Une planète en souffrance, notre responsabilité collective engagée

Une planète en souffrance, notre responsabilité collective engagée

Par Mohammed Colin, le 02/01/2023

La protection de l'environnement est l’enjeu majeur de l’humanité. Nous avons officiellement dépassé le seuil symbolique des 8 milliards d’humains depuis le 15 novembre dernier. Et notre démographie avance vers les 10 milliards à une vitesse jamais égalée. Ces chiffres ont été évoqués lors de la COP 27 réunissant les principaux dirigeants des États au chevet de notre monde tourmenté à Charm El-Cheikh, au bord de la mer Rouge, en Égypte. Il a été rappelé qu’il faudrait au moins cinq planètes comme la Terre si les habitants des pays du Sud adoptaient le même rythme de consommation de ceux du Nord.

Pourtant, le bilan fut bien décevant, et les ambitions bien limitées. Une seule avancée majeure est néanmoins à noter, la création prochaine d’un fonds d'indemnisation visant à dédommager les pays pauvres qui polluent peu mais subissent de plein fouet les effets du changement climatique. Pour le Fonds mondial pour la nature (WWF), « l’accord sur les pertes et les dommages est une étape positive, mais il risque de devenir un " fonds pour la fin du monde " si les pays n’agissent pas plus rapidement pour réduire les émissions et limiter le réchauffement à moins de 1,5°C ».

Notons tout de même « l’accord historique » visant à protéger un tiers de la biodiversité mondiale, tant dans les espaces terrestres que maritimes, conclu le 19 décembre lors de la conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP 15) organisée à Montréal, au Canada. Un « pacte de paix avec la nature » nécessaire face à une sixième extinction de masse en marche à laquelle alertait déjà en 2019 la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services des écosystèmes (IPBES).

Selon les spécialistes, il est impossible de modifier la trajectoire démographique. De toute façon, le malthusianisme n’a jamais été une solution opérante. Pour nous en sortir, nous devons obligatoirement modifier nos modes de vie. Les pays dits du « Nord » qui, imputés d’une dette écologique après plus de deux siècles d'une pollution massive et inconsidérée, doivent donner l’exemple. Mais les pays du Sud dont le droit au développement ne peut être remis en question doivent être aidés au nom de la dette écologique pour suivre des modèles vertueux. Il n’y a pas le choix. La Coupe du monde de football organisée au Qatar a d'ailleurs rouvert de vives polémiques sur son bilan écologique.

Nous sommes tous embarqués dans le même vaisseau qui navigue dans les eaux agitées de la nouvelle ère dite de l’anthropocène. L’humain a réussi à modifier en quelques siècles seulement les conditions climatiques que fait la géologie durant plusieurs millions d’années. La tournure est inquiétante. Toute rupture d’étanchéité du vaisseau qui abrite la seule planète habitable de l’univers connue à ce jour serait fatale pour l’humanité. Les sujets de discorde amenant aux guerres nous font courir un danger sans précédent. Nous devons tout au contraire être puissamment et consciemment solidaires pour sauver la vie si singulière telle que nous la savourons encore aujourd’hui.

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