La cérémonie des Oscars, qui s’est tenue dimanche 2 mars à Los Angeles, a vu le sacre du film No Other Land dans la catégorie du meilleur documentaire. Devant le gratin du cinéma mondial, le co-réalisateur Basel Adra a pris le temps de dénoncer l’occupation et l’oppression israéliennes dans les Territoires occupés palestiniens.
« Je suis père depuis deux mois et j’espère que ma fille ne vivra pas la même vie que moi. Une vie dans la peur de la violence des colons, de la démolition des maisons, et des déplacements forcés que ma communauté Masafer Yata affronte tous les jours », a-t-il déclaré aux côtés de ses collaborateurs Yuval Abraham, Hamdan Ballal et Rachel Szor (vidéo plus bas). Le journaliste palestinien a ensuite appelé la communauté internationale à se mobiliser pour « prendre des mesures sérieuses pour mettre fin à l’injustice et au nettoyage ethnique du peuple palestinien ».
Le journaliste israélien Yval Abraham a aussi pris la parole après celui qu’il décrit comme un « frère » : « Quand je regarde Basel, je vois mon frère mais nous sommes inégaux. Je vis dans un régime où je suis libre, lui sous un régime de guerre qui détruit sa vie. Il existe une autre voie, une solution politique sans suprématie ethnique, avec des droits nationaux pour nos deux peuples. » « Et je dois dire, puisque je suis ici, que la politique étrangère de ce pays contribue à bloquer cette autre voie. Pourquoi ne voyez-vous pas que nos destins sont liés ? Mon peuple pourra être libre et en sécurité si celui de Basel l’est aussi. Il n'est pas trop tard. »
No Other Land, porté par un collectif d'activistes israéliens et palestiniens pour la paix, fait état du quotidien de Basel Adra et de celui des Palestiniens peu à peu chassés de leurs villages en Cisjordanie par les forces d'occupation israélienne. Avant les Oscars 2025, le film à petit budget avait été sacré meilleur documentaire à la Berlinale. Il n'a néanmoins pas trouvé de distributeur aux Etats-Unis à ce jour.
« Je suis père depuis deux mois et j’espère que ma fille ne vivra pas la même vie que moi. Une vie dans la peur de la violence des colons, de la démolition des maisons, et des déplacements forcés que ma communauté Masafer Yata affronte tous les jours », a-t-il déclaré aux côtés de ses collaborateurs Yuval Abraham, Hamdan Ballal et Rachel Szor (vidéo plus bas). Le journaliste palestinien a ensuite appelé la communauté internationale à se mobiliser pour « prendre des mesures sérieuses pour mettre fin à l’injustice et au nettoyage ethnique du peuple palestinien ».
Le journaliste israélien Yval Abraham a aussi pris la parole après celui qu’il décrit comme un « frère » : « Quand je regarde Basel, je vois mon frère mais nous sommes inégaux. Je vis dans un régime où je suis libre, lui sous un régime de guerre qui détruit sa vie. Il existe une autre voie, une solution politique sans suprématie ethnique, avec des droits nationaux pour nos deux peuples. » « Et je dois dire, puisque je suis ici, que la politique étrangère de ce pays contribue à bloquer cette autre voie. Pourquoi ne voyez-vous pas que nos destins sont liés ? Mon peuple pourra être libre et en sécurité si celui de Basel l’est aussi. Il n'est pas trop tard. »
No Other Land, porté par un collectif d'activistes israéliens et palestiniens pour la paix, fait état du quotidien de Basel Adra et de celui des Palestiniens peu à peu chassés de leurs villages en Cisjordanie par les forces d'occupation israélienne. Avant les Oscars 2025, le film à petit budget avait été sacré meilleur documentaire à la Berlinale. Il n'a néanmoins pas trouvé de distributeur aux Etats-Unis à ce jour.
Incredible moment when Israel's occupation, Israel's apartheid, and Israel's destruction of Gaza are called out at the Oscars!
— Omar Baddar عمر بدّار (@OmarBaddar) March 3, 2025
Thank you @basel_adra & @yuval_abraham for your powerful voices.#Oscars #Oscars2025 pic.twitter.com/gEuAOd59nx
Ces prises de parole ont été applaudies par la salle. Comme le fut le discours de Jonathan Glazer, lauréat du César du meilleur film étranger vendredi 28 février. Le le réalisateur britannique a été récompensé pour son film La zone d’intérêt, qui raconte le quotidien d’un officier SS zélé et de sa famille, dans une maison confortable situé tout près du camp d’Auschwitz. « Aujourd’hui, la Shoah et la sécurité juive sont utilisées pour justifier les massacres et les nettoyages ethniques à Gaza », a déclaré le cinéaste de confession juive, par la voix de son porte-parole, le producteur du film David Grumbach. « Notre film montre comment la déshumanisation mène au pire. »
Cette prise de parole au nom de Jonathan Glazer, à la cérémonie des Césars, me remplit d'espoir. Le sens de la justice et le courage ne connaissent ni frontières, ni nationalité, ni religion. Ils viennent du cœur. J'irai voir "La zone d'intérêt" dès que possible. pic.twitter.com/cFFY6WpdPV
— Ambassadeur Abdal Karim Ewaida (@KarimEwaida) February 28, 2025
De tels discours engagés sont bienvenus pour alerter sur le sort des Palestiniens, alors que les violences en Cisjordanie se font encore extrêmement fortes ces dernières semaines et que la bande de Gaza est dans une situation incertaine. Israël a décidé de bloquer jusqu’à nouvel ordre l’entrée de l’aide humanitaire dans l’enclave palestinienne, enfreignant l’accord de cessez-le-feu qui avait été conclu avec le Hamas. Sa décision a suscité une vague de réprobation dont celle de l'ONU, qui a appelé Israël à la reprise immédiate de l'aide humanitaire.
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