Alors que le Ramadan et le Carême font régulièrement l'objet de confusions, une mise au point sur ces deux importantes pratiques s'impose.
Comme en 2024, le mois du Ramadan coïncide en 2025 en partie avec le Carême. Cette période de 40 jours précédant la fête de Pâques s’ouvre du mercredi 5 mars au jeudi 17 avril pour les catholiques (voir encadré), bien au-delà du mois du jeûne qui devrait prendre fin samedi 30 mars en France. Le Ramadan et le Carême font régulièrement l’objet de confusions, au point d’entendre dire que le Carême serait « le Ramadan des musulmans ». Qu’en est-il vraiment ?
Des points communs existent. Pour les chrétiens comme pour les musulmans, le Carême et le Ramadan sont des temps forts d’introspection, de méditation et de partage lors desquels les fidèles, par la pratique du jeûne, de la prière et de la charité, sont appelés à revenir vers Dieu, à demander pardon et à raffermir leur relation avec le Créateur. Des différences notables sont tout de même à noter.
Des points communs existent. Pour les chrétiens comme pour les musulmans, le Carême et le Ramadan sont des temps forts d’introspection, de méditation et de partage lors desquels les fidèles, par la pratique du jeûne, de la prière et de la charité, sont appelés à revenir vers Dieu, à demander pardon et à raffermir leur relation avec le Créateur. Des différences notables sont tout de même à noter.
Déjà, comment les dates sont-elles déterminées ?
Le Carême dure 40 jours, rappelant les 40 jours de prière et de jeûne passés par Jésus dans le désert avant sa mort sur la croix. Ses dates sont plutôt fixes : elles sont déterminées par rapport à la fête de Pâques dont la date elle-même peut varier du 26 mars au 23 avril, en fonction du retour du printemps (voir encadré). A noter, la saison du Carême s'étend en réalité sur 46 jours mais les six dimanches ne sont pas pris en compte, chaque dimanche étant considéré par l'Eglise comme « la Pâque de la semaine ».
Le mois du Ramadan dure, quant à lui, 29 ou 30 jours. Ses dates, régies par le calendrier lunaire, ne sont pas fixes, ce qui implique qu’ils ne sont jamais les mêmes dans le calendrier grégorien, de type solaire. C’est un mois du calendrier islamique associé au jeûne obligatoire, constitutif du quatrième pilier de l’islam.
Le mois du Ramadan dure, quant à lui, 29 ou 30 jours. Ses dates, régies par le calendrier lunaire, ne sont pas fixes, ce qui implique qu’ils ne sont jamais les mêmes dans le calendrier grégorien, de type solaire. C’est un mois du calendrier islamique associé au jeûne obligatoire, constitutif du quatrième pilier de l’islam.
La démarche du Carême et le Ramadan expliquée
Surtout, les finalités des célébrations chrétienne et musulmane ne sont pas les mêmes. Le Carême, qui débute au lendemain de Mardi gras, est un temps de pénitence qui passe par la reconnaissance de ses péchés passés. Il est aussi un temps de renouveau intérieur et de préparation à la fête de Pâques. Il compte plusieurs moments forts, à commencer par le premier jour du Carême, aussi appelé le Mercredi des Cendres. Il est marqué par l’imposition des cendres sur le front des fidèles, en signe de la fragilité de l’Homme mais aussi de l’espérance en la miséricorde de Dieu.
La mi-carême est une fête interrompant les jours de privations. La fin du Carême est marquée par l’entrée dans la Semaine Sainte (ou Grande Semaine chez les orthodoxes). Elle débute le Dimanche des Rameaux, qui célèbre l'entrée de Jésus à Jérusalem, et prend fin avec la Vigile (ou veillée) pascale. Vient entre-temps le Jeudi Saint, qui rappelle le dernier repas du Christ, la Cène, et le Vendredi Saint, qui commémore la Passion et la mort du Christ par crucifixion. Le tout donc avant la fête de Pâques, qui célèbre la résurrection du Christ, symbole de la renaissance pour les chrétiens.
Quant au mois du Ramadan, il est un temps pour commémorer la descente du Coran comme guide aux Hommes et le début de la révélation du Livre sacré au Prophète Muhammad. Cette période, chargée en bénédictions dans la tradition musulmane, prend fin avec la fête de l’Aïd al-Fitr. En tant que pilier de l’islam, le jeûne est l’occasion pour les musulmans de devenir de meilleures versions d’eux-mêmes en améliorant son comportement et en maîtrisant ses passions. Ils sont ainsi incités à multiplier les prières, les invocations et les actes de bienfaisance, le tout en pensant à poursuivre ces efforts le reste de l’année.
Lire aussi : Nuit du Destin - Laylat al-Qadr : quand le Coran vient à nous
La mi-carême est une fête interrompant les jours de privations. La fin du Carême est marquée par l’entrée dans la Semaine Sainte (ou Grande Semaine chez les orthodoxes). Elle débute le Dimanche des Rameaux, qui célèbre l'entrée de Jésus à Jérusalem, et prend fin avec la Vigile (ou veillée) pascale. Vient entre-temps le Jeudi Saint, qui rappelle le dernier repas du Christ, la Cène, et le Vendredi Saint, qui commémore la Passion et la mort du Christ par crucifixion. Le tout donc avant la fête de Pâques, qui célèbre la résurrection du Christ, symbole de la renaissance pour les chrétiens.
Quant au mois du Ramadan, il est un temps pour commémorer la descente du Coran comme guide aux Hommes et le début de la révélation du Livre sacré au Prophète Muhammad. Cette période, chargée en bénédictions dans la tradition musulmane, prend fin avec la fête de l’Aïd al-Fitr. En tant que pilier de l’islam, le jeûne est l’occasion pour les musulmans de devenir de meilleures versions d’eux-mêmes en améliorant son comportement et en maîtrisant ses passions. Ils sont ainsi incités à multiplier les prières, les invocations et les actes de bienfaisance, le tout en pensant à poursuivre ces efforts le reste de l’année.
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L’observance du jeûne, un acte à portée spirituelle mais aux formes diverses
Entre le Ramadan et le Carême, la pratique du jeûne diffère. Le jeûne du Ramadan implique pour les musulmans – du moins ceux et celles qui sont en capacité de le faire – de s’abstenir de manger et de boire tous les jours du mois, de l’aube au coucher du soleil. Ils doivent aussi ne pas fumer ou encore ne pas avoir de relations sexuelles durant ce temps de jeûne.
Lire aussi : Quels sont les actes qui annulent ou non le jeûne du Ramadan ?
Pendant le Carême, le jeûne est un acte de pénitence qui n’est obligatoire, pour les catholiques, que le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. Réservé aux personnes âgées de 14 à 60 ans, exception faite aux malades et aux femmes enceintes, il se résume à manger un unique repas par jour. Les fidèles ne doivent pas non plus consommer de viande ces deux jours ainsi que tous les vendredis du Carême. Plus globalement, ils se doivent de renoncer à des habitudes potentiellement nuisibles – d’ordre alimentaire ou non – pour être dans un esprit de purification et de réflexion spirituelle.
Quelles que soient les différences, le Ramadan et le Carême offrent par-dessus tout des occasions de communion fraternelle entre musulmans et chrétiens en France et ailleurs. « Voilà deux années que musulmans et chrétiens vont cheminer ensemble pendant cette période de recueillement, trouvant là une occasion de renforcer des liens déjà tissés mais toujours à fortifier souvent à réparer, à raccommoder… et peut-être, plus que jamais, en ce moment de bouleversement et de chaos que nous traversons », a relevé le Groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC) dans un message diffusé samedi 1er mars. Car, beaucoup plus que de simples prescriptions religieuses pour son cofondateur Mustapha Chérif, « c’est une forme de communion pour le vivre ensemble ».
Pour aller plus loin : Carême, Ramadan : même démarche ? Une religieuse et un imam en débattent
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Quelles que soient les différences, le Ramadan et le Carême offrent par-dessus tout des occasions de communion fraternelle entre musulmans et chrétiens en France et ailleurs. « Voilà deux années que musulmans et chrétiens vont cheminer ensemble pendant cette période de recueillement, trouvant là une occasion de renforcer des liens déjà tissés mais toujours à fortifier souvent à réparer, à raccommoder… et peut-être, plus que jamais, en ce moment de bouleversement et de chaos que nous traversons », a relevé le Groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC) dans un message diffusé samedi 1er mars. Car, beaucoup plus que de simples prescriptions religieuses pour son cofondateur Mustapha Chérif, « c’est une forme de communion pour le vivre ensemble ».
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Entre catholiques, protestants et orthodoxes, des différences notables
Selon que les chrétiens soient catholiques, protestants ou orthodoxes, le Carême est vécu différemment. Le présent article fait état de la pratique par les catholiques du Carême car celui-ci ne fait pas partie de la tradition protestante. La fête de Pâques, fixée à une date proche de la Pâque juive (Pessah) qui commémore l’exode des Hébreux hors d'Égypte avec Moïse, n’en reste pas moins une fête majeure pour les protestants.
En revanche, le Carême est une pratique bien ancrée chez les orthodoxes, avec un jeûne bien plus strict que les catholiques. Les dates diffèrent entre les deux traditions. Ces derniers célèbrent cette année le Carême du lundi 3 mars au samedi 19 avril 2025. Cette différence fait suite à une décision du pape Grégoire XIII qui décréta en 1582 de rattraper le retard avec le calendrier julien en supprimant dix jours du calendrier, qui devint alors grégorien, en vigueur aujourd’hui.
Cette réforme ne fut pas adoptée par les chrétiens orientaux ; les Eglises orthodoxes fixent encore aujourd’hui les fêtes liturgiques selon le calendrier julien, ce qui explique la variation de dates pour le Carême, Noël et bien d’autres célébrations. Fait exceptionnel cette année : en raison d’une concordance des calendriers grégorien et julien, catholiques et orthodoxes vont fêter Pâques ensemble dimanche 20 avril 2025.
Selon que les chrétiens soient catholiques, protestants ou orthodoxes, le Carême est vécu différemment. Le présent article fait état de la pratique par les catholiques du Carême car celui-ci ne fait pas partie de la tradition protestante. La fête de Pâques, fixée à une date proche de la Pâque juive (Pessah) qui commémore l’exode des Hébreux hors d'Égypte avec Moïse, n’en reste pas moins une fête majeure pour les protestants.
En revanche, le Carême est une pratique bien ancrée chez les orthodoxes, avec un jeûne bien plus strict que les catholiques. Les dates diffèrent entre les deux traditions. Ces derniers célèbrent cette année le Carême du lundi 3 mars au samedi 19 avril 2025. Cette différence fait suite à une décision du pape Grégoire XIII qui décréta en 1582 de rattraper le retard avec le calendrier julien en supprimant dix jours du calendrier, qui devint alors grégorien, en vigueur aujourd’hui.
Cette réforme ne fut pas adoptée par les chrétiens orientaux ; les Eglises orthodoxes fixent encore aujourd’hui les fêtes liturgiques selon le calendrier julien, ce qui explique la variation de dates pour le Carême, Noël et bien d’autres célébrations. Fait exceptionnel cette année : en raison d’une concordance des calendriers grégorien et julien, catholiques et orthodoxes vont fêter Pâques ensemble dimanche 20 avril 2025.