Belgique : les lieux de culte bruxellois ont encore deux ans pour instaurer la mixité

Belgique : les lieux de culte bruxellois ont encore deux ans pour instaurer la mixité

Rédigé le 13/01/2023
Lionel Lemonier

En décembre 2021, le Parlement de la Région bruxelloise avait voté une réforme de la gestion de cultes. Cette nouvelle loi obligeait, entre autres, les lieux de culte reconnus à avoir des organes de gestion plus mixte. Il s’agissait d’établir au minimum un rapport d’un tiers – deux tiers entre représentants des deux sexes. Par ailleurs, les églises, mosquées et synagogues devaient également mettre de nouveaux outils comptables en place pour assurer plus de transparence financière et organiser des élections internes plus ouvertes. Des contreparties imposées pour bénéficier des avantages pécuniaires liés à une reconnaissance officielles.

Mais la région de Bruxelles a finalement repoussé l’obligation de mixité de deux ans - jusqu'au 1er janvier 2025 - à la demande des cultes, révèle la RTBF. Aucun blocage, assure cependant Philippe Markiewicz, le président de la communauté israélite de Bruxelles au média belge.

« Il est normal que les femmes participent à la gestion de la communauté israélite de Bruxelles. Les décisions prises par le gouvernement bruxellois sont bonnes, elles permettent d’équilibrer les sexes », déclare-t-il. Néanmoins, « nous passons de communautés où il n’y avait que des hommes dans le conseil d’administration. C’est difficile pour ces communautés de passer à un tiers de femmes dans un délai aussi court. »

Au sein du culte catholique, les organes de gestions des quelque 97 églises reconnues sur le territoire des 19 communes de la région de Bruxelles comptent déjà au minimum un quart de femmes. Pour Thierry Claessens, en charge du temporel du culte au sein du Vicariat de Bruxelles, l’évolution est en marche. « Avant 2019, nous recensions 26 % de femmes dans les conseils de fabrique d’église (appelées aujourd’hui établissements, ndlr). 17 % occupaient la présidence, 46 % le secrétariat et 16 % la trésorerie. Nous avons même un établissement de culte où il n’y a que des femmes à la gestion. »

La mesure concerne tous les cultes reconnus en Belgique dont l’islam puisqu’une vingtaine de mosquées sont reconnues à Bruxelles. L'Exécutif des musulmans de Belgique ne s'est pas exprimé sur ce sujet. Elle traverse, depuis des mois, une période trouble, plus encore depuis l'annonce de l'Etat de retirer sa reconnaissance à l'instance en septembre 2022.

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