Terrorisme, violences policières, international... Les inquiétudes de Human Rights Watch envers la France

Terrorisme, violences policières, international... Les inquiétudes de Human Rights Watch envers la France

Rédigé le 13/01/2021
Saphirnews

Human Rights Watch (HRW) a publié, mercredi 13 janvier, son dernier bilan annuel sur les droits humains dans le monde. L’occasion pour l’ONG de faire un état des lieux sur le respect de ces droits fondamentaux en France. HRW a alerté sur les dérives du gouvernement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020.

« Nous avons été profondément préoccupés par la manière dont le gouvernement français a répondu à la menace terroriste. Oui, il y a des actes de violence, mais le gouvernement semble assimiler l’islam en général à la menace terroriste, et c’est une énorme erreur », a déclaré à l'AFP le directeur général de l’organisation, Kenneth Roth.

« La France, en dépit de sa tradition de laïcité, doit trouver un moyen de respecter le droit des gens à croire et à manifester leur croyance, tant qu’il n’y a pas de violence. Si le gouvernement diabolise un croyant quelconque et assimile la croyance à la violence, cela va éloigner les gens de l’Etat et pousser la religion vers la clandestinité, ce qui est finalement très dangereux », a-t-il indiqué.

Des inquiétudes formulées face aux discriminations

Les violences policières en France ont aussi alerté l’ONG. De fait, elle mentionne dans son rapport « des contrôles d’identité discriminatoires effectués par la police » qui se sont poursuivis, « y compris lors de l’application des mesures de confinement liées au Covid-19 ». Human Rights Watch « a documenté le fait que la police ciblait les jeunes issus des minorités, y compris des enfants dès l’âge de 12 ans, pour des contrôles d’identité qui impliquent souvent une palpation corporelle intrusive et humiliante ainsi que la fouille des effets personnels. »

Plus globalement, les discriminations sont en hausse, selon les chiffres de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) relayés par HRW. Les actes racistes ont connu une augmentation de près de 57 % par rapport à 2018, les actes antisémites de 27 %, les actes antimusulmans de 54 % et « les autres actes racistes » de 131 %.

Un appel à défendre les droits humains au-delà de ses frontières

Sur le plan international, l’ONG a aussi appelé la France à agir au-delà de ses frontières pour défendre avec plus de fermeté les droits humains. S'agissant des Ouïghours, « la France est lentement sortie de son silence face aux graves violations des droits humains perpétrées par les autorités chinoises, mais elle n’a pas pris de mesures concrètes », lit-on dans le rapport.

Bien que la France « a proclamé le multilatéralisme, les droits humains et le droit international humanitaire comme priorités essentielles de sa diplomatie », son bilan est « mitigé » aux yeux de HRW. La France « a continué de vendre des armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis malgré le risque qu’elles soient utilisées contre des civils au Yémen » et a « poursuivi son soutien militaire et stratégique inconditionnel au gouvernement du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, malgré le bilan désastreux de ce dernier en matière de droits humains ».

HRW souligne néanmoins que la France a pris la défense de la Cour pénale internationale (CPI) face aux attaques sans précédent de l’administration américaine contre l’instance. Elle a aussi joué « un rôle actif au Conseil de sécurité de l’ONU pour tenter de garantir un accès à l’aide humanitaire en Syrie », et a soutenu « les efforts déployés au sein de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques pour enquêter sur les attaques chimiques commises par les forces gouvernementales syriennes ».

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