Commentaires

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Robert Duchesne
le 31/03/2019 à 17:25
J’adhère totalement au texte ci-joint publié par AQNAL. Robert Duchesne ***** Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité 27 mars 2019 À l'attention de la Première Ministre de la Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern Madame La Première Ministre, C'est avec beaucoup de tristesse que nous avons suivi le drame qui a frappé votre pays à la suite de l’assassinat de cinquante Néozélandais musulmans dans les deux mosquées de Christchurch. Un crime odieux qui a horrifié le monde entier. Cette situation dramatique que vous vivez avec vos concitoyens nécessitera du temps et du courage pour se remettre du deuil. Mais aucune tragédie ne peut justifier que l’on ignore les valeurs universelles d’égalité et de liberté. En tant que citoyennes et citoyens du Canada de foi et/ou de culture musulmanes, il nous apparait crucial de vous informer des retombées désastreuses de la parodie pseudo religieuse à laquelle vous vous êtes livrée avec les femmes de votre pays, sans aucun doute par ignorance et en signe de solidarité, en portant sur la tête un voile islamiste et non pas musulman. Ce voile est un symbole d'infériorisation de la femme. Sous sa forme la plus avilissante, il sert d'étendard à des groupes islamistes tels qu’ISIS, Boko Haram ou Chebab qui kidnappent, violent, assassinent et emprisonnent sans aucun scrupule les femmes des pays où ils sévissent. En agissant ainsi, les Néozélandaises font preuve d’inconscience envers une extrême droite religieuse qui instrumentalise les femmes pour faire avancer un agenda politique totalitaire. Qu’en est-il de la solidarité envers les femmes musulmanes qui se battent pour se libérer de l’oppression du voile ? Comment, dans un pays aussi égalitaire que la Nouvelle-Zélande, peut-on choisir d’exprimer sa compassion en revêtant un symbole de minorisation de la femme et de ségrégation sexuelle ? Le plus avilissant est que cette initiative émane des femmes, qui le portent à titre symbolique pour quelques heures mais qui, par leur geste, contribuent à légitimer des pratiques misogynes dont sont victimes des femmes qui le portent toute leur vie. Rappelons quelques faits. Le voile islamique n’est pas une prescription coranique. Il a été imposé en Iran après la révolution islamique de 1979, et propagé dans les pays arabes vers la fin des années 1980 avec la montée en puissance de l’organisation des Frères musulmans d’Égypte, du Wahhabosalafisme saoudien, et grâce aux pétrodollars de la monarchie saoudienne et des pays du Golfe. Ce voile est associé à la mouvance de l’islam politique, et représente son moyen de prosélytisme et de marquage du territoire le plus efficace. Nul besoin d’évoquer les exactions commises par les différentes factions islamistes à travers le monde, pour imposer leur vision d’un islam sclérosé et revanchard. Les Algériennes et Algériens qui ont vécu les atrocités d’une guerre menée par les islamistes contre les civils, et qui ont vu des femmes assassinées parce qu’elles refusaient de se voiler, manifestent en ce moment même dans les rues d’Algérie pour un changement démocratique de la gouvernance de leur pays mais également pour l'égalité, l'émancipation des femmes et l'abrogation du code de la famille inspiré de la charia. Comment expliquer qu’au même moment, et à l’heure où en Iran l’avocate Nasrin Sotoudeh est condamnée à 38 ans de prison et 148 coups pour sa défense de femmes refusant de se voiler, des Néozélandaises participent à normaliser le voile islamique comme symbole de l'islam ? Madame La Première Ministre, nous faisons appel à votre sens de la responsabilité pour faire cesser cette banalisation du voilement des femmes et des petites filles. Comme le dit notre compatriote Tarek Fatah, compatir avec les musulmans tombés sous les balles à Christchurch est un devoir absolu, qu’ils soient hommes ou femmes, voilées ou non voilées. Consentir à se transformer en publicité vivante pour ce symbole de l’islam politique relève d’une inconscience face à l’agenda des islamistes. C’est en misant sur des valeurs universelles de liberté et d’égalité, au-delà de nos particularismes religieux et de nos convictions philosophiques, que l’on pourra tisser une solidarité entre les humains. Association québécoise des Nord-africains pour la laïcité (AQNAL) Mohand Abdelli, ingénieur retraité Nora Abdelli, ingénieure chimiste Radhia Ben Amor, militante associative Djemila Benhabib, politologue et écrivaine Leila Bensalem, enseignante Nawal Bouchareb, technicienne en organisation scolaire à la CSDM Fares Chargui, docteur en medecine, resident en Psychiatrie Ferid Chikhi, conseiller en emploi Yasmina Chouakri, Consultante Nadia El Mabrouk, professeure à l’Université de Montréal Hassiba Idir, gestionnaire Nacer Irid, ingénieur Hassan Jamali, professeur retraité Ali Kaidi, militant pour la laïcité Karim Lassel, analyste organisationnel Leila Lesbet, technicienne en éducation spécialisée Nacera Zergane, conseillère financière https://www.facebook.com/AQNAL/posts/1067565526787617?__tn__=K-R
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François Carmignola
le 30/03/2019 à 19:25
Il n'y a pas qu'en anglais que l'on peut faire usage brièvement de la langue pour signifier des choses nouvelles. On trouve donc ici les expressions "tolérance active", "bienveillance", et bien sur le "voile islamique", "identifié par beaucoup comme un instrument d’oppression des femmes.".
SaphirNews.com

Pourquoi le prix Nobel de la paix doit revenir à Jacinda Ardern

Par Adel Taamalli, le 29/03/2019

A intervalles plus ou moins réguliers, les choix d’attributions effectués par le Comité en charge du prix Nobel de la paix s’avère, sur le long terme, malheureux. Ainsi de celui porté en 1994 sur Yasser Arafat, Yitzhak Rabin et Shimon Peres. Ces derniers, bien qu’acteurs principaux du processus d’Oslo, n’ont jamais assisté de leur vivant au règlement d’un conflit israélo-palestinien qui, encore aujourd’hui et plus que jamais, est enfermé dans une violente impasse.

Pour autant, recevoir le prix confère à la plupart de ses bénéficiaires un prestige incommensurable, qui se traduit par l’adoubement universel de leur œuvre pacificatrice. La contrition unanime qui a gagné le monde en 2013 lors de la mort de Nelson Mandela, qui a reçu la distinction vingt ans plus tôt, nous l’a encore démontré. Cette aura planétaire pourrait très bien habiter Jacinda Ardern, la Première ministre de Nouvelle-Zélande qui a impressionné par son attitude bienveillante suite aux attentats de Christchurch. La presse nous apprend, en effet, qu’une pétition mise en ligne demande qu’elle obtienne le Prix Nobel de la Paix.

Voici les raisons pour lesquelles un maximum de gens, ici en France comme ailleurs dans le monde, devrait se précipiter sur le site Change.org qui abrite cette pétition, pour soutenir cette démarche.

Lire aussi : Les cinq raisons qui ont rendu Jacinda Ardern (et la Nouvelle-Zélande) populaire après les attentats de Christchurch

« They are us »

Choquée comme tout le monde par les massacres perpétrés dans deux mosquées de la ville de Christchurch, la Première ministre de Nouvelle-Zélande s’était vite ressaisie, en prenant conscience du rôle qu’elle devait jouer pour l’unité de son pays.

Lors d’un discours mémorable au cours duquel elle condamna cet assassinat de masse avec la plus forte des résolutions, elle martela dans une voix pleine de conviction, en parlant des musulmans du pays, « They are us ». Dans un phrasé simple et direct, caractéristique de l’anglais, elle affichait sans ambiguïté l’idée multiculturelle sous-jacente aux nations à construire du XXIe siècle, formées de plus en plus par des composantes provenant d’horizons divers.

Qui a un cœur acceptant le monde tel qu’il est ne pouvait que chavirer devant la résonance de ces mots. Attribuer à Jacinda Ardern le prix Nobel permettrait à ce sujet-verbe-attribut facilement déchiffrable et compréhensible de rejoindre les cimes de l’universel. « They are us », termes qui sanctifient « l’autre » comme étant « le même », deviendrait l’égal du « I have a dream » de Martin Luther King, prix Nobel de la paix en 1964.

Un symbole de tolérance active

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jacinda Ardern est l’exemple typique de la femme moderne et émancipée, conciliant vie familiale et professionnelle. Elle devint ainsi, en 2018, la deuxième femme au monde à accoucher de son bébé pendant l’exercice de son mandat. Bébé qu’elle amena avec elle à l’Assemblée générale des Nations unies, une première pour cette organisation.

Et pourtant ! Face à l’horreur, elle n’hésita pas une seule seconde. Faisant montre d’une tolérance active, qui ne se traduit pas simplement en des mots mais en des gestes d’une portée considérable, elle alla présenter ses condoléances à la communauté musulmane en arborant un voile islamique, identifié par beaucoup comme un instrument d’oppression des femmes.

Par cette attitude, elle donna l’exemple de ce que la fraternité entre les êtres humains veut dire, lorsque les uns acceptent les autres tels qu’ils sont. Elle fut d’ailleurs suivie par de nombreuses Néo-zélandaises qui, pour marquer leur respect vis-à-vis de leurs compatriotes musulmans, lancèrent un mouvement sur les réseaux sociaux en postant des photos les représentant avec un voile sur la tête. Cette image de tolérance active gagnerait une aura sans pareille si elle était renforcée par l’attribution, à celle qui l’a initiée, du prix Nobel.

Nous vivons un rétrécissement inédit du monde, qui, sans que l’on ne puisse rien y faire sauf à causer des guerres, se transforme en un village global. Nous sommes par conséquent les témoins d’un brassage des cultures sans précédent. A l’heure où beaucoup prédisent un choc des civilisations, l’action tolérante de Jacinda Ardern vaut exemple. Nous devons donc tous soutenir l’idée qu’elle mérite de recevoir le prochain prix Nobel pour la Paix.

Lire aussi le dossier de Saphirnews autour des attentats de Christchurch

Et aussi :
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