Par Christophe Roucou

Merci, cardinal Tauran !

Nombreux sont les hommages qui ont été rendus au cardinal Jean-Louis Tauran, décédé jeudi 5 juillet aux États-Unis. Depuis Taizé où a été organisé, du 5 au 8 juillet, un weekend d’amitié entre jeunes chrétiens et jeunes musulmans, le père Christophe Roucou, ex-directeur du Service pour les relations avec l’islam (SRI, devenu SNRM) de la Conférence des évêques de France, a adressé un témoignage en mémoire du président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Il relaye des extraits de l’avant-propos du livre signé du cardinal « Je crois en l’homme » (éd. Bayard, 2016), dans lequel ce dernier raconte comment il s’est engagé en faveur du dialogue interreligieux. J’ai eu la chance de publier quelques-uns des textes du cardinal Jean-Louis Tauran en avril 2016, sous le titre Je crois en l'homme, chez Bayard (ici), expression tirée d’une de ses conférences. Avec pour sous-titre : « Les religions font partie de la solution, pas du…

C Christophe Roucou
Par Mohammed Azza

La fabrique à confiance : pourquoi la blockchain va tout révolutionner ?

Dans ce topo, faisons le tour de la Blockchain. Notre question du jour : pourquoi la Blockchain peut être l’avenir de l’homme ? Pour la première fois dans l’histoire des révolutions technologiques, l’une d’entre elles a la capacité d’agir sur l’ensemble des activités humaines. Et un tel changement était inimaginable avant le développement de la Blockchain. Pourquoi ? Petit rappel de ce qu'est la Blockchain : il s'agit d'une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle, selon Blockchain France. Par extension, une blockchain constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne.

M Mohammed Azza
Par Chiara Pellegrino

Arabie Saoudite : Mohammed Ben Salmane et l’invention de la tradition

Depuis le 24 juin 2018, les femmes saoudiennes sont enfin autorisées par décret royal à conduire elle-mêmes un véhicule. Victoire sur l’ultraconservatisme du royaume ? Pourtant, difficile de voir ce qu’entend Mohammed ben Salmane lorsqu’il parle d’un « retour » à l’islam modéré pour l’Arabie Saoudite. Car ce pays, même avant 1979, a toujours connu une forme d’islam conservateur. En octobre 2017, quelques mois à peine après avoir été nommé prince héritier de l’Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane (MBS) déclarait aux médias du monde entier qu’il voulait ramener le royaume ultraconservateur à un islam modéré. Depuis, en plus d’une occasion, MBS a évoqué l’Arabie Saoudite d’avant 1979, époque où, à ses dires, les Saoudiens vivaient une vie semblable à celle des autres pays du Golfe : les femmes conduisaient et travaillaient et on allait au cinéma. Vu que le jeune prince, né en 1985, n’a pas d’expérience directe de cette période,…

C Chiara Pellegrino
Par Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay

Islam – Jusqu’où adapter ses pratiques à la vie moderne ? (5/5)

Voici la cinquième et dernière partie du compte-rendu d’une journée d’étude et de dialogue organisée par l'Association pour la renaissance de l’islam mutazilite (ARIM) en avril sur le thème : « Repenser sa vie spirituelle avec l’islam. Quelles pratiques islamiques pour notre temps ? ». La fatigue quotidienne, un emploi du temps surchargé, des imprévus, les contraintes familiales et professionnelles sont autant d’éléments extérieurs qui nous empêchent parfois de répondre à un appel intérieur. Beaucoup de participants semblent regretter de ne pas pouvoir prier à l’heure ou de parfois devoir adapter les horaires de leur jeûne en raison de contraintes extérieures. Une trop grande adaptation aux rythmes effrénés du quotidien revient pour eux à enlever le sens de ces pratiques qui sont calquées sur les rythmes naturels du soleil et des astres. Ils ont le sentiment que la vie moderne a fait perdre ce lien avec la nature et avec Dieu que l’islam pourrait…

E Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay
Par Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay

Islam – Adapter ses pratiques aux enjeux de notre temps (4/5)

Voici la quatrième partie du compte-rendu d’une journée d’étude et de dialogue organisée par l'Association pour la renaissance de l’islam mutazilite (ARIM) en avril sur le thème : « Repenser sa vie spirituelle avec l’islam. Quelles pratiques islamiques pour notre temps ? ». Les nouveaux enjeux contemporains poussent régulièrement les participants à reconsidérer leurs pratiques par nécessité éthique. Ces dernières sont pour eux de véritables outils pour répondre aux défis de notre temps comme l’écologie, la préservation de la santé humaine, la protection du règne animal, la surconsommation, les inégalités socio-économiques mais aussi les dérives de l’instrumentalisation du religieux par le politique. Certains souhaitent dans l’absolu faire le pèlerinage à La Mecque, mais ils s’y refusent car ils ne veulent pas financer le régime saoudien wahhabite. Ils ne souhaitent pas participer à ce qui est devenu un véritable business du pèlerinage et…

E Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay
Par Lalla Chams En Nour

La psychologie des profondeurs : un patrimoine musulman

Tustârî, al-Hallâj, Junayd, al-Hakim al-Tirmidhi de Nishapur, Attâr, Sulamî, Ibn Arabi, Rûmî, Tierno Bokar.... et tant d’autres sages soufis d’Afrique, d’Andalousie, d’Iran, d’Afghanistan, d’Inde... figurent parmi les premiers grands connaisseurs de l’âme humaine, des siècles avant la découverte par Sigmund Freud de la psychanalyse. Ce patrimoine immatériel de la psychologie est malheureusement souvent ignoré des musulmans eux-mêmes. Tous ont recommandé à leurs contemporains de travailler au perfectionnement de leur nafs, leur âme, fidèles à la recommandation du Prophète lui-même, qui alla jusqu’à dire que le perfectionnement de l’âme avait plus d’importance que le respect des rituels par routine. « Qui se connaît soi-même, ou qui connaît son âme, connaît son Seigneur. » Cette injonction attribuée par Ibn Arabi au Prophète de l’islam, et que personne n’est censé ignorer en islam, hélas n’a pas empêché au fil du temps, et…

L Lalla Chams En Nour
Par Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay

De la volonté de trouver du sens à ses pratiques (3/5)

Voici la troisième partie du compte-rendu d’une journée d’étude et de dialogue organisée par l'Association pour la renaissance de l’islam mutazilite (ARIM) en avril sur le thème : « Repenser sa vie spirituelle avec l’islam. Quelles pratiques islamiques pour notre temps ? ». Aborder ses pratiques comme des devoirs religieux ? Pour les participants, cela n’engendre chez eux qu’un sentiment de culpabilité lorsqu’elles ne peuvent pas être suivies à la lettre. Il ne s’agit pas d’accomplir un rite simplement « parce qu’il le faut », sans le comprendre, ou encore pour « faire plaisir » à Dieu afin d’obtenir égoïstement sa place au Paradis. Beaucoup souhaitent sortir d’une approche quantitative et comptable du rite pour privilégier la qualité. Les pratiques doivent être libres pour que celles-ci nous apaisent et nous revitalisent intérieurement. Elles ne doivent pas susciter la crainte de Dieu, le désir de cumuler des bons points ou être incitées…

E Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay
Par Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay

Vers une nouvelle sociabilité spirituelle en islam (2/5)

Voici la deuxième partie du compte-rendu d’une journée d’étude et de dialogue organisée par l'’Association pour la renaissance de l’islam mutazilite (ARIM) en avril sur le thème : « Repenser sa vie spirituelle avec l’islam. Quelles pratiques islamiques pour notre temps ? ». De nombreux participants ont soulevé le fait qu’ils subissent régulièrement le regard culpabilisateur et moralisateur de leurs coreligionnaires sur eux dès lors qu’ils ont une approche singulière de leurs pratiques. Ainsi, certains se sentent mieux lorsqu’ils prient seuls chez eux plutôt qu’à la mosquée car ils ne subissent pas le regard d’autrui. Leur intimité est préservée quitte à ressentir une certaine solitude. Lire avant la première partie : « Singulier, mais pas seul ! » (1/5) Les pressions familiales sont ressenties comme un carcan. C’est en général l’éloignement physique de la famille ou du pays d’origine qui leur ont permis une libéralisation. Dès lors,…

E Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay
Par Audrey Aliz

Quatre raisons pour lesquelles je continue le sport pendant le Ramadan

Au-delà de représenter 30 jours de jeûne, le Ramadan est un mois où l’on se recentre sur nous-mêmes et sur notre Créateur. Je le vois complètement comme un « mois pansement », où chaque jour est l’occasion de prendre soin de son âme. Pour beaucoup, c’est un mois d’excès en termes d’alimentation : friture, repas gargantuesques, gâteaux à profusion… Si manger fait clairement partie des plaisirs de la vie, accorder de l’attention à son corps et à son bien-être mental fait, d’après moi, également partie de nos devoirs. D’autant plus lors de ce mois béni. Voici les quatre raisons principales pour lesquelles je continue le sport pendant le Ramadan, et pourquoi je vous encourage aussi à le faire.

A Audrey Aliz
Par Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay

« Singulier, mais pas seul ! » (1/5)

Voici la première partie du compte-rendu d’une journée d’étude et de dialogue organisée par l’Association pour la renaissance de l’islam mutazilite (ARIM) qui s’est déroulée le samedi 21 avril 2018 à Paris sur le thème : « Repenser sa vie spirituelle avec l’islam. Quelles pratiques islamiques pour notre temps ? ». Ceci vise à restituer les échanges entre les 150 participants répartis en groupes de discussion qui ont eu lieu pendant 1h30 sur les différents types de pratiques en islam (dévotionnelles, alimentaires et éthiques). Ce 21 avril 2018 ressemblait au rassemblement d’une grande famille dispersée qui avait besoin de se retrouver pour que ses membres se sentent moins seuls. Comme l’a soulevé Abdennour Bidar lors de sa conférence, le slogan de cette journée pourrait être le suivant : « Singulier, mais pas seul ! » Le fil directeur de cette rencontre a réellement été l’idée qu’il était possible d’être profondément musulman sans pour…

E Eva Janadin et Anne-Sophie Monsinay
Par Mohammed Moussaoui

Imams du Ramadan, imams détachés : Pour une coopération intelligente et profitable à tous

Dans le cadre d’une convention bilatérale entre le Royaume du Maroc et la France, l’Union des mosquées de France (UMF) a accueilli mardi 15 et mercredi 16 mai 142 psalmodieurs du Saint Coran, 12 conférencières et 8 conférenciers venus du Maroc. Côté marocain, le ministère des Habous et des Affaires Islamiques s'est chargé de la préparation du séjour de ces cadres religieux et de leur prise en charge. Côté français, leur venue a été passée au crible de commissions spécialisées et leurs demandes de visas ont été étudiées par les services du ministère de l’Intérieur qui a statué en dernier ressort. In fine, l’UMF assure leur accueil et leur accompagnement sur le sol français. Le débat qui a accompagné les déclarations de certains femmes et hommes politiques sur les imams étrangers, et ceux de Ramadan en particulier, a pris une tournure surprenante et inattendue. Alors même que, depuis les années 1990, aucun signalement d’un quelconque problème…

M Mohammed Moussaoui
Par Mustapha Cherif

Contre l'islamophobie, valeurs républicaines et valeurs spirituelles convergent

Il n’y a pas d’alternative au vivre-ensemble en paix et en justice. Le mois de Ramadan devrait être propice à l’éveil des consciences, à la réalisation spirituelle et au renforcement du vivre-ensemble. Le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie sont des fléaux qu’il faut dénoncer et combattre. Les discours islamophobes sont une grossière provocation. Ils attaquent l’islam du fait que l’éthique, la culture et la religion musulmanes résistent à la marche du temps, alors que d’autres succombent. Reste à faire la part des choses et à pratiquer l’autocritique. Pour ne pas prêter le flanc, il faut mettre fin aux aspects archaïques et dépassés d’une partie des constructions humaines en fiqh (jurisprudence) et des pratiques crispées. Se réformer et s’ouvrir est vital. Les dérives fondamentalistes et obscurantistes sont l’anti-islam. Comme l’exigent le Coran et le Sunna, la majorité des musulmans lit les textes et vit sa foi en fonction de…

M Mustapha Cherif
Par Gabriel Hagaï

Le don, témoignage de notre essence divine

La religion est un chemin de transformation personnelle. Lorsque quelqu’un est spirituel, il ne vit pas seulement pour lui-même mais surtout pour autrui. Ce service désintéressé à l’autre, enseigné dans nos Écritures saintes, c’est cela le don – selon son sens moral plutôt que matériel. L’exemple nous est donné par Dieu Lui-même dans son don de la Torah aux enfants d’Israël. Ce cadeau gratuit – fondation de notre vie de la naissance à la mort, et même au-delà – est appelé en hébreu mattana (don, cadeau) – qu’on retrouve dans le verbe natan (donner, offrir) – de la racine sémitique exclusivement hébraïque n-t-n. De même, Dieu accorde la vie à toutes Ses créatures, gratuitement, sans conditions aucunes, qu’elles soient méritantes ou non. Ainsi, il nous est demandé de fonder nos vertus morales sur celles de Dieu. Essentiellement sur Ses « 13 attributs de miséricorde » qu’Il a enseignés à Moïse (Exode 34:6-7) – telles que la…

G Gabriel Hagaï
Par Vincent Feroldi

Soyons tous des champions du don, avec joie et en abondance

Voilà peu, le pape François a publié un beau texte sur la joie et l’allégresse où il écrivait que Dieu n’attendait pas de nous que « nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance ». Il veut donc que notre vie soit vivante, dynamique, active et belle. Cela passe avant tout par se donner à Dieu et se donner aux autres, par faire du don l’un des essentiels de notre vie. Pour un croyant, il est de son devoir de donner de son temps à Dieu en le priant, chez lui ou à l’église, à la mosquée, au temple ou à la synagogue. Heureux est-il s’il rythme sa vie par la prière à l’image des moines dans les monastères qui récitent laudes, vêpres ou complies et du musulman qui se rend à la mosquée à l’appel du muezzin. Mais, nous dit le pape François, « la prière a de la valeur si elle alimente un don de soi quotidien par amour. Notre culte plait à Dieu quand nous y mettons la volonté de vivre avec générosité et quand nous…

V Vincent Feroldi
Par Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux (PCDI)

Ramadan – Aïd al-Fitr 2018 : passer de la compétition à la collaboration entre chrétiens et musulmans

Chers frères et sœurs musulmans, Dans sa Providence, Dieu le Tout-Puissant vous a donné à nouveau l’occasion d’observer le jeûne du Ramadan et de célébrer l'Aïd al-Fitr. Le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux sait l’importance de ce mois et les efforts déployés par les musulmans à travers le monde pour jeûner, prier et partager les dons du Tout-Puissant avec les pauvres. Conscients des dons du Ramadan, nous, chrétiens, nous vous rejoignons dans votre action de grâce au Dieu Miséricordieux pour sa bienveillance, sa générosité, et nous vous présentons, en cette occasion, nos meilleurs vœux. En la circonstance, les pensées que nous aimerions partager avec vous, chers frères et sœurs musulmans, concernent un aspect essentiel des relations entre chrétiens et musulmans : la nécessité de passer de la compétition à la collaboration. Lire aussi : Ramadan-Pentecôte : musulmans et chrétiens, prions beaucoup les uns pour les autres En effet,…

C Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux (PCDI)
Par Henry Fautrad

Ramadan-Pentecôte : musulmans et chrétiens, prions beaucoup les uns pour les autres

Parce que nous sommes croyants et quoique notre foi diffère en bien des points de doctrine, nous avons une conscience aigüe de notre rôle à jouer dans les sociétés contemporaines. Souvent, lorsque nous nous rencontrons sur le marché, dans nos maisons ou à l’occasion d’un repas solidaire, nous aimons à nous souhaiter la paix et aussi la bénédiction de Dieu. Cette forme de fraternité, de communion spirituelle, oserais-je dire, n’est pas sans conséquences à l’égard des autres communautés humaines dont beaucoup de membres sont en recherche. Notre prière et l’extension de nos échanges apportent beaucoup de fruits pour la société tout entière, car ils manifestent de la bonté et de l’amour qui sont comme un ciment social. Nous avons tous besoin de ce ciment de l’amour mutuel dans notre monde, c’est certain. La rencontre interreligieuse, sous forme de conférence, de débat ou de recherche, n’est pas un « entre-deux » ni une confusion des genres en…

H Henry Fautrad
Par Collectif de fédérations musulmanes de France

Ramadan, Palestine, islamophobie... Les fédérations musulmanes de France affichent leur unité

Au lendemain de l'annonce du Conseil français du culte musulman (CFCM) fixant jeudi 17 mai comme premier jour du mois du Ramadan, les représentants des principales fédérations musulmanes ont cosigné une déclaration la veille du mois du jeûne pour dénoncer la montée des actes islamophobes et saluer le rôle « capital » des responsables de mosquées et imams « aux comportements exemplaires pour transmettre le message d’humanité et de fraternité de l’islam ». Ils appellent également « l’ensemble des mosquées de France à multiplier ce vendredi 18 mai 2018 des prières pour les victimes palestiniennes et toutes les victimes de la haine et de la violence partout dans le monde ». Saphirnews vous livre leur déclaration dans son intégralité. En cette veille du premier jour du mois sacré du Ramadan 1439/2018, l’ensemble des fédérations musulmanes de France et les responsables du Conseil français du culte musulman (CFCM) se sont réunis ce jour à la Grande…

C Collectif de fédérations musulmanes de France
Par Samia Hathroubi

Gaza, l’Eurovision et nous

BERLIN. — C’est entourée d’amis, de connaissances et d’inconnus que j’ai regardé curieuse l’ascension et la victoire de la chanteuse et représentante israélienne lors de l’Eurovision, rendez-vous et compétition regardée par des millions d’Européens. J’avais déjà eu vent de Netta Barzilai, partie favorite selon les articles que j’avais lus sur les réseaux sociaux publiés par des journalistes israéliens. Cela n’a pas raté. Arrivée à la fin de la compétition, les commentateurs et le public ont succombé au charme de l’artiste, exploitant avec quelque succès la vague #Metoo qui s’est déversé ces derniers mois. Le public à mes côtés avait aussi l’air ravi et s’est très vite mis à clamer le nom de l’Etat hébreu. Plutôt de gauche, Allemands et venant d’autres pays d’Europe, la seule chose qui les préoccupait était de voir gagner l’artiste non conventionnelle et féministe. Entendre la chanteuse israélienne déclarer après sa…

  Samia Hathroubi
Par Ziad Medoukh

70 ans de la Nakba : l’injustice se poursuit pour les Palestiniens

C’est dans une conjoncture locale, régionale et internationale très particulière, mais avec beaucoup d’espérance et de détermination que le 70e anniversaire de la Nakba - la catastrophe - est commémoré par tous les Palestiniens, où qu’ils résident. 15 mai 1948 - 15 mai 2018 : 70 ans déjà ! 70 ans depuis le début du drame des Palestiniens ; 70 ans de souffrance, de malheurs et de massacres pour un peuple ; 70 ans depuis le début de cette injustice imposée à un peuple sur sa terre ; 70 ans de déportation d’un peuple pour le remplacer par un autre ; 70 ans d’exil forcé, d’expulsions, de confiscation des terres, de privation de droits élémentaires des Palestiniens. Mais 70 ans de résistance, de patience, de détermination, de courage, et de persévérance pour un peuple toujours debout. Un peuple toujours attaché à sa terre et à ses racines en dépit de toutes les mesures de cette occupation illégale et qui dure. Lire aussi : Israël réprime Gaza dans…

Z Ziad Medoukh
Par Gabriel Hagaï

Israël-Palestine : simplifications et exclusions meurtrières

Le Proche-Orient fait toujours parler de lui dans l’actualité. Pour le simple citoyen français, il existe toujours une certaine confusion quant à ce qui se passe véritablement là-bas, en Israël-Palestine. Qui est à l’origine de quoi ? Quel camp serait celui des méchants ? Des gentils ? Différents sons de cloche se font entendre selon les communautés qui les relaient, tous plus empreints d’émotion que d’objectivité. La situation proche-orientale est complexe – mais pas exactement de la manière dont elle est présentée ici par les médias occidentaux, acquis à telle ou telle cause, et répondant à des agendas qui leurs sont propres. Trop souvent, sous la plume des journalistes, le conflit israélo-palestinien devient l’objet de généralisations réductrices et approximatives, fruits d’un manichéisme dichotomique primaire, qui ne fait qu’ajouter de l’huile sur feu. Or, rien n’est là-bas ni tout noir ni tout blanc – mais tout est gris de plusieurs…

G Gabriel Hagaï
Par Nassurdine Haidari

Manifeste contre l'antisémitisme : l'impossible union sacrée

Ce texte se veut être une réponse aux différentes calomnies du manifeste contre l'antisémitisme publié le 22 avril. Ancien imam à Marseille et aujourd'hui conférencier à la Seyne-sur-Mer, je puis vous dire que ce manifeste a heurté les musulmans de France. Ancien élu socialiste à Marseille, je suis actuellement le délégué du CRAN PACA et je voulais, au nom de tous mes élèves et de tous les fidèles qui me l'ont demandé, vous donner à travers ce texte le ressenti d'une communauté bafouée.

N Nassurdine Haidari
Par Ahmed Abdouni

Justice, liberté, dignité : de la nécessité de dépasser le local en islam

Le Coran et la Sunna sont-ils anhistoriques ? Autrement dit, le contexte dans lequel ils se sont produits détermine-t-il leur contenu et leur sens ou n’est qu’un prétexte, une occurrence pour édicter des préceptes universels, éternels et immuables ? Telle est la question que tout musulman devrait se poser face à certains énoncés de ces textes scripturaires, qui – il faut le dire en toute honnêteté – jettent le trouble dans tout esprit épris de justice, de rationalité et d’humanisme. Pour éviter tout malentendu, précisons ce que nous en entendons. • La justice suppose l’égalité entre tous les humains, quels que soient leur sexe, la couleur de leur peau, leurs origines, leurs ethnies, bref un être humain, quel qu’il soit, est l’égal de tous les autres êtres humains. • La rationalité, c’est la préséance de la raison pour expliquer, justifier et comprendre tout fait, geste ou parole provenant de l’humain en tant qu’être intelligent ou…

A Ahmed Abdouni
Par Fernando Arlettaz

La liberté de religion en droit international : une protection limitée et variable

Le droit international des droits de l’homme protège la liberté de religion. Or, les instruments internationaux affichent des conceptions différentes de cette liberté, selon les compromis politiques et philosophiques sous-jacents à leur adoption. En outre, les différents degrés d’institutionnalisation des procédures de contrôle mènent à une grande hétérogénéité au niveau de leur efficacité réelle.

F Fernando Arlettaz