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Par Huê Trinh Nguyên

« Al Musiqa », l’expo immersive sur les musiques du monde arabe enchante nos oreilles

Jusqu’au 19 août, la Philharmonie de Paris convie petits et grands à découvrir les musiques arabes, dont la richesse est bien peu connue sous nos contrées. Des déserts de la période préislamique aux places des villes arabes sous les contre-coups de la révolution, chants, sons, rythmes et musiques se font entendre sous leurs formes multiples. Les œuvres d'artistes contemporains et les installations interactives viennent en dialogue et donnent, elles aussi, le tempo dans une scénographie colorée qui en appelle à tous les sens. C’est casque sur les oreilles grandes ouvertes et sens en éveil que l’on se balade dans l’exposition « Al Musiqa », à la Philharmonie de Paris, jusqu’au 19 août. « Un voyage immersif dans l’histoire du monde arabe, où l’on fait se confronter les points de vue d’artistes avec le patrimoine musical, depuis l’époque préislamique jusqu’à aujourd’hui », explique Véronique Rieffel, commissaire d’exposition. « C’est une…

Par Saphirnews

Géopolitique des mondes arabes, par Didier Billion

Pourquoi parler des mondes arabes ? Quel avenir pour les pays arabes ? La colonisation a-t-elle aujourd'hui encore une influence ? Quelles trajectoires depuis les indépendances ? Le monde arabe est-il bien ou mal parti ? Ces questions traversent l'histoire contemporaine et resurgissent au fil de l'actualité. Des clichés à la réalité, cet ouvrage nous parle de lieux, de faits et de chiffres pour nous aider à y voir plus clair. Spécialiste incontesté, l'auteur propose 40 fiches documentées pour cerner les enjeux et les défis de la région. L'ensemble est illustré de cartes, graphiques et tableaux. « Didier Billion décrypte avec aisance les tumultes et les crises qui secouent les mondes arabes, nous amenant ainsi à une meilleure compréhension de ses enjeux. » Pascal Boniface

Par Samba Doucouré

Adolfo Kaminsky : à la rencontre du faussaire des révolutionnaires au service de nobles causes

Pour être juste, faut-il obéir aux lois ? L’histoire d’Adolfo Kaminsky est le parfait exemple à citer dans une copie de philo pour le baccalauréat. En amont de la journée commémorative du 8-Mai 1945, Saphirnews est parti à la rencontre d'un expert faussaire qui a passé la moitié de sa vie à fournir des faux papiers au profit des résistants et révolutionnaires à travers le monde. Retour sur le parcours d’un jeune juif argentin d’origine russe, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, devenu par la suite moudjahid au service du Front de libération nationale (FLN) et de l'indépendance en Algérie. Sept ans après sa première publication en France, l'ouvrage Une vie de faussaire a été traduit et édité en sept langues (anglais, italien, espagnol, arabe, turc, hébreu, tchèque) et bientôt en chinois. L’ouvrage retrace le parcours extraordinaire d’Adolfo Kaminsky, aujourd’hui âgé de 92 ans. Issu d’une famille juive qui a fui les pogroms de Russie…

Par Huê Trinh Nguyên

« Bagdad mon amour » : l'exposition-hommage des artistes irakiens à leur patrimoine

Pour mettre à distance la noirceur de la guerre et se saisir de leur patrimoine sans nostalgie, les artistes irakiens, qui exposent dans « Bagdad mon amour », à l'Institut des cultures d'islam (jusqu'au 29 juillet), allient couleurs éclatantes, poésie et parodie. Un dialogue vivifiant avec nombre d'œuvres antiques pour beaucoup à jamais disparues. « Une exposition manifeste. » C’est ainsi que Morad Montazami, commissaire d’exposition, définit d’emblée « Bagdad mon amour », qui se tient jusqu’au 29 juillet à l’Institut des cultures d’islam (Paris 18e). À travers les œuvres exposées de 17 artistes, qui exercent désormais pour la plupart hors de leur pays d’origine, c’est un hommage qui est rendu à Bagdad. C’est « un cri du cœur par rapport à la tragédie patrimoniale et humanitaire de l’Irak », affirme Morad Montazami. « Quinze ans après les pillages du musée des Antiquités de Bagdad qui ont suivi l’invasion de l’armée américaine en…

Par Saphirnews

D'abord, ils ont effacé notre nom, de Habiburahman avec Sophie Ansel

En 1982, les Rohingyas, minorité musulmane de Birmanie, sont privés du droit à la citoyenneté. Habiburahman, alors âgé de trois ans, devient apatride dans son propre pays. Soumis au bon vouloir de la junte militaire au pouvoir, Habiburahman, comme des millions de Rohingyas, est en survie. Il raconte tout, se souvient de tout : les humiliations et les travaux forcés, l’extorsion, la ségrégation, les arrestations arbitraires, la torture… Mais Habiburahman, qui lutte pour pouvoir étudier, a soif de justice et de liberté. Il réussit finalement à fuir la Birmanie, y laissant à contrecœur une partie de sa famille. Aujourd’hui réfugié politique en Australie, il incarne la parole des Rohingyas et s’engage pour défendre leur cause. Ce livre est son récit et celui de tout un peuple en voie d’extermination.

Par Samba Doucouré

Samia Orosemane : « Quoi qu’il arrive, je ne représente que moi-même »

Classée en 2017 parmi les 50 personnalités françaises les plus influentes en 2017 par Vanity Fair, Samia Orosemane a pris du galon ces dernières années. L'humoriste, à l'origine du Festival du rire à Djerba dont la troisième édition aura lieu le 29 août prochain, revient sur son parcours tumultueux à travers son autobiographie « Femme de couleurs » sortie en mars chez First Editions. Un récit empli de larmes de rire, de joies et de peines raconté avec la légèreté et la sincérité dont elle a déjà fait preuve sur scène. La Franco-Tunisienne, qui joue son one woman show « Femme de couleurs » les vendredi, samedi et dimanche à l'Apollo Théâtre de Paris jusqu’en juillet 2018, s'est confiée à Saphirnews.

Par Huê Trinh Nguyên

Marie, Meriem, Myriam, d’Adil Jazouli

Intituler son roman par le même prénom d’une figure féminine ancrée dans les trois monothéismes n’est pas anodin. Le narrateur, Gabriel Jibril, de père libanais et de mère égyptienne, tombe amoureux de trois femmes. Marie, bretonne de racines chrétiennes, pour qui la laïcité est le seul rempart à l’envahissement de l’islam dans l’espace public ; Meriem, d’origine marocaine et musulmane non pratiquante, qui voit sa fille adolescente se voiler ; et Myriam, juive sépharade originaire de Tunisie. Le choc des attentats de 2015 va faire basculer ses relations amoureuses. À travers trois lettres qu’il leur écrit, c’est l’histoire de l’immigration, le passé colonial, le rapport au religieux qui nous sont narrés, mais aussi la fragilité et les contradictions de la société française qui nous sautent aux yeux.

Par Saphirnews

Femme de couleurs, par Samia Orosemane

Samia Orosemane n'est pas une femme comme les autres. D'origine tunisienne, musulmane, cette comédienne de 36 ans s'est affranchie des préjugés pour vivre sa passion : la scène. De son enfance à Clichy-sous-Bois à son succès sur les planches, Samia raconte dans ce livre son parcours hors du commun. Pourtant, malgré sa formation au conservatoire de Paris, Samia a failli abandonner pour toujours l'humour. Avec un turban en guise de voile, elle pensait que sa place n’était pas sous les projecteurs. Puis ce fut le déclic. Aujourd’hui, son destin l’a rattrapée. Grâce à la diffusion d’une vidéo qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux (700 000 vues) après les attentats de Charlie Hebdo, des passages répétés dans les médias et deux spectacles, Samia est bel est bien un phénomène. L'humoriste remplit les salles en France, mais aussi au Maghreb, au Canada ou en Belgique, attirant un public aussi varié que les couleurs de ses tenues. Car Samia ose tout, aborde…

Par Hanan Ben Rhouma et Huê Trinh Nguyên

Cinéma : focus sur le Liban pour la 13e édition du PCMMO

Pour la 13e année consécutive, le Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient (PCMMO), dont Saphirnews est partenaire, donne rendez-vous aux cinéphiles du 27 mars au 14 avril 2018, à Paris et en Seine-Saint-Denis. Cette nouvelle édition propose un focus donnant à voir la vitalité de la création cinématographique libanaise. La 13e édition du Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient (PCMMO), c’est parti ! Après l’Algérie en 2017, c’est au tour du Liban d’être cette année à l’honneur à travers une programmation qui s’attache à montrer la richesse de la production cinématographique dans le pays du Cèdre, à l’image de Very big shot. Ce film de gangster à l'humour décalé ouvre le bal du PCMMO à Saint-Denis, mardi 27 mars, et donne le ton pour la suite du festival.

Par Huê Trinh Nguyen

Le baiser du Ramadan, de Myriam Blal

Vouloir se marier en étant de confession différente et sans se convertir à la religion de l’autre, malgré l’interdit de la doxa musulmane et l’opposition familiale, telle est la réalité de nombre de Français-e-s d’aujourd’hui.

Par Huê Trinh Nguyen

Un féminisme musulman, et pourquoi pas ?, de Malika Hamidi

Cet ouvrage dresse un panorama du féminisme islamique dans les sociétés occidentales depuis les années 1990. Après avoir rappelé ce que pourrait être « une théologie de la libération au féminin » puisant dans les sources islamiques tout en étant interprétées de façon contextuelle, l’auteure présente cinq figures contemporaines s’inscrivant dans ce mouvement : Amina Wadud, Leila Ahmed, Riffat Hassan, Azizah al-Hibri et Ziba Mir-Hosseini. Accéder à la pensée et aux travaux de ces « activistes textuelles » qui prônent l’égalité entre les genres est la partie la plus intéressante de l’ouvrage. Celui-ci laisse cependant un goût d’inachevé : il n’est pas décrit en profondeur les derniers mouvements du « féminisme décolonisé, anticolonial et antiraciste », dont se réclament maintenant les jeunes générations.

Par Huê Trinh Nguyen

La femme est l’avenir de l’homme – Le combat d’une femme imame, de Sherin Khankan

Née au Danemark, d’un père syrien musulman et d’une mère finlandaise luthérienne, Sherin Khankan avait fait parler d’elle en ouvrant en 2016 la première mosquée pour femmes en Europe. Pire ! Elle allait s’afficher, avec d’autres coreligionnaires, comme étant les premières femmes imames de Scandinavie. Avec toutes les attributions relatives à ce statut jusque-là très masculin : prononcer des prêches, diriger la prière du vendredi, célébrer des mariages, accueillir des conversions… Son récit biographique captive car l’auteure ne manque pas de faire part de ses doutes, de ses difficultés mais, surtout, de sa réflexion théologique inscrite dans le quotidien concret d’une ministre du culte engagée dans la société. Lire aussi : Sherin Khankan : rencontre avec une femme imam qui défraie la chronique

Par Amara Bamba

Doublement piégé, un roman d’espoir à l’honneur de la famille par Dounia Bouzar

C’est l’histoire d’un ado, une famille française ordinaire, qui glisse gentiment dans les filets de Daesh. Le père est juge antiterroriste. Rien que ça ! Marocain d’origine, marié à une Française, il est corps et âme occupé à traquer les agents de Daesh et leurs proies. Un juge français, arabe, qui connait l’islam et croit sincèrement à l’idéal républicain. Entre ce père tout à son travail et sa mère aimante, Alex s’épanouit à son rythme. Un ado comme un autre qui glane ses repères comme il peut. Une famille sans problème ; petite bourgeoisie culturelle, citadine. Des parents attentionnés, ouverts au dialogue, soucieux de leur fils qu’ils savent sensible. Le roman Doublement piégé (Saltimbanque éditions, à paraître le 15 mars) commence au moment du deuil de « Gédi », le grand-père marocain d’Alex. La mort, un événement qui renvoie chacun au sens de sa propre vie. C’est le point d’orgue, la brèche anodine où l’auteur plante…

Par Samba Doucouré

Black Panther : l'Afrique peut-elle sauver le monde ?

Ryan Coogler nous avait déjà ébloui avec « Fruitvale Station» et « Creed », il récidive là avec « Black Panther », le premier super héros africain de l'univers Marvel. Le casting exceptionnel et l'attente démesurée suscitée par le film provoque de nombreux débats. Saphirnews ajoute sa contribution à la discussion. Le film Black Panther est la dernière adaptation cinématographique des studios Marvel, qui prospèrent en exploitant la riche galaxie de superhéros des BD comics du même nom. Le personnage de T'Challa, alias Black Panther, un roi issu du Wakanda, contrée imaginaire africaine, est apparu en 1966. Un an après la mort de Malcolm X, en pleine période de radicalisation du mouvement des droits civiques, Stokely Carmichael, président du Comité de coordination des étudiants non violents (SNCC), popularisait l'expression « Black Power ». L'image de la panthère noire, « un animal noir et magnifique, qui n'attaque pas mais se défend férocement », s'est…

Par Hanan Ben Rhouma

Wajib, L'invitation au mariage : retrouvailles en Palestine sous le signe du devoir filial et social

Avec Wajib, c'est une plongée dans les codes culturels palestiniens, eux-mêmes ancrés dans de vieilles traditions arabes, que le spectateur est invité à faire. Le film suit les traces, sur une journée, d’un père et de son fils faisant ensemble le tour des maisons de Nazareth pour distribuer en mains propres des invitations au mariage de la fille et sœur des protagonistes principaux. Wajib, L'invitation au mariage, désigné comme coup de cœur par le Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient (PCMMO), a enchanté le public de L’Ecran, cinéma indépendant de Saint-Denis où a eu lieu la projection de cette avant-première le 17 janvier en présence même de la Palestinienne Annemarie Jacir, réalisatrice de son premier long-métrage Le sel de la mer en 2008.

Par Huê Trinh Nguyên

Centaure : le cheval, pilier de la liberté de l’homme au Kirghizistan

On connait très peu le Kirghizistan, pays montagneux d’Asie centrale, enclavé entre la Chine à l’est, le Kazakhstan au nord, l’Ouzbékistan à l’ouest et le Tadjikistan au sud. Ancienne république soviétique qui a gagné son indépendance en 1991, le Kirghizistan est habité par un peuple à l’origine nomade et aujourd’hui essentiellement rural, même si de grandes villes ont émergé, dont la capitale Bichkek. La langue officielle est le russe, mais c’est le kirghize qui est le plus couramment parlé. La religion principale est l’islam sunnite, implanté depuis le XIIIe siècle, mais le chamanisme, venu de Sibérie dont les Kirghizes sont historiquement issus, imprègne toujours la culture. Une culture où le cheval détient une grande place, à la fois économique pour ce peuple de nomades et symbolique dans l’imaginaire collectif. « Le cheval est les ailes de l’homme », dit le dicton populaire. Et c’est à travers cet animal qu’Aktan Arym Kubat,…

Par Hanan Ben Rhouma

Antisémite, Pascal Boniface ? Non, et critiquer Israël n'est pas un délit

Pascal Boniface n’est pas antisémite. Une évidence que tout le monde n’entend pas de cette oreille. C’est pour mettre fin aux viles polémiques qui le fragilisent lui comme l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) que le géopolitologue a écrit « Antisémite », paru le 11 janvier aux éditions Max Milo. Au-delà de sa personne, il s’agit d’un plaidoyer contre l’amalgame « critique d’Israël = antisémitisme » et sonne comme un appel à élever le débat public sur les multiples questions qui agitent la société française. Pascal Boniface est-il antisémite ? A qui veut bien le suivre et l’écouter attentivement, cette accusation est aussi ridicule que fallacieuse. Il n’empêche qu’elle est encore soufflée à ce jour dans des milieux pro-israéliens, plus de seize ans après sa note interne au Parti socialiste qui a fait basculer la vie publique (mais aussi personnelle) du géopolitologue. Il ne faisait pourtant que rappeler des…

Par Hela Basma

Tous des oiseaux, une tour de Babel sur fond de conflits identitaire et proche-oriental

« Tous des oiseaux » est le premier spectacle du dramaturge libano-canadien Wajdi Mouawad depuis qu’il a pris la direction du théâtre national de la Colline en avril 2016. Après avoir programmé la pièce dans ce haut lieu culturel parisien en novembre et en décembre 2017, c’est au tour du Théâtre national populaire de Villeurbanne d’accueillir prochainement « Tous des oiseaux », joué en quatre langues, celle des personnages, à savoir l'allemand, l'anglais, l'arabe et l'hébreu, le tout surtitré en français. Une pièce percutante qui prend la forme d'un drame à la fois amoureux et familial sur fond de conflits identitaire et proche-oriental. Un jeudi soir de fin d’année, la salle de théâtre la Colline est pleine, peuplée d'un public de lycéens, d'hommes et de femmes de tous âges venus passer quatre heures (avec une pause de 20 minutes) pour assister à la dernière création de l'artiste libanais-québecois Wajdi Mouawad, auteur, metteur en scène et…

Par Saphirnews

Repenser le Coran et la tradition islamique, par Youssouf Sangaré

Cet ouvrage nous propose une introduction rigoureuse à la pensée du Pakistanais Fazlur Rahman, « l'une des figures les plus importantes de l'islam contemporain ». Il vise à combler un vide dans l'espace francophone où le nombre des études consacrées à la pensée et l'œuvre de Fazlur Rahman est réduit, alors même que, de nos jours, les publications en anglais, en turc, en arabe, en urdu ou encore en malais se multiplient à ce sujet. Cette présentation a pour but de dresser un panorama des thèmes centraux d'une œuvre prônant une réforme de l'approche du Verbe coranique. C'est ainsi que notre auteur nous livre son approche du Coran entre historicité et universalité, ainsi que celle des questions épineuses de l'apostasie ou de la polygamie. Enfin, se trouvent dressées les raisons de l'échec des mouvements réformistes. Un livre riche sur un penseur s'inscrivant dans la continuité de Muhammad Iqbal, fondateur du Pakistan.

Par Alain Gabon

Kedi, des chats, des hommes... mais aussi de la grâce, de l’universel et de l’amour

Bien plus qu'un film documentaire sur la vie de chats à Istanbul, « Kedi », de Ceyda Torun, est une œuvre fondamentalement humaniste, alliant une représentation critique de la modernité turque d’aujourd'hui avec une méditation philosophique, métaphysique et spirituelle sur la condition humaine, la liberté et l’amour. Un film pour tous les âges, de l’aube au crépuscule de sa vie, Kedi, le premier film de la jeune réalisatrice américano-turque Ceyda Torun, est tout simplement une splendeur, un véritable bijou cinématographique, que l’on aime ou pas les chats ou les animaux en général et que l'on s'intéresse ou pas à la Turquie. Tout d'abord, Ceyda Torun a su éviter tous les problèmes du genre documentaire animalier : voix off intrusive et lourdement explicative, slow-motion appuyés, anthropomorphisme excessif, musique hyperbolique, mièvre et sentimentaliste, etc. Ici, rien de tout cela, et on l’en remercie. Présenté comme un film sur les célèbres «…

Par La Rédaction

Islam, à la reconquête du sens, de Réda Benkirane

Comment les musulmans d'aujourd'hui pourraient-ils donner du sens à leur foi ? Peut-on envisager une pensée islamique véritablement innovante, en prise avec son temps, et sauver une culture religieuse de ses propres démons ainsi que des manipulations et profanations dont elle fait continuellement l'objet (politisation, militarisation, marchandisation) ? Reda Benkirane propose une voie prometteuse car inexplorée jusque-là : repenser la religion à la lumière des sciences de la complexité - ces sciences qui, justement, échappent à tout réductionnisme. Et cette renaissance passe par un bouleversement des rapports au pouvoir et au savoir, pour permettre une émancipation intellectuelle et spirituelle, via la production d'idées neuves. A une époque où l'accès au savoir s'universalise, l'islam a tout à gagner à croiser son Grand Récit, avec celui tissé par les sciences du vivant, de la matière et du calcul. Libéré de son formalisme et de sa normativité, l'islam se…

Par Saphirnews

La paix soit avec toi, Salam Alaykum, de Christian Defebvre et Othmane Iquioussen

Aux inquiétudes exprimées un peu partout (et notamment dans le Nord) : « La France va devenir musulmane ! Il y a trop de plus en plus de femmes voilées ! », un théologien musulman et un historien catholique partagent leurs points de vues sur la culture de la paix dans chacune de leur religion... L'un diplômé de l'Université d'Al Azhar appartient à la nouvelle et jeune génération d'imams en fonction en France. Formé à l'école de la République, il exprime son désir du vivre ensemble dans le respect des valeurs nationales. L'autre, agrégé d'histoire-géographie, spécialiste de l'histoire comparée des religions observe les évolutions récentes du catholicisme et de l'islam européen en faveur de la paix et de l'acceptation de la vérité de l'autre. Dans ce livre fort, basé sur leurs expériences, ils affirment que les religions peuvent proposer une éducation à la paix.

Par Saphirnews

L'Ame poétique persane, par Daryush Shayegan

« Pourquoi le Persan estime-t-il à tel point ses grands poètes, lesquels ont acquis chez nous une vénération quasi religieuse ? Quelle est la nature de ce rapport intime qui lie le Persan à ses poètes dont les messages investissent tout son être et pénètrent profondément la substance de son âme ? » C'est à partir de cette interrogation que Daryush Shayegan, l'un des plus importants penseurs iraniens vivants, nous introduit aux cinq grands poètes persans, dont on pourrait presque dire qu'ils ont acquis un statut mythique : Ferdowsî, qui par son Shahnâmeh ou Le livre des rois, refonda l'identité persane en ressuscitant la mémoire de l'Iran antique ; Omar Khayyâm qui, libre des croyances religieuses, chercha à saisir l'instant éternel ; Mowlânâ Rûmî, l'un des plus grands mystiques de tous les temps ; Sa'dî l'humaniste et Le maître de la parole, qui forgea la langue persane et son idée de civilité ; et enfin Hâfez, cette « langue de l'invisible » qui brisa…