn ‘Arabi et l'émir Abd el-Kader

Cette contribution d'Eric Geoffroy vient en prélude à la conférence organisée vendredi 8 mars à Paris par la Fondation Conscience soufie. Pour en savoir plus. « Un lieu qui n’est pas empreint de féminité n’est pas fiable. » Ibn ‘Arabi Parmi les éléments très riches qui tissent l’enseignement islamique sur le Féminin, il y a l’apport primordial d’Ibn ‘Arabi (m. 1240), connu comme le « grand maître » de la spiritualité et de l’ésotérisme de l’islam, ainsi que celui de l'émir Abd el-Kader (‘Abd al-Qadir al-Jaza’iri, m. 1883), son disciple à travers le temps. Rumi, sur notre sujet, apparaît comme bien en retrait. Ibn ‘Arabi et l’Emir sont l’un et l’autre des « héritiers muhammadiens », au sens où tout ce qu’ils formulent, en l’occurrence sur le Féminin et la femme, émane de ce qu’on appelle dans le soufisme la « Présence muhammadienne ».

E Eric Geoffroy
Par Cheikha Hayat Nur Artiran, avec Clara Murner

Pourquoi les musulmans doivent s’engager pour le respect mutuel entre croyants

A l’heure où une série de quatre rencontres interreligieuses sont organisées en mars et en avril à Bergerac par le collectif « Ensemble pour la paix » œuvrant pour le dialogue interreligieux dans cette ville dordognaise, Cheikha Nur Artiran, présidente de la Fondation internationale Şefik Can Mevlânâ pour l’éducation et la culture à Istanbul (Turquie), explique pourquoi elle s’engage pour le respect mutuel entre croyants. Cheikha Nur Artiran s’apprête à participer aux rencontres inter-spirituelles de Bergerac, entre différentes voies et différentes pratiques dévotionnelles : les catholiques avec l’oraison carmélitaine, les orthodoxes avec la prière du cœur, et les bouddhistes avec la méditation. Pour en savoir plus sur le programme, c’est ici Le but est la connaissance de pratiques différentes et le partage de la Présence en silence. Pour Cheikha Nur Artiran, il est plus important actuellement d’aller vers les Autres par la connaissance mutuelle,…

C Cheikha Hayat Nur Artiran, avec Clara Murner
Par Dounia Bouzar

Comment réaffilier et renationaliser les enfants de Daesh sans la famille élargie ? (3/3)

A lire : Comprendre la manipulation des enfants opérée par Daesh pour mieux les aider (1/3) Est-il possible de prendre en charge les enfants de Daesh dans le contexte du traumatisme national français ? Doit-on inventer des nouvelles formes de prise en charge ou tout simplement les intégrer aux dispositifs habituels spécialisés de l’enfance ? Qui est le mieux placé pour les réintégrer/réconcilier avec la société ? Tous les enfants ayant vécu sur zone ne reviennent pas traumatisés car quelques-uns ont été tant bien que mal protégés par leurs parents. Mais savoir diagnostiquer un traumatisme auprès des enfants revenant d’une zone de guerre apparaît indispensable à leur prise en charge, d’autant qu’ils sont tous brutalement séparés de leur mère lorsqu’ils atterrissent à l’aéroport de Charles de Gaulle.

D Dounia Bouzar
Par Anne-Sophie Monsinay

L'approche progressiste du soufisme expliquée

Le soufisme est à la fois la voie mystique et la voie initiatique de l'islam. Le soufi conçoit son rapport à Dieu par un lien d'amour duquel découle une transformation intérieure grâce à la pratique religieuse. René Guénon considère que la mystique n'a pas sa place dans le cheminement initiatique musulman. (1) Or, cela reviendrait à nier l'amour reliant le Créateur à sa créature, relation exprimée coraniquement par les termes « Wadud » (Amant fidèle) ou « Rahim » désignant, d'après le Lexique coranique de Maurice Gloton, l'Amour matriciel, c'est-à-dire l'Amour créateur et inconditionnel. Rappelons que cet Amour inconditionnel de Dieu est présent en en-tête de presque toutes les sourates du Coran (« Au Nom de Dieu le Tout-Rayonnant d'Amour, le Très Rayonnant d'Amour ») et induit que tous propos tenus par la suite se fait sous l'aval de cette Parole. De nombreux soufis ont expérimenté l'Amour divin. Nous prendrons ici l'exemple de Ruzbehan : « Je me…

A Anne-Sophie Monsinay
Par Association L'islam au XXIème siècle

L'islam au XXIe siècle : « Il est encore possible à l’islam de s’accommoder aux réalités nouvelles »

« Contribuer à ce que l’islam soit mieux connu et compris » et « donner une tribune à l’islam moderne », telle est l'ambition affichée de la jeune association L’Islam au XXIème siècle, à l'initiative d'une conférence articulée autour de quatre thèmes (« islam et liberté de conscience », « islam et violence », « islam et égalité », « islam et médias ») qui s’est tenue les 26 et 27 février à l'UNESCO. A l'issue des deux jours, elle fait valoir une déclaration que relaye aujourd'hui Saphirnews. L’islam vit encore le défi de la réforme. Après la découverte de la modernité et de la pensée des Lumières, au XIXe siècle, des voix musulmanes s’étaient élevées pour appeler à l’ouverture et au changement. Des réformateurs issus des institutions religieuses s’étaient rebellés contre ces institutions pour défendre des thèses et des idées novatrices. Que l’on se rappelle Tahtaoui traduisant en arabe la Constitution française, Ali…

A Association L'islam au XXIème siècle
Par Représentants des cultes d'Alsace

Depuis Strasbourg, les religions disent : « Non à l’antisémitisme et à toutes les formes de haine de l’autre »

A l'appel des représentants des neuf principaux cultes d'Alsace, un millier de personnes se sont rassemblés, mardi 26 février, à Strasbourg pour manifester leur opposition franche à l'antisémitisme et à toutes les formes de haine de l'autre « qui gangrènent notre société et qui contredisent nos enseignements respectifs ». Une déclaration interreligieuse commune a été lue que Saphirnews fait aujourd'hui valoir. Les principaux cultes présents en Alsace disent « Non à l’antisémitisme et à toutes les formes de haine de l’autre ». 1. Luxmee Devi Beeharry Quirin, présidente de l’association hindouiste Bhakti Mandir : « Les actes antisémites se sont multipliés de façon incroyablement dangereuse et de manière très rapide ces derniers temps. Ce soir, nous voulons dénoncer cela avec force et conviction. » 2. Nicole Marécaux, de la communauté bahaï de Strasbourg : « Nous tous, représentants de toutes les confessions religieuses, juive, chrétiennes,…

R Représentants des cultes d'Alsace
Par Samuel Grzybowski

Hijab et Decathlon : sport pour tous !

Bien sûr qu’il existe une pseudo-révolution, n’ayant de révolutionnaire que le nom, où le port d’un voile dissimulant la nuque et les cheveux est devenue une obligation exclusive destinée aux femmes. Pourtant, les femmes qui portent un voile dans les sociétés occidentales ne sont confrontées ni aux mollahs ni à ce même patriarcat. Bien sûr qu’il existe une forme de pression frériste, organisée par des confréries islamistes, qui, depuis des années, ont utilisé la promotion du voile comme outil de l’islam identitaire et politique dans les sociétés occidentales. Pourtant, 25 % des femmes françaises musulmanes seulement portent un voile aujourd’hui, et 64 % aimeraient le faire s’il n’y avait pas de discriminations. Bien sûr que le voile sur les cheveux, le hijab, peut choquer une certaine idée du féminisme. Pourtant, il n’en demeure pas moins un choix individuel, personnellement consenti, pour celles qui décident de se l’approprier en liberté.

  Samuel Grzybowski
Par Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay

Plaidoyer pour l’égalité hommes-femmes dans le culte musulman

Le Coran stipule une égalité ontologique entre les genres : « Ô vous les humains ! Vraiment, Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle. Et Nous vous avons constitués en peuples et sociétés afin que vous vous entreconnaissiez. Vraiment, le plus noble d’entre vous au regard de Dieu est celui qui, parmi vous, prend davantage garde. Vraiment, Dieu, Savant, Très-Informé ! » (Coran 49 : 13) Néanmoins, force est de constater que les droits des femmes sont loin d’être respectés dans le cadre du culte où elles sont souvent cantonnées à des rôles mineurs. Certes, les Françaises musulmanes échappent aujourd’hui grâce à la laïcité aux lois inégalitaires que connaissent les pays musulmans comme sur l’héritage, elles ont le droit de devenir théologiennes et de participer pleinement à la vie des associations. Cependant, on leur refuse toutes les charges dites « masculines » tel que l’imamat, et on leur concède des charges dites « féminines »…

E Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay
Par Samuel Grzybowski

Promouvoir la justice sociale

Aujourd’hui, 20 février, c’est la Journée mondiale de la justice sociale. On en parle souvent, voire beaucoup, mais il bien difficile d’en définir les contours. Du point de vue des Nations Unis, la justice sociale est « une condition fondamentale de la coexistence humaine au sein des nations et entre les nation elles-mêmes ». Servir la justice sociale, c’est servir l’égalité des droits entre toutes et tous, sans privilèges ni discrimination du fait d’une partie de son identité. C’est donc d’abord l’établissement de l’égalité des sexes, mais aussi des orientations sexuelles, des origines ethniques, sociales, territoriales, des opinions personnelles, des convictions individuelles qu’elles soient religieuses ou spirituelles. Etre pour la justice sociale, c’est garantir que rien de ce qui compose l’identité d’un autre puisse être utilisé pour qu’il/elle soit exclu-e ou discriminé-e.

  Samuel Grzybowski
Par Mohammed Moussaoui

Non, l’antisémitisme n'a rien à voir avec l’islam : refusons les instrumentalisations de toutes parts

Selon le dernier bilan du ministère de l’intérieur, les actes visant les juifs (insultes, menaces, dégradations de biens, agressions, homicides) ont augmenté de 74 % en 2018. Je tiens à réaffirmer avec force que rien, absolument rien, ne saurait justifier une telle situation. Les auteurs de ces actes abjects doivent être vigoureusement condamnées, dénoncées et combattus. Le progrès d’une société et la pertinence de ses valeurs et principes ainsi que la grandeur d’une nation et de son rayonnement se mesurent aussi par l’attention qu’elle prête à ses membres les plus vulnérables. Lire aussi : Haïr l’antisémitisme

M Mohammed Moussaoui
Par Yasser Louati

Organisations religieuses et communautés musulmanes : chronique d’une arnaque organisée

Ma dernière chronique avait porté sur la personnalité religieuse, prenant le rôle de l’imam qui la symbolise, lorsqu’elle se range du côté des puissants et contre les faibles. J’avais essayé de mettre en lumière le rôle de certains qui s’accaparent la fonction sans rendre de comptes à celles et ceux qui la lui confient. Lire aussi : Faut-il changer l’imam ou l’imam doit-il changer ? Cette fois, je me suis intéressé aux institutions religieuses, toujours dans l’optique de mettre en lumière les failles qui empêchent l’émergence de leaders, hommes et femmes, courageux, dévoués et légitimes, et celle de communautés musulmanes solidaires, organisées et capables de, non seulement combattre efficacement l’islamophobie, mais aussi de sortir de la posture victimaire dans laquelle on les enferme et capables d’apporter leur contribution à une République française qui ne tient pas ses promesses.

Y Yasser Louati
Par Dounia Bouzar et Suleymân Valsan

L’école de Daesh, bien éloignée des principes de l’islam (2/3)

Cet article, réalisé par Dounia Bouzar et Suleymân Valsan, est extrait du rapport « Quel avenir pour les enfants d’extrémistes ? » A lire aussi : Comprendre la manipulation des enfants opérée par Daesh pour mieux les aider (1/3) Dès les premières années de scolarisation, l’objectif de Daesh était de transmettre l’idéologie totalitaire aux enfants en développant un univers et un champ lexical guerrier, prenant exemple sur les écoles de l’Allemagne nazie et du Cambodge... Comme le montre François Ponchaud (1) pour les Khmers-Rouges : « Le langage de l’Angkar est travaillé par le vocabulaire guerrier : lutter pour attraper le poisson ; lutter pour produire avec courage ; lutter pour labourer et ratisser ; lancer l’offensive pour l’élevage… Il donne des exemples à l’infini : nous étions tous des "combattants". Et nous cherchions la ‘’victoire sur l’inondation’’ ; la "victoire sur la nature"… » Dans l’Allemagne nazie, il s’agissait…

D Dounia Bouzar et Suleymân Valsan
Par Samuel Grzybowski

Haïr l’antisémitisme

La haine des juifs, l’antisémitisme et, auparavant, l’antijudaïsme ont une histoire millénaire qui est indissociable de l’histoire de l’humanité tout entière. Du côté de la responsabilité chrétienne, c’est en octobre 1965 que l’Église publie la déclaration Nostra ætate sur les relations avec les religions non chrétiennes. Elle propose notamment de rénover l’enseignement de l’Église sur les juifs. L’évolution est importante, car l’on est ainsi passé d’une « théologie de la substitution », qui considérait les juifs comme étant appelés durant leur vie terrestre à se convertir au christianisme, à une « théologie de la filiation » qui admet la coexistence de deux alliances légitimes aux yeux de Dieu, établissant que la vérité est en partage, et encourage à la compréhension et au respect réciproque. L’Église a opéré, avec Vatican II, un changement de position radical et amorcé un dialogue ininterrompu avec les juifs. Le…

  Samuel Grzybowski
Par Carole Latifa Ameer

Egalité hommes-femmes : et si l‘islam en France s’inspirait des réformes de la Tunisie ?

C’est à Paris, samedi 9 février, dans le prestigieux Grand Salon de la Sorbonne, qu’a eu lieu la dernière conférence de l’ambitieux programme organisé en 2018 par la Tunisie dans le cadre de la manifestation « Tunis, capitale de la Femme arabe 2018-2019 ». Initiée par Neziha Labidi, ministre tunisienne de la Femme, de la Famille, de l'Enfance et des Séniors, cette journée consacrée à la femme comme vecteur de paix, de sécurité et de développement a été l’occasion de contribuer au rayonnement international des réformes entreprises par la Tunisie pour l’égalité hommes-femmes. Des réformes qui pourraient être sources d’inspiration pour promouvoir la place des femmes dans la réorganisation du culte musulman en France. Ce n’est pas un hasard si Neziha Labidi a choisi Paris et, plus précisément, la Sorbonne, un lieu emblématique qu’elle connaît bien pour y avoir étudié. La ministre tunisienne a souhaité que le dernier événement du programme «…

  Carole Latifa Ameer
Par Dounia Bouzar

Comprendre la manipulation des enfants opérée par Daesh pour mieux les aider (1/3)

Face à l’effondrement du territoire de Daesh et à sa défaite militaire, des enfants nés de parents français sont aujourd’hui de retour sur notre territoire. Au-delà des images de propagande, de la peur qu’inspire ces enfants mineurs, il s’agit d’établir un diagnostic et de bien connaître les situations de chacun des enfants de manière individualisée avant de réfléchir aux meilleurs moyens de travailler à la réintégration de ces enfants de la République qui, pour certains, ne savent la définir qu’à travers la norme radicale qu’ils ont connue. L’enfant est au cœur de la propagande de Daesh de différentes façons.

D Dounia Bouzar
Par Gabriel Hagaï

Le matérialisme, l’ennemi juré de la spiritualité

De nos jours, l’ennemi juré de la spiritualité véritable est le matérialisme tel qu’il est véhiculé (et imposé) par l’hégémonie mondiale politico-industrialo-financière. Ce système néo-libéral moderniste tente d’asservir l’humanité à sa logique ultra-capitaliste. La seule valeur, pour celui-ci, c’est l’argent – pas la vie humaine, et encore moins l’environnement. Une personne (ou une chose, plus généralement) n’est jugée par cette structure frankensteinesque que par rapport à sa valeur économique ou à sa rentabilité financière. Sale temps pour la planète ! À cette fin, ce mécanisme matérialiste global se doit de détruire les structures collectives traditionnelles qui font obstacle à sa logique du marché pur, comme l’avait remarqué Pierre Bourdieu. Les outils de communication – tels les médias – sont utilisés pour manipuler (et conditionner) les masses plutôt que pour les éduquer. Les valeurs sont inversées et la morale…

G Gabriel Hagaï
Par Samuel Grzybowski

Le pape François aux Emirats : la révolution islamo-chrétienne

Deux énormes troncs du vieux monde viennent de croiser leurs branches en leurs sommets. Oui, les deux plus hautes autorités spirituelles et religieuses de l’islam et du christianisme - dont les fidèles représentent ensemble plus d’un être humain sur deux - ont convergé autour d’un texte pointu, enthousiaste, visionnaire et un soupçon idéaliste. La Déclaration universelle des droits humains était en 30 articles ; ce texte du Saint-Siège et de l’Université d’Al-Azhar, est en 33 alinéas, répartis en trois grandes parties regroupant 10 à 12 idées chacune. Un texte concis donc. La première partie est une anaphore en « Au nom de… » énumérant les valeurs et les personnes au nom desquels les deux autorités s’expriment. La deuxième partie est une autre anaphore en « Nous … » décrivant les postures et les convictions de chacun. Enfin, la troisième partie est une liste de recommandations et de certifications, légèrement répétitives, instituant un…

  Samuel Grzybowski
Par Saphirnews

Déclaration du pape François et de l'imam Al-Azhar sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune

Au cours de son voyage historique aux Emirats arabes unis du 3 au 5 février, le pape François a signé avec le grand imam d'Al-Azhar Ahmed Al-Tayyeb une « Déclaration sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune », un document qui vise à devenir « un guide pour les nouvelles générations envers la culture du respect réciproque, dans la compréhension de la grande grâce divine qui rend frères tous les êtres humains ». Une déclaration qui se présente comme « une invitation à la réconciliation et à la fraternité entre tous les croyants, ainsi qu’entre les croyants et les non croyants », « un symbole de l’accolade entre Orient et Occident, entre Nord et Sud » et qui sonne comme « un appel à toute conscience vivante qui rejette la violence aberrante et l’extrémisme aveugle » et « à qui aime les valeurs de tolérance et de fraternité ». Saphirnews reproduit ici l'intégralité de ce document. AVANT-PROPOS La foi…

S Saphirnews