C'est un acte contre nature de jeûner. Se priver de manger et de boire quand Dieu nous a donné les moyens d'avoir du pain et de l'eau, cela n'a rien de logique. D'un point de vue objectif, le jeûne du Ramadan prive le jeûneur de ses besoins naturels. Du point de vue philosophique, le Coran instaure cet exercice dans le but d'acquérir la « crainte de Dieu ». Ce pari islamique mérite explications.
En effet, l'islam décrit l'humain comme une entité hybride ; un être composé d'une entité matérielle (le corps) et d'une entité spirituelle (âme ou esprit). Ce corps est de nature génétique ; il ne suffit pas à définir l'humain. L'âme est de nature transcendante qui dépasse la réalité humaine. L'être humain islamique est donc un phénomène éphémère qui commence à l'incarnation et s'arrête à la mort. Et la mort de l'humain n'est pas la mort de l'âme. L'âme est multidimensionnelle ; elle ne meurt pas ! L'on sait aussi qu'à la mort de l'humain, l'entité génétique s'en retourne à la terre. Si le jeûne du Ramadan ne concerne que l'humain, il implique cependant l'entité génétique autant que l'entité spirituelle.
En effet, l'islam décrit l'humain comme une entité hybride ; un être composé d'une entité matérielle (le corps) et d'une entité spirituelle (âme ou esprit). Ce corps est de nature génétique ; il ne suffit pas à définir l'humain. L'âme est de nature transcendante qui dépasse la réalité humaine. L'être humain islamique est donc un phénomène éphémère qui commence à l'incarnation et s'arrête à la mort. Et la mort de l'humain n'est pas la mort de l'âme. L'âme est multidimensionnelle ; elle ne meurt pas ! L'on sait aussi qu'à la mort de l'humain, l'entité génétique s'en retourne à la terre. Si le jeûne du Ramadan ne concerne que l'humain, il implique cependant l'entité génétique autant que l'entité spirituelle.
« Ames mortes » vs « âmes vivantes »
En évoluant dans le temps et dans l'espace, l'entité humaine commence par découvrir son monde sur terre, la dounia. Il se sert d'un outil que l'on nomme « ego ». Cet ego est personnel, il est individuel et chacun construit le sien dans ses interactions avec le monde (extérieur). Il bâtit une base de données sous la houlette d'un Compagnon mystique, un petit djinn nommé Qarin. Chacun traverse la dounia avec son Qarin. Même les prophètes de Dieu ont chacun leur Qarin. « J'ai soumis le mien » à Dieu, dit le Prophète de l'islam. Ainsi, lutter contre son Qarin c'est lutter contre son ego ; un combat perdu d'avance. Mieux vaut connaître le sien, le dompter, l'apprivoiser afin de l'utiliser. Un autre sujet...
L'être humain se forme dans un état dit « minéral » correspondant au stade fœtal. À sa naissance, le bébé humain commence le stade « animal » où le corps sert d'atelier à l'âme. L'on assied d'abord ses cinq sens : le toucher pour percevoir, le goût pour les saveurs, l'odorat pour les senteurs, l'ouïe pour les sons et la vue pour les formes et les couleurs ainsi que les mouvements. Ce stade dure six à sept années environ pour finir au stade dit « conscient » ou âge de la raison. Des choses bien connues !
Au cours de ce processus, certaines âmes vont s'identifier au corps. Ce sont des humains soucieux de leur sécurité, préoccupés par la satisfaction de leurs désirs, de leurs plaisirs individuels, etc. Ils sont les « cœurs morts », dit le Prophète. Nous les nommons « âmes mortes » par opposition aux « âmes vivantes » qui suivent le processus sans s'identifier ni à leur ego, ni à leur entité génétique. De manière synthétique, les âmes mortes ont tendance à suivre leur bien-être personnel tandis que les âmes vivantes penchent vers l'éthique ; vers ce qui fait le plus grand bien au plus grand nombre.
L'être humain se forme dans un état dit « minéral » correspondant au stade fœtal. À sa naissance, le bébé humain commence le stade « animal » où le corps sert d'atelier à l'âme. L'on assied d'abord ses cinq sens : le toucher pour percevoir, le goût pour les saveurs, l'odorat pour les senteurs, l'ouïe pour les sons et la vue pour les formes et les couleurs ainsi que les mouvements. Ce stade dure six à sept années environ pour finir au stade dit « conscient » ou âge de la raison. Des choses bien connues !
Au cours de ce processus, certaines âmes vont s'identifier au corps. Ce sont des humains soucieux de leur sécurité, préoccupés par la satisfaction de leurs désirs, de leurs plaisirs individuels, etc. Ils sont les « cœurs morts », dit le Prophète. Nous les nommons « âmes mortes » par opposition aux « âmes vivantes » qui suivent le processus sans s'identifier ni à leur ego, ni à leur entité génétique. De manière synthétique, les âmes mortes ont tendance à suivre leur bien-être personnel tandis que les âmes vivantes penchent vers l'éthique ; vers ce qui fait le plus grand bien au plus grand nombre.
Inviter l'humain à un éveil de conscience
De ce fait, les âmes mortes sont endormies dans la dounia tandis que les âmes vivantes ont une crainte naturelle de Dieu, une intuition naturelle de lakhira, la vie dernière. Ces âmes vivantes sont de « ceux qui croient à l'invisible et accomplissent la salat et dépensent (dans l'obéissance à Allah) de ce que Nous leur avons attribué », dit le Coran (Sourate.2, verset 3). Elles sont de « ceux qui croient à ce qui t'a été révélé et à ce qui a été révélé avant toi et qui croient fermement à la vie future » (S.2, v.4).
Quant aux âmes mortes, le Coran est peu tendre envers eux. Ils sont de « ceux qui ne croient pas, il leur est égal que tu les avertisses ou que tu ne les avertisses pas : ils ne croiront jamais. » (S.2, V.6) Leur état de sommeil dans la dounia est comme si « Allah a scellé leurs cœurs et leurs oreilles ; et un voile épais leur couvre la vue... » (S.2, V.7). La métaphore est explicite pour choquer l'esprit et inviter l'humain à un éveil de conscience. Le secouer pour qu'il médite sur son rapport à la dounia, un lieu de vie éphémère. Comme le dit Jean-Paul Sartre, existentialiste par excellence, « la vie n'a de sens que par la conscience de la mort ». Une idée que le Coran ne cesse d'enseigner.
Âmes mortes et âmes vivantes constituent une infime minorité dans la Tradition. Pour le Professeur Muhammad Hamidullah, l'immense majorité de l'humanité se trouve entre ces deux états de l'âme ; ni des âmes vivantes, ni des âmes mortes. La majorité d'entre nous sont donc des « âmes malades ». Prof. Hamidullah : « Soyons généreux, 70 à 80 % des hommes ont besoin de guidance (lois de Dieu, ndlr). C'est pourquoi Dieu désigne des prophètes parmi nous pour nous enseigner Ses lois. » Pour soigner l'âme de son « mal naturel », l'humain doit obéir à la loi divine, dit Hamidullah.
Quant aux âmes mortes, le Coran est peu tendre envers eux. Ils sont de « ceux qui ne croient pas, il leur est égal que tu les avertisses ou que tu ne les avertisses pas : ils ne croiront jamais. » (S.2, V.6) Leur état de sommeil dans la dounia est comme si « Allah a scellé leurs cœurs et leurs oreilles ; et un voile épais leur couvre la vue... » (S.2, V.7). La métaphore est explicite pour choquer l'esprit et inviter l'humain à un éveil de conscience. Le secouer pour qu'il médite sur son rapport à la dounia, un lieu de vie éphémère. Comme le dit Jean-Paul Sartre, existentialiste par excellence, « la vie n'a de sens que par la conscience de la mort ». Une idée que le Coran ne cesse d'enseigner.
Âmes mortes et âmes vivantes constituent une infime minorité dans la Tradition. Pour le Professeur Muhammad Hamidullah, l'immense majorité de l'humanité se trouve entre ces deux états de l'âme ; ni des âmes vivantes, ni des âmes mortes. La majorité d'entre nous sont donc des « âmes malades ». Prof. Hamidullah : « Soyons généreux, 70 à 80 % des hommes ont besoin de guidance (lois de Dieu, ndlr). C'est pourquoi Dieu désigne des prophètes parmi nous pour nous enseigner Ses lois. » Pour soigner l'âme de son « mal naturel », l'humain doit obéir à la loi divine, dit Hamidullah.
Le mois du Ramadan offre une occasion de s'intéresser à soi
Le mois du Ramadan intervient ici dans la pensée traditionnelle de l'islam. Ce mois de jeûne devient un moment de training intensif où l'humain doit méditer sur la dounia, son environnement, dans le but de porter l'attention sur son intériorité, la dimension spirituelle de son être. La nature de ses cinq sens a tendance à focaliser l'humain sur son monde extérieur au détriment de son monde intérieur. L'école et la famille enseignent la dounia à l'enfant en oubliant de l'orienter vers lui-même pour se connaître. Il devient un adulte ordinaire, prêt à faire le tour du monde sans penser à faire le tour de lui-même.
Le mois du Ramadan offre une occasion de s'intéresser à soi. Car, privée de son eau et de son pain, l'entité génétique s'affaiblit. Son emprise s'étiole sur l'être humain, créant des conditions favorables à un éveil de conscience, à son entité spirituelle, son âme. Le principe est mécanique et sans effort. Une réalité qui existe bien avant le Prophète de l'islam car, comme dit le Coran, « le jeûne vous est prescrit comme il l'a été à ceux qui vous ont précédés » (S.2, V.183).
Le mois du Ramadan offre une occasion de s'intéresser à soi. Car, privée de son eau et de son pain, l'entité génétique s'affaiblit. Son emprise s'étiole sur l'être humain, créant des conditions favorables à un éveil de conscience, à son entité spirituelle, son âme. Le principe est mécanique et sans effort. Une réalité qui existe bien avant le Prophète de l'islam car, comme dit le Coran, « le jeûne vous est prescrit comme il l'a été à ceux qui vous ont précédés » (S.2, V.183).
C’est dans cette quête spirituelle que se trouve l'âme du mois de Ramadan
Dans l'alternance des saisons, il y a une occasion de « jeûne » pour tous les règnes végétal, animal et minéral, explique Muhammad Hamidullah dans son livret Pourquoi jeûner. Dans le judaïsme comme le christianisme, le jeûne est aussi pratiqué selon de usages propres à chaque religion. Il l'est aussi par les Amérindiens et les Hindous. C'est ainsi que le premier jeûne en islam fut initié par le Prophète, sans révélation coranique, mais dans un esprit de compétition avec les juifs de Médine. Ce fut le jeûne d’Achoura quand le Prophète arrive à Médine et qu'il découvre cette tradition. Autrement, ce mois de Ramadan était déjà un mois de piété pour les Arabes de La Mecque. Il sera institué par le Coran, donc de manière dogmatique, en l'an 2 de l'hégire.
L'abstinence de nourriture est un moyen qu'il faut savoir distinguer du but du Ramadan. Son objectif est spirituel, le retrait en soi, à la rencontre du soi-intime, son être intérieur pour renouer avec lui, ou pour le consolider.
La Tradition enseigne que « les démons sont neutralisés » pendant le Ramadan. La voie est donc libérée pour rencontrer son être intérieur, son âme, l'entité spirituelle qui fait de la vie humaine, une expérience multidimensionnelle où la quête de transcendance trouve tout son sens. Si le Ramadan possède une âme, c'est là, dans cette quête spirituelle, que se trouve vraiment l'âme du mois de Ramadan ! Que Dieu accepte notre jeûne. Bon mois de Ramadan à toutes et à tous.
Lire aussi :
Lettre aux artisans de Ramadan !
La raison première de la pratique du jeûne du Ramadan expliquée
18 conseils pour bénéficier au mieux du mois de Ramadan
Ramadan : « Ne serais-je pas un serviteur reconnaissant ? »
Et aussi :
Ramadan 2025 : quelles dates pour le début et la fin du mois de jeûne en France et dans le monde ?
L'abstinence de nourriture est un moyen qu'il faut savoir distinguer du but du Ramadan. Son objectif est spirituel, le retrait en soi, à la rencontre du soi-intime, son être intérieur pour renouer avec lui, ou pour le consolider.
La Tradition enseigne que « les démons sont neutralisés » pendant le Ramadan. La voie est donc libérée pour rencontrer son être intérieur, son âme, l'entité spirituelle qui fait de la vie humaine, une expérience multidimensionnelle où la quête de transcendance trouve tout son sens. Si le Ramadan possède une âme, c'est là, dans cette quête spirituelle, que se trouve vraiment l'âme du mois de Ramadan ! Que Dieu accepte notre jeûne. Bon mois de Ramadan à toutes et à tous.
Lire aussi :
Lettre aux artisans de Ramadan !
La raison première de la pratique du jeûne du Ramadan expliquée
18 conseils pour bénéficier au mieux du mois de Ramadan
Ramadan : « Ne serais-je pas un serviteur reconnaissant ? »
Et aussi :
Ramadan 2025 : quelles dates pour le début et la fin du mois de jeûne en France et dans le monde ?