Par Asif Arif

Extrême droite : l’état d’urgence ne concerne pas seulement les terroristes qui s’affilient à l’islam !

Un projet d’attentats déjoué par les forces de l’ordre fait la Une de la presse française : il s’agirait d’un groupe d’extrême droite qui aurait visiblement planifié et organisé plusieurs attaques contre des lieux de culte musulmans ou encore contre des personnalités politiques et des migrants. On connait cette filière comme étant proche de militants d’Aube dorée, dont on connait le traitement à l’égard des réfugiés en Grèce. Cette tentative d’attentats déjouée, comme les autres attentats perpétrés par les hommes de Daesh, sont graves et appellent nécessairement à une certaine forme d’enquête journalistique. Lorsque les terroristes affiliés à Daesh sont arrêtés, les médias mainstream n’hésitent pas à faire des « éditions spéciales » et à aller chercher les moindres détails sur la vie de ces derniers. Or, un tel effort journalistique n’a pas été vérifié pour ces terroristes qui sont tout aussi dangereux car ils portent…

A Asif Arif
Par Sofiane Meziani

Tradition et modernité : réponse à Omero Marongiu-Perria

Si nous prenons soin de répondre aux critiques que nous a personnellement adressé le sociologue Omero Marongiu-Perria dans sa dernière tribune parue sur Saphirnews, c’est surtout parce qu’elles ont le mérite de nous pousser à mieux préciser notre point de vue qui aurait, selon lui, franchi la barre. Reste à savoir qui fixe la barre ? Que les choses soient claires toutefois : notre réponse aspire uniquement à nourrir la réflexion et le débat d’idées, et n’a aucun intérêt à alimenter la culture puérile du clash et du buzz tant célébrée dans cette société du spectacle. Par le « nous », précisons aussi qu’il n’engage que ma personne et aucunement les autres personnalités citées dans son texte. Nous regrettons, ceci dit, qu’Omero Marongiu-Perria, qui a accoutumé son public à une certaine rigueur intellectuelle, ait emprunté quelques raccourcis en faisant la légitime critique de notre point de vue au sujet du réformisme. En effet, le sociologue…

S Sofiane Meziani
Par Omero Marongiu-Perria

Il faut euthanasier la tradition musulmane hégémonique

À en croire les diatribes récurrentes de leaders religieux musulmans français à propos du « réformisme », celui-ci serait synonyme de fourvoiement, d'asservissement à l’Occident dominateur, ou encore d'une tentative d’individus égarés pour obtenir de quelconques avantages auprès d'institutions et de représentants politiques. Pour ma part, j’y vois plutôt une façon de dédouaner l’islam – dans ses aspects historique, civilisationnel et juridique – de toute interrogation et de toute critique. Après les attentats de janvier 2015, j’avais cosigné plusieurs tribunes appelant à une « réforme islamique » et appelant à un débat sur la façon dont l’héritage musulman médiéval doit être analysé, trié, pour être dépassé par une véritable refonte paradigmatique. C’est une position assumée et elle ne date pas de la période post-attentats. Bien au contraire, cela fait maintenant plus de deux siècles que les pays d’islam se débattent de…

O Omero Marongiu-Perria
Par Martino Diez

De la diversité des chrétiens d'Orient : le Who’s who des Églises orientales

Maronites, coptes, melkites, chaldéens… Il n’est pas facile de s’y retrouver entre les différentes communautés chrétiennes du Moyen-Orient. Voici un guide pour aider à s’y reconnaître. On estime qu’entre fidèles autochtones et immigrés, près de 15 millions de chrétiens vivent actuellement au Moyen-Orient. Dans certains pays (Irak, Syrie), les chiffres sont en forte baisse ; il y a même un risque d’extinction. Dans d’autres pays, les chrétiens ont du mal à survivre. Mais ils sont de plus en plus nombreux dans le Golfe et dans la Péninsule arabique, essentiellement du fait de l’afflux de travailleurs importés d’Asie et d’Europe. Lire aussi : Chrétiens d’Orient : 2 000 ans de patrimoine exposés à l’Institut du monde arabe

M Martino Diez
Par Nicolas Bourgoin

État d’urgence dans le droit commun : l’exception devient la règle avec la loi antiterroriste

Le projet de loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme » a été adopté, mardi 3 octobre, par les députés, qui approuvent ainsi, à une très large majorité, de voir s'inscrire des mesures de l'état d'urgence dans le droit commun. Le démographe Nicolas Bourgoin dénonce « l’exception qui devient la règle » avec la loi antiterroriste, destiné à prendre le relais de l’état d’urgence à partir du 1er novembre 2017. L’état d’urgence est un dispositif d’exception visant à réduire les libertés publiques fondamentales, notamment celles de réunion et de manifestation. Réactivé après les attentats du 13 novembre 2015, il est censé en théorie répondre à la menace terroriste. Dans les faits, il s’applique à ce qu’on appelle les « troubles à l’ordre public » : depuis sa dernière mise en oeuvre, il a permis d’interdire des centaines de manifestations, notamment les mobilisations contre la loi travail,…

N Nicolas Bourgoin
Par Julie Pascoët

Les musulmans ont un fort sentiment d’appartenance à l’Europe. Quand celle-ci va-t-elle leur rendre la pareille ?

De jeunes étudiants musulmans européens ont récemment dialogué avec le vice-président de la Commission européenne et la vice-présidente du Parlement européen, ainsi que plusieurs députés européens sur leur présent et leur futur – et de l’importance de construire ensemble un avenir commun. Ils ont pu insister sur le fait qu’un changement de perspective et des discours et pratiques inclusifs quant à la présence de musulmans en Europe s’imposent. Trop souvent, ils sont considérés comme « un problème à régler ». Malheureusement, l’inclusion reste encore un vœu pieux pour les musulmans d’Europe – que ce soit dans l’emploi, l’éducation, le logement ou l’accès aux services. Les résultats d’une nouvelle enquête sur les expériences de discrimination vécues par les musulmans publiée par l’Agence européenne des droits fondamentaux montrent que les musulmans sont confrontés aux discriminations dans tous les domaines. Ce phénomène européen…

J Julie Pascoët
Par Sofiane Meziani

L’islam, la déconstruction et le redressement de l’Occident

Il est clair que, d’un point de vue métaphysique, la modernité n’est rien d’autre qu’une entreprise de désacralisation, pour ne pas dire de profanation du monde : sous son égide, la création n’est plus un réservoir de signes et de symboles reflétant l’Unité principielle, ou un plan de réflexion de la Beauté divine, mais un simple agrégat d’éléments disparates qui ne disent plus rien de l’Harmonie cosmique. Si, dans la vision traditionnelle, la nature est symboliquement la manifestation du divin Principe, c’est-à-dire le lieu des théophanies divines, elle n’est rien d’autre qu’un instrument d’assouvissement des besoins matériels de l’homme dans la perspective mécaniste de la modernité.

S Sofiane Meziani
Par Bilal Ibn Mîkhael

La rentrée du converti

Comme tous les professeurs de France, j’ai effectué ma pré-rentrée le 1er septembre. Pour moi, elle avait une particularité car je débutais dans un nouvel établissement. Durant l’été, je m’étais fais cette promesse de moins complexer par rapport à ma foi, en référence à la chronique précédente. Dieu semble m’avoir facilité puisque l’Aïd est tombé le même jour que la pré-rentrée. Au petit matin de ce vendredi donc, je me prépare soigneusement en répétant mon programme de la journée : arrivée à la mosquée à 7h30, prière de l’Aïd à 8h, puis pour la première fois je ne resterai pas durant le prêche (Starfullah ! ) pour arriver à 8h30 dans mon nouvel établissement situé à vingt minutes de la mosquée. La journée se terminera à 16h30, je passerai chercher ma femme pour débuter la tournée familiale et finir par une chakchouka chez la belle grand-mère maternelle. Durant ma vie parisienne, j’avais pris l’habitude de fréquenter une…

B Bilal Ibn Mîkhael
Par Olivier Wang-Genh et Abdelhaq Nabaoui

Rohingyas : depuis Strasbourg, bouddhistes et musulmans de France se rejoignent dans la prière

En soutien aux Rohingyas, et pour dire stop aux massacres en Birmanie, un grand rassemblement devant le Parlement européen a été organisé, samedi 16 septembre, à l'initiative du Conseil régional du culte musulman (CRCM) Alsace et rejoint notamment par la Communauté bouddhiste d'Alsace (CBA). Leurs présidents respectifs, Abdelhaq Nabaoui et Olivier Wang-Genh, ont signé une déclaration commune à cette occasion que Saphirnews relaye. Tous les bouddhistes de France et d’Alsace se joignent à leurs frères et sœurs musulmans pour exprimer leur totale condamnation des actions en cours au Myanmar et qui touchent de plein fouet le peuple rohingya. D’un point de vue bouddhiste, rien ne peut justifier un tel déchaînement de violence dont les premières victimes sont des femmes et des enfants innocents, contraints à l’exil dans des conditions insupportables. L’Union bouddhiste de France (dont est membre la CBA, ndlr) s’indigne publiquement de cette situation depuis de…

O Olivier Wang-Genh et Abdelhaq Nabaoui
Par Elsa Cénier

Aimer pour les autres ce que l’on aime pour soi

Nous ne sommes pas seuls au monde. Dieu nous a créé par peuples et ethnies afin que l’on fasse connaissance. Ce travail d’ouverture à l’autre implique pour l’être humain et le croyant en particulier de développer de l’empathie et de l’altruisme. L’empathie se définit comme une attitude de compréhension des sentiments d’autrui, d’ouverture à sa vision du monde. L’altruisme dans la continuité est caractérisé par des actions au bénéfice d’autres que nous-mêmes d’une manière désintéressée. Cette attitude d’empathie et d’altruisme est d’autant plus valorisée lorsqu’elle s’adresse aux personnes dans le besoin ou dans la difficulté. Selon Abu Hourayra, le Prophète Muhammad a dit : « Celui qui s’empresse de pourvoir aux besoins de la veuve et de l’indigent est semblable à celui qui combat au service de Dieu. » Abu Hurayra ajoute : « Il me semble qu’il ait dit également : "Et à celui qui passe ses nuits à prier…

E Elsa Cénier
Par Bilal Ibn Mîkhael

Education musulmane, le bonheur se trouve-t-il dans le privé ?

« Mon frère, est-ce que tu veux gagner 1000 € ? » Le mariage vient de se terminer, les hommes échangent entre eux tandis que l’imam approche tous les convives, un à un, avec cette accroche. Arrive mon tour. Je l’écoute avec attention car l’homme qui me fait face est une « figure » de la communauté musulmane, suivi par des milliers de frères et sœurs sur les réseaux sociaux. Il m’expose son projet d’établissement scolaire privé musulman. Un collège et un lycée, sur un terrain en passe d’être acheté en Seine-Saint-Denis. C’est une entreprise colossale mais qui, avec l’aide de Dieu, peut se réaliser. Chaque convive est invité à faire une promesse de don qu’il s’engage à délivrer d’ici un an. Il peut donner la somme qu’il souhaite, mais l’offre proposée est de 1000 €. Je l’interroge sur les objectifs pédagogiques ou l’offre d’enseignement du futur établissement. Visiblement, la question n’est pas prioritaire. Je laisse mon

B Bilal Ibn Mîkhael
Par Fernando de Haro

Une ressource invisible contre l’extrémisme ? L’islam même

Il existe une certaine difficulté à comprendre la valeur que la dimension religieuse a dans le processus d’intégration. « No tinc por » (« Je n’ai pas peur »), c’est ce qu’ont hurlé spontanément les centaines de personnes qui se sont rassemblées Plaza de Catalunya à Barcelone, à quelques heures des attentats qui ont frappé la ville et la petite ville côtière de Cambrils. Encore bien avant que cette manifestation d’esprit civique ne prenne forme, bien des résidents de la ville avaient déjà amplement fait preuve de solidarité offrant leurs soins aux victimes de l’attentat. Nombreux ont été les volontaires anonymes qui, défiant le désarroi et la crainte semés par les terroristes, ont secouru les blessés, offert un refuge dans des hôtels ou des habitations privées à ceux qui étaient victimes sans abri dans une ville attaquée. Des dizaines de traducteurs se sont rendus disponibles. Il s’est agi d’une première réaction, pas nécessairement…

F Fernando de Haro
Par Sofiane Meziani

Réformer l’islam ou le brader ?

La « mort de Dieu » et l’abolition de l’autorité spirituelle amorcées avec la Renaissance a confronté l’homme moderne, autoérigé en maître et possesseur de l’univers, au fameux dilemme hobbesien : la guerre de tous contre tous ou un égoïsme organisé et institutionnalisé ? C’est tout un ensemble d’horizons déterminants qui s’effondre avec l’avènement de la modernité, réduisant ainsi l’univers à sa dimension purement tangible. L’individu moderne n’a désormais les yeux tournés que vers les faits et ne parle que le langage des statistiques. Seul subsiste l’aspect « physique » de l’existence humaine, la dimension métaphysique ayant été balayée de la conscience humaine. L’effondrement des cosmologies traditionnelles va, en conséquence, laisser place à une existence sécularisée, purement horizontale, indépendante de toutes formes d’orientations supérieures : « L’homme moderne, constate Frithjof Schuon, a perdu le sens du repos et…

S Sofiane Meziani
Par Ahmed Abdouni

David vaincra-t-il Goliath ? Les assauts de la modernité face aux remparts de la foi

Et « David tua Goliath » (Coran 2- 250). Si David a pu terrasser Goliath, c’est avec la permission de Dieu, car le rapport de forces entre les deux belligérants était largement en faveur de Goliath. Le bien a vaincu le mal et la vérité a éclaté au grand jour. Une vérité qui ne se conçoit que par la foi, « c’est-à-dire cette capacité de voir au-delà des choses que tout le monde voit. (…) Et d’ajouter, au monde et aux choses tels qu’ils sont, une dimension surnaturelle perceptible aux seuls croyants» et dont la certitude est puisée dans cette foi », dira Jean Bottéro, auteur de Naissance de Dieu (Ed. Folio, décembre 2015).

A Ahmed Abdouni
Par Fatima Armin

La figure de Zulaikha : de l’anti-héroïne au symbole de l’Amour divin

Annoncée par le Coran comme « la plus belle des histoires », l’histoire de Yusuf est riche en enseignements. Les thèmes de la patience, de la fidélité, de l'humilité et du pardon face à l'adversité y sont magistralement déployés. Ce sont toutefois les forces inflexibles de l'Amour et de la Beauté qui irriguent toute la saga de Yusuf. L'amour inconditionnel que son père Yacub voue au jeune Yusuf, provoquant entre autres la jalousie de ses frères, encadre le récit. L'amour passionnel que l’épouse de son maître lui porte lui causera également des mésaventures, et si cette dernière est tant éprise de lui, c’est que Dieu a fait don, à Yusuf seul, de la moitié de la Beauté de l'humanité. Sillonnant un chemin semé d’embûches, c'est grâce à son endurance, sa piété et sa noblesse de caractère que le jeune Yusuf triomphera de ces terribles épreuves pour émerger victorieusement en tant que Prophète. Déjà présent dans la littérature biblique, le…

F Fatima Armin
Par Mohamed Oudihat

Les six fausses bonnes raisons qui expliquent l'augmentation des divorces

Lorsqu’on veut comprendre ce qui rend l’amour solide et durable, on a besoin de comprendre à l’inverse, ce qui le menace et le détruit. Aujourd’hui, beaucoup plus que par le passé, l’amour produit des ruptures et des divorces en série. Pourquoi ? Voici six raisons avancées qui expliqueraient l’augmentation des divorces aujourd’hui dans nos sociétés contemporaines.

  Mohamed Oudihat
Par Javier Maria Prades López

Occident et islam : est-on conduit à se confronter ou à se rencontrer ?

La présence croissante de musulmans en Europe pose la question de la compatibilité entre des visions différentes dans la sphère publique. Le récent rapport du Pew Research Center offre des données surprenantes sur l’évolution des religions : le christianisme représente aujourd’hui 31,2 % de la population mondiale, et l’Islam 24,1%. On estime qu’en 2060 le christianisme atteindra 31,8 %, face aux 31,1 % de l’islam. Les statistiques prévoient donc que vers la moitié du siècle les deux religions auront environ le même nombre de fidèles, et que, toutes deux ensembles, elles représenteront près de 63 % de la population mondiale. L’évolution de chacune des deux religions et de leur rapport réciproque est donc du plus grand intérêt pour le débat social en Occident. En effet, l’islam prêche une forme de monothéisme qui entend réformer et dépasser le monothéisme judéo-chrétien, il prétend en outre être une vérité universelle, à la différence, par…

J Javier Maria Prades López
Par Sofiane Meziani

Pourquoi le monde moderne a accéléré le déclin de la philosophie

La philosophie dans notre démocratie moderne s’est trouvée réduite à une simple discipline scolaire qui focalise sur la forme davantage que sur le fond, à un papotage sur des concepts infertiles. À une certaine époque, la philosophie était la pratique des silencieux ; de nos jours, elle est la discipline des bavards. Il faudrait sans doute commencer par restituer au mot « philosophie » son sens originel, celui d’amour de la sagesse ; philosopher, c’est s’émerveiller devant le spectacle du Rayonnement divin qui se reflète dans la multiplicité du monde manifesté. La philosophie opère par intuition, elle s’attelle à cueillir la sagesse de l’Essence pure qui se manifeste dans chaque élément de la création. Elle a comme point de départ la certitude, celle de la Réalité primordiale sur laquelle repose l’univers. La philosophie véritable est celle qui naît de l’étonnement, comme l’affirmait Platon ; c’est celle qui pousse l’homme à entrer en…

S Sofiane Meziani
Par Ahmed Abdouni

La science infuse du salafisme

Dans la doctrine salafiste, il n’y a pas que le discours de haine des jihadistes qui peut restructurer les mentalités et leur faire prendre une orientation préjudiciable à la société. Un discours identitaire et singularisant peut tout autant avoir des conséquences néfastes sur la société et le vivre-ensemble. L’une de ces conséquences et la plus probable est justement le développement d’une représentation de la société en segments indépendants les uns des autres. Autrement dit, une communautarisation autant étanche que possible pour pouvoir vivre son particularisme que l’on érige en modèle idéal de mode de vie universel et donc parfait pour le bonheur de l’homme.

A Ahmed Abdouni
Par Martino Diez

Quand les croyants devinrent musulmans

L’Islam des origines : qu’était-ce donc ? Fred Donner, professeur d’Histoire du Proche-Orient à l’université de Chicago et auteur de Muhammad and the Believers. At the Origins of Islam (Harvard University Press, 2010), n’a pas de doutes : un mouvement d’une intense religiosité. Rompant avec un paradigme interprétatif qui met en avant la motivation sociale et/ou nationale, l’historien américain se concentre sur le rôle central de la foi dans la prédication de Muhammad. « Une identité arabe fut un résultat non voulu du mouvement des croyants, non sa cause » (p. 219).

M Martino Diez
Par Jamal Mimouni

De Qatar à Gaza : quand le monde arabe est hors du mouvement de l'Histoire

L'année 2017 est celle d'un cru politique exceptionnel. On pensait avoir tout vu dans la diversité des comportements politiques et diplomatiques erratiques entre nations, mais on en fut pour de lourdes surprises. Nous parlerons dans cet article de deux situations qui touchent le monde arabe et qui, si de prime abord, paraissent déconnectées, forment en fait une même matrice.

J Jamal Mimouni
Par Bakary Sambé

Les musulmans d’Afrique ont plus besoin de cohésion que de lignes de fracture !

Il y a quelques années, en 2013, le Colloque international des musulmans de l’espace francophone (CIMEF) se tenait à Dakar avec une institution basée au Qatar, le Centre de recherche sur la législation islamique et l’éthique (CILE) en collaboration avec d’autres mouvements islamiques de la sous-région, d’Europe et du Canada. Cette année, la même conférence se tient du 11 au 16 août à Abidjan, en Côte d’Ivoire, sous forme d’université d’été attirant des militants d’Afrique comme d’Europe mais aussi des étudiants et des organisations de la société civile toujours avec le même Centre. Je risque d’être répétitif car l’enjeu reste le même : il ne faudrait pas que le biais religieux soit emprunté par certains réseaux pour pénétrer nos sociétés encore préoccupées par la grave situation au Sahel. Il est vrai que ces réseaux travaillent depuis des décennies la jeunesse africaine, notamment, dans les campus universitaires du Sénégal, du…

B Bakary Sambé
Par Ahmed Abdouni

Femme : le bijou qui ne quittera jamais son écrin

Demandez à un salafiste la place que l’orthodoxie sunnite réserve à la femme et il vous répondra avec une verve intarissable que c’est le bijou le plus précieux. Soit ! Alors, voyons-y de plus près et par l’exemple. Un vendredi à la faveur de la prière du milieu de journée, l’imam choisit comme thème de son sermon l’obligation de la prière commune hebdomadaire du vendredi et les bienfaits de l’observance de cette prière distinguée par rapport à toutes les autres prières. C’est dire la place importante qu’elle occupe dans la liturgie islamique. Ainsi, disait-il : « La prière du vendredi, que le Saint Coran nous enjoint de pratiquer en communauté (verset 9 de la sourate Al-Jumu’a), selon un hadith authentique, est obligatoire en communauté à tous les musulmans. Ne sont exceptées que quatre catégories d’individus : l’esclave parce qu’il ne jouit pas de sa liberté ; le malade souffrant d’une incapacité physique ou mentale ; le mineur ; et…

A Ahmed Abdouni
Par Mohamed Oudihat

Les accidents de la route de l’amour moderne

Pourquoi y a-t-il beaucoup plus de divorces aujourd’hui qu’hier ? Certes, tous les divorces et séparations ne sont pas un mal : parfois, se séparer est moins mal que de rester en couple. D’autant que l’humanité a toujours connu des divorces et des séparations. Mais lorsque ces phénomènes ne sont plus marginaux et se généralisent dans toute la société française, dans toutes les sociétés modernes et dans toutes les sociétés dans le monde, alors force est d’admettre que nous sommes face à un problème en série, à grande échelle. Lorsqu’on voit des accidents de la route se produire, tant qu’ils sont peu nombreux, tant qu’ils ne tuent que quelques cas marginaux, la société n’a pas besoin de se mobiliser. Mais lorsque ces accidents prennent de grandes proportions, ils deviennent un problème public et non plus une affaire personnelle, et nécessitent toute notre réflexion collective pour y faire face. Il en est de même pour les accidents de la route

  Mohamed Oudihat